OmnesViae permet de recalculer, ville par ville, les temps de trajet du réseau routier romain à partir des distances mentionnées dans les documents antiques. Le site fonctionne sur ordinateur comme sur navigateur mobile.

Retracer les voies antiques

OmnesViae s'appuie d'abord sur la Tabula Peutingeriana, une carte médiévale qui représente le réseau du cursus publicus romain, raconte Euronews. Pour combler les zones manquantes de cette carte, en particulier sa partie occidentale perdue, le site croise l'Itinéraire antonin, les travaux de l'historien Richard Talbert et les données géographiques du projet Pleiades. À partir de ces sources, OmnesViae calcule des itinéraires et des durées de trajet en reprenant les distances indiquées dans les textes anciens.

Le développeur principal, René Voorburg, ingénieur néerlandais, a entièrement réécrit le projet initial, actif de 2011 à 2024. La nouvelle version intègre une assistance par IA pour les traductions et les illustrations du site. Le code et la base de données sont publiés en accès libre sur Codeberg, ce qui permet à des passionnés d'histoire et à des développeurs de consulter le projet et d'y contribuer.

Omnesviae
Capture écran Omnesviae

Comment ça marche

L'utilisateur choisit un point de départ et une destination. Le système calcule l'itinéraire le plus rapide selon les distances antiques et l'affiche sous forme de tracé jaune sur une carte actuelle. Le trajet est découpé en étapes intermédiaires, qui suivent souvent le cours d'un fleuve ou passent par des localités encore existantes, parfois sous un autre nom.

Sur un trajet Madrid-Milan, par exemple, Madrid s'appelait alors Miaccum et Milan, Mediolanvm. La première étape est Conplutum, aujourd'hui Alcalá de Henares, suivie d'Avgvsta Tavrinorvm (Turin) puis de Placentia (Piacenza). L'itinéraire antique représente 43 jours de marche pour environ 2 220 km. À pied aujourd'hui, le même trajet prendrait 14 jours, soit 340 heures de marche, et 16 heures en voiture.

Un projet qui continue d'évoluer

René Voorburg met régulièrement à jour l'outil et y ajoute de nouvelles fonctions basées sur l'IA. D'autres recherches viennent compléter ce travail, en étudiant par exemple l'effet des saisons sur le coût et la durée des trajets antiques, ou en précisant le tracé de certaines voies encore mal documentées.