Mark Zuckerberg propose un double numérique pour ses 79 000 employés, promettant une communication instantanée.
Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta, lance une initiative qui pourrait bien redéfinir la façon dont la direction communique en interne. Le patron californien propose de guider ses 79 000 employés via un clone numérique, un double virtuel alimenté par l'intelligence artificielle. Derrière le projet, l'ambition est claire : faire basculer Meta dans une ère "cyberpunk", où le dirigeant devient omniprésent, presque comme un "patron qui ne dort jamais".
Un double numérique à portée de clic
Le projet part du principe que n'importe quel employé, quel que soit son rang, pourrait s'adresser directement à ce double numérique. La technologie capte ses expressions faciales, le ton de sa voix et ses tics de langage, puis combine tout ça avec l'ensemble de ses déclarations publiques et des notes internes pour créer une réplique virtuelle photoréaliste du PDG. Dans cette logique, pourquoi passer par trois intermédiaires quand on peut poser une question directement au double virtuel ?
Cette proposition s'inscrit dans la stratégie d'automatisation globale de Meta, qui vise à rendre l'organisation plus légère, plus rapide et plus rentable. L'intégration de l'IA à tous les niveaux doit permettre de réduire les coûts et d'accélérer les décisions. Comme le cite JV Tech : "nous valorisons les contributeurs individuels et nous aplatissons les équipes", ce qui illustre le changement de paradigme managérial envisagé.
Des technologies pointues et des questions éthiques
À la base de cette transformation, on trouve des modèles de langage toujours plus sophistiqués et de la génération 3D photoréaliste. Ces avancées permettent à Zuckerberg d'utiliser un "agent CEO", un outil personnel qui synthétise rapidement les informations de l'entreprise pour lui. Un autre développement interne, Muse Spark, peut planifier des vacances ou analyser les calories d'un repas d'un simple coup d'œil, montrant l'étendue des capacités actuelles de l'IA.
Si ces applications promettent de rapprocher employés et dirigeants, elles soulèvent aussi des questions éthiques et juridiques importantes. Meta est déjà critiquée pour des problèmes comme l'addiction des jeunes à Instagram et navigue dans des eaux juridiques troubles.
Une vision du futur qui divise
Les projets de double numérique de Zuckerberg renvoient à des références culturelles souvent qualifiées de dystopiques, comme la série "Black Mirror". Les critiques soulignent la difficulté à distinguer une présence numérique vraie d'une manipulation perceptive. On s'inquiète aussi du risque d'avatars à connotation sexuelle accessibles au grand public. Ces préoccupations mettent en évidence la pression que ce projet exerce sur les ressources informatiques de Meta, déjà fortement sollicitées.
Le Financial Times rapporte que, malgré ces défis, Meta continue d'investir fortement, avec un budget estimé entre 106 et 124 milliards d'euros d'ici 2026. Pour certains, c'est une vision troublante du management moderne ; pour d'autres, c'est une piste pour transformer la coopération en entreprise. L'idée va même jusqu'à permettre à chaque créateur de contenu ou influenceur de posséder son propre double numérique.