La marque espagnole Desigual a dévoilé sa nouvelle campagne publicitaire, baptisée « Born to disobey » (« Née pour désobéir »), avec pour égérie Vivian Wilson, mannequin américaine et fille reniée d'Elon Musk. Les images, mises en ligne sur les réseaux sociaux de la marque, la montrent aux côtés d'un robot humanoïde qui ressemble en tout point au Tesla Optimus, l'engin commercialisé par l'entreprise du père de la mannequin.

Dans un premier clip, le robot, baptisé DESI84, passe la tondeuse dans un jardin pendant que Vivian Wilson actionne un tuyau d'arrosage sur lui. La machine s'effondre et disjoncte. Dans un second extrait, elle le promène en laisse, s'en sert pour jouer au golf, le traîne au sol et manipule ses câbles, tandis qu'elle scande le nom de la marque sur fond de musique minimaliste. « Il a été conçu pour obéir. Pas moi », lance-t-elle dans le spot.

La référence au père de la mannequin, dont l'entreprise fabrique ce type de robot, ne fait guère de doute. Vivian Wilson a précisé qu'aucun véritable robot n'avait été maltraité : les vidéos relèvent d'une mise en scène.

Vivian Wilson, née en 2004, est âgée de 22 ans. Née homme sous le prénom Xavier, elle a entamé sa transition de genre en 2020, à 16 ans, avec l'accord initial de ses deux parents. Son père l'a ensuite reniée.

Elle a abandonné le patronyme Musk pour prendre le nom de sa mère, l'autrice Justine Wilson, et s'est installée à Tokyo, où elle vit en colocation avec un budget de 1 200 dollars par mois, sans percevoir de pension paternelle.

Repérée lors de la fashion-week de New York en septembre 2025, elle a ensuite été choisie par Rihanna pour sa collection de lingerie Savage X Fenty, en janvier puis en août 2026, selon Vanity Fair.

Un père qui la dit infectée

Le conflit entre la mannequin et Elon Musk est ancien et public. Dans une interview accordée au youtubeur Dave Lee en 2024, l'homme d'affaires a affirmé avoir été « piégé pour lui faire signer des documents » autorisant notamment la prescription de bloqueurs de puberté, et a accusé le lycée où était scolarisée sa fille de l'avoir infectée par le virus du wokisme.

Il y déclare : « Mon fils Xavier est mort, tué par le virus woke, alors j'ai juré de détruire ce virus woke après cela ».

Vivian Wilson a contesté cette version dans un entretien accordé à NBC : « Il n'a en aucun cas été piégé. Il connaissait tous les effets secondaires », a-t-elle assuré, décrivant son père comme « absent », froid, insensible et narcissique. Sur Threads, le réseau social de Meta lancé après le rachat de Twitter par Elon Musk, elle avait déjà réagi avec cette formule : « Je vais plutôt bien pour une salope morte ».

Au-delà du règlement de comptes familial, Desigual présente sa campagne comme un plaidoyer contre l'usage excessif de l'intelligence artificielle, portée notamment par Elon Musk. Vivian Wilson met en garde contre la délégation de l'esprit critique aux machines, exhortant à arrêter d'utiliser l'IA pour tout sous peine de finir par se lobotomiser, et estimant que déléguer tout son esprit critique à l'IA est le moyen le plus sûr de perdre son individualité et son point de vue.

La marque, elle, dit vouloir défendre l'intuition, la créativité et l'humanité, et présente sa nouvelle égérie comme la voix d'« une nouvelle génération qui ne cherche pas à rentrer dans des cases, mais à s'exprimer à partir de sa propre identité ».

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