La NASA s'apprête à allumer des feux sur la Lune pour garantir la sécurité des futures missions spatiales. Une initiative audacieuse qui pourrait révolutionner notre compréhension des incendies en microgravité.
La NASA prévoit de déclencher des incendies contrôlés sur la Lune. Cette expérience fait partie de la mission Flammability of Materials on the Moon (FM2), intégrée au programme Artemis. Selon BFMTV, l'objectif est de comprendre comment les flammes se comportent en microgravité, une donnée jugée essentielle pour la sécurité des missions spatiales à venir, en particulier celles vers Mars. Selon la NASA, ces tests permettraient d'identifier les matériaux à risque avant l'installation des premières bases habitées, et donc d'éviter des accidents.
Pourquoi mettre le feu sur la Lune
Avant de se lancer dans des expéditions de longue durée, la NASA doit composer avec le risque du feu. Selon l'agence, « le feu peut constituer un danger catastrophique pour le vol spatial et l'exploration humaine extrême ». La mission FM2 vise à déterminer précisément l'inflammabilité et la sécurité des matériaux utilisés dans les futures missions. Sans essais menés en conditions lunaires, des matériaux considérés comme non inflammables sur Terre pourraient s'enflammer sur la Lune.
Les risques d'incendie en milieu spatial sont bien réels. L'incendie survenu en février 1997 à bord de la station spatiale russe Mir en est un exemple marquant. Reinhold Ewald, astronaute européen présent lors de l'incident, se souvient du module devenu « un tunnel de fumée opaque et toxique ». Ces épisodes rappellent qu'il est urgent de comprendre comment le feu se propage dans l'espace. Autant pour protéger les équipages, que pour envisager une installation humaine durable au-delà de la Terre.
Comment ça va se passer techniquement
Pour ces expériences, la NASA utilisera une chambre de combustion autonome en métal cylindrique, contenant quatre échantillons de matériaux. Ce dispositif sera transporté sur la Lune lors d'une mission commerciale. Des caméras et un capteur d'oxygène enregistreront la propagation du feu et le comportement des flammes en microgravité.
Sur Terre, la gravité attire l'air frais et dense vers le bas, ce qui permet aux flammes de se développer verticalement, un processus appelé convection gravitationnelle. Sur la Lune, où la gravité est environ six fois moins forte, cette convection n'a pas lieu. Les flammes prennent alors une forme plutôt sphérique, comme cela avait déjà été observé sur la Station spatiale internationale en 2019. Ces données serviront à valider ou à ajuster les normes de construction des futures bases lunaires et martiennes, notamment pour choisir des matériaux qui restent sûrs en milieu spatial.
Comprendre ces phénomènes a des conséquences directes sur la sécurité et la conception des engins spatiaux. Cela peut aussi aider à améliorer les systèmes de chauffage et de ventilation, pour des conditions de vie plus sûres pour les astronautes.
Et après ?
La NASA prévoit que les résultats de ces expériences serviront directement aux expéditions vers Mars envisagées dans le cadre du programme Artemis. Le trajet est estimé entre 6 et 9 mois : maîtriser les risques d'incendie en environnement spatial devient donc une priorité de sécurité. Ces travaux élargissent aussi notre connaissance de la physique des fluides et de la circulation de la chaleur en faible gravité.
L'annonce de ces tests peut surprendre, mais elle s'inscrit dans une logique de prévention pour les missions futures. En utilisant le sol lunaire comme laboratoire, la NASA repousse un peu plus les limites de l'exploration humaine.