Après 18 mois d'incertitude, Micromania change enfin de mains. Aucun licenciement, aucune boutique fermée : mais que prépare vraiment ce mystérieux entrepreneur franco-québécois pour l'avenir de l'enseigne culte ?
Plus d'un an après l'annonce de sa mise en vente, Micromania a officiellement retrouvé un propriétaire. Un communiqué publié jeudi 16 juillet, relayé par BFMTV, confirme que l'enseigne française de jeux vidéo passe entre les mains d'un groupe d'investisseurs franco-québécois emmené par l'entrepreneur Stephan Tétrault.
La reprise se fait sans aucun licenciement, comme promis lors de la mise en vente, et rien ne change pour les clients : précommandes, offres en cours et programme de fidélité restent d'actualité.
Le groupe repreneur compte aussi Jean-François Chenail, Sandra Callahan et Stephen Callahan, mais c'est Tétrault qui porte le projet. GameStop, propriétaire américain de Micromania, cherchait un acquéreur depuis février 2025. Le processus aura duré un an et demi.
Un rachat qui boucle 18 ans après celui de GameStop
L'histoire de Micromania remonte à 1983, année de sa fondation par Albert Loridan. L'enseigne reste d'abord indépendante, avant d'être reprise au début des années 2000 par L Capital, fonds d'investissement soutenu par LVMH, qui accompagne son expansion en France. En 2008, GameStop rachète Micromania pour environ 700 millions de dollars afin de s'implanter sur le marché français. Dix-huit ans plus tard, le groupe américain cède l'enseigne au consortium franco-canadien.
Entre-temps, GameStop a fermé ses boutiques allemandes et cherché à réduire ses investissements en Europe, le marché physique du jeu vidéo s'étant effondré face à la progression du numérique. Sony a d'ailleurs annoncé l'arrêt de sa production de jeux au format disque à partir de janvier 2028.
Micromania n'est pourtant pas en faillite : la société reste solvable, même si des magasins ont fermé ces dernières années. L'enseigne demeure leader du marché physique du jeu vidéo en France, quasiment seule sur ce secteur, avec plus de 300 magasins toujours implantés en France métropolitaine.
Le média Frandroid avait déjà révélé en avril que Micromania avait trouvé un acquéreur conservant l'ensemble des boutiques et des employés en France. Ces informations, confirmées par l'annonce du 16 juillet, avaient été recueillies auprès d'un ancien employé de Micromania-Zing et corroborées par des vendeurs ainsi que par des enquêtes en ligne, notamment celles de GyoFR.
Le rachat aurait été acté depuis plusieurs mois, mais aurait pris du temps avant d'être communiqué aux équipes et officialisé publiquement.
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Tétrault, déjà repreneur de GameStop Canada
Stephan Tétrault n'est pas un inconnu dans le secteur. Il avait déjà repris l'intégralité des magasins GameStop au Canada, son pays d'origine, pour les renommer EB Games Canada, leur nom d'origine. Il présente ce rachat comme un moyen de redonner de la souveraineté à un pays en conflit avec Donald Trump et l'administration américaine.
Via ses différentes entreprises, il détient d'importants droits de licences lui permettant de concevoir des produits dérivés, et il est co-détenteur de McFarlane Toys. Sa collaboration avec Micromania a démarré à l'occasion du concept « Zing », dédié aux produits dérivés (figurines, cartes à collectionner, posters, t-shirts).
En juin, il s'était félicité sur LinkedIn des activités déjà développées avec EB Games Canada, Import Dragonss, McFarlane Toys et Micromania.
Dans le communiqué du 16 juillet, Tétrault promet de ne pas bouleverser l'identité de l'enseigne : « Notre objectif n'est pas de changer son identité, mais bel et bien de conserver la marque Micromania et lui redonner toute sa force en revenant à ce qui a toujours fait son succès : des passionnés au service des passionnés. »
Il ajoute vouloir « faire de Micromania la plus belle communauté gaming et pop culture en France », tout en reconnaissant que « ce projet demandera du travail et du temps ». Le communiqué évoque une conviction simple : la France demeurerait « l'un des marchés les plus dynamiques et les plus passionnants d'Europe pour le gaming, les cartes à collectionner, les produits dérivés et la pop culture ».
Micromania insiste, dans ce même texte, sur l'attachement des repreneurs à la relation entre le Québec et la France, pour une enseigne qui « fait partie du paysage culturel et commercial français depuis plus de 40 ans ». Micromania-Zing reste par ailleurs en partie entre les mains d'un actionnariat français.