La demande mondiale de pétrole pourrait chuter de 1,1 million de barils par jour d'ici 2026, une révision alarmante qui remet en question la stabilité du marché.
Le marché mondial du pétrole est sous surveillance depuis la publication du rapport mensuel de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ce mercredi. Le document contient des prévisions qui peuvent orienter les décisions de nombreux acteurs économiques. Il pointe surtout un net recul de la demande, qui pèse sur des marchés énergétiques déjà tendus.
2026 : la demande attendue de pétrole en recul plus marqué
D'après le dernier rapport de l'AIE, la prévision de la demande mondiale de pétrole pour 2026 a été revue à la baisse de 1,1 million de barils par jour (Mb/j). Selon BFMTV, cette diminution est « presque trois fois plus importante » que celle envisagée le mois dernier, ce qui remet en question l'idée d'un retour à la normale dès juin 2026.
Au deuxième trimestre 2026, les livraisons mondiales de pétrole auraient chuté de près de 5 % en glissement annuel, un recul jamais vu depuis 2020. Ces chiffres annoncent de nouvelles évolutions pour le secteur énergétique mondial.
Ce recul tient en partie aux difficultés d'approvisionnement liées au blocage récent du détroit d'Ormuz. Couplé à la hausse des prix du carburant, ce blocage a compliqué l'accès aux ressources énergétiques et perturbé la distribution mondiale. La guerre qui se poursuit au Moyen-Orient et des « contraintes opérationnelles et politiques » aggravent encore la situation.
2027 : vers une possible amélioration ?
Pour 2027, l'AIE table sur une hausse modérée de la demande de pétrole de 2 Mb/j et sur un fort rebond de l'offre, de +8 Mb/j. Cette progression pourrait offrir un « répit bienvenu » au marché et permettre de reconstituer des stocks mondiaux qui continuent de baisser.
Les stocks des pays de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) sont tombés à leur plus bas niveau depuis 1990, tandis que les inventaires mondiaux ont reculé de « plus de près de 220 millions de barils » sur les mois d'avril et mai. Les stocks restent « particulièrement marqués » dans les pays de l'OCDE.
L'accord récent entre les États-Unis et l'Iran, qui vise à mettre fin à la guerre et à rouvrir le détroit d'Ormuz, semble « ouvrir la voie à une reprise des exportations du Moyen-Orient ». L'AIE reste toutefois prudente : des « contraintes opérationnelles et politiques » persistent et « font peser des risques sur les perspectives » à moyen terme.