Les pluies d'étoiles filantes pourraient-elles compromettre les missions Artemis de la NASA ?
Le ciel nocturne, avec ses pluies d'étoiles filantes, offre un spectacle captivant, mais soulève aussi une question importante pour les missions spatiales actuelles et futures : ces phénomènes naturels menacent-ils la sécurité des missions lunaires, notamment les projets ambitieux de la NASA tels que les missions Artemis ? Ces pluies, provoquées par des débris spatiaux entrant dans l'atmosphère terrestre à une vitesse moyenne impressionnante de 35 405 km/h, pourraient-elles réellement retarder ou compromettre des missions comme Artémis II, qui prévoit un survol de la Lune à bord du vaisseau Orion, et Artemis 4 ?
L'environnement spatial : quels risques pour les missions de la NASA ?
Chaque jour, environ 48,5 tonnes de débris spatiaux naturels pénètrent l'atmosphère terrestre. Bien que plus de 1 000 pluies de météores soient cataloguées, seules quelques-unes dépassent un seuil critique par leur intensité. À l’horizon de la prochaine décennie, quatre essaims notables sont prévus, notamment les Perséides, dont la prochaine poussée intense pourrait compter entre 500 et 1 000 météores par heure en août 2028.
Ces courants de débris viennent de comètes et d'astéroïdes qui orbitent autour du Soleil, et comprennent des fragments allant d'une fraction de millimètre à des particules capables de provoquer des boules de feu. Les micrométéoroïdes, bien qu'invisibles, peuvent transmettre un choc cinétique suffisant pour endommager un vaisseau spatial en route vers la Lune, alerte Space. Une collision de ce type pourrait perforer la coque d'un vaisseau ou, pire, compromettre les tuiles thermiques lors de la rentrée atmosphérique, un scénario préoccupant pour Orion pendant sa trajectoire vers la Lune.

Stratégies pour se protéger et leçons du passé
Des précautions strictes et des protocoles existent pour faire face à ces risques. Des acteurs comme Lockheed Martin, avec Mike Heckwolf, ont optimisé la conception du vaisseau Orion pour limiter les dégâts causés par les micrométéoroïdes et les débris orbitaux, vérifiant la résistance de ses matériaux via des essais d'impact hypervélocité. La NASA, sous la direction de Bill Cooke du Meteoroid Environments Office, réalise régulièrement des évaluations détaillées de l'environnement micrométéoroïde pour chaque mission.
Si le risque devient trop élevé, le lancement, comme ce fut le cas pour la navette spatiale Discovery en 1993 afin d'éviter le pic des Perséides, peut être reporté. Au sol comme en orbite, on applique aussi des mesures d'évitement : le James Webb Space Telescope et le Hubble Space Telescope déplacent systématiquement leurs miroirs lors d'événements intenses. L'agence spatiale américaine considère la prévention comme la meilleure protection pour sa flotte spatiale.