Plusieurs Américains sont morts au début de l'année 2026 des suites d'une maladie liée à la cigarette électronique. Plus de 1 000 cas similaires ont été recensés à ce jour, auxquels s'ajoutent des cas de « poumon de pop-corn », une pathologie elle aussi attribuée à l'usage du vapotage. Le vapotage est-il vraiment sûr ?

Face à la profusion d'informations trompeuses qui circulent sur le sujet, une page de type foire aux questions, publiée probablement par un service de santé britannique et fondée sur les preuves et recherches disponibles à ce jour, tente d'y répondre.

Les termes vapes, e-cigarettes et e-cigs y sont employés indifféremment. Le message de départ est sans détour : le vapotage n'est pas totalement inoffensif, et ses effets à long terme restent mal connus. Les non-fumeurs et les personnes de 17 ans et moins ne doivent jamais vapoter, et les vapes à nicotine ne doivent servir qu'à arrêter de fumer.

Une fraction du risque du tabac, selon un état des lieux de 2022

C'est sur la comparaison avec la cigarette classique que la page insiste le plus. En 2022, des experts reconnus du tabac ont examiné l'ensemble des preuves disponibles sur les dangers du vapotage. Leur conclusion : à court et moyen terme, vapoter ne représente qu'une fraction minime des risques que fait courir le tabagisme. Le document de référence complet, intitulé « Nicotine vaping in England: 2022 evidence update », est consultable sur le site GOV.UK.

La combustion d'une cigarette libère des milliers de substances chimiques différentes, dont beaucoup sont toxiques et jusqu'à 70 peuvent provoquer le cancer. La plupart de ces substances, goudron et monoxyde de carbone en tête, ne se retrouvent pas dans l'aérosol produit par les vapes. Les personnes qui passent totalement de la cigarette au vapotage réduisent ainsi leur exposition aux toxines associées aux risques de cancer, de maladies pulmonaires, de maladies cardiaques et d'AVC.

La nicotine, addictive mais pas toxique

La page insiste sur un point souvent mal compris : la nicotine est fortement addictive, mais elle ne contient pas de substances chimiques toxiques. Ce sont les nombreux autres composants du tabac, comme le goudron, qui causent presque tous les dommages liés au tabagisme.

La nicotine seule ne provoque ni cancer, ni maladie pulmonaire, ni maladie cardiaque, ni AVC. Elle est d'ailleurs utilisée depuis de nombreuses années, en toute sécurité, dans des médicaments comme les substituts nicotiniques, patchs ou gommes.

Près de deux tiers de réussite avec un accompagnement

Sur l'efficacité pour arrêter de fumer, la page est catégorique : les vapes à nicotine figurent parmi les produits d'aide au sevrage les plus efficaces, plus encore que les patchs ou les gommes. Certains fumeurs apprécient le geste main-bouche, proche de celui de la cigarette, et la sensation ressentie au fond de la gorge lors de l'inhalation.

Le choix d'un e-liquide suffisamment dosé en nicotine, pour gérer le manque et les envies, peut se faire en magasin spécialisé ou auprès du service local d'aide à l'arrêt du tabac. Près des deux tiers des personnes accompagnées par ce type de service parviennent à arrêter de fumer avec succès.

Fumer délivre la nicotine rapidement, par la combustion du tabac. Vapoter met en général plus de temps pour que la nicotine atteigne le cerveau, ce qui impose de « siroter » l'appareil plus souvent. Vapoter plus fréquemment qu'on ne fumait auparavant est donc normal, et n'est pas plus nocif : une bouffée de vape représente une fraction minime du risque d'une bouffée de cigarette.

Une fois l'arrêt du tabac assuré, il devient possible de réduire progressivement la concentration de nicotine et la fréquence de vapotage, jusqu'à un sevrage complet.

Le poumon de pop-corn écarté, une réglementation stricte au Royaume-Uni

Contrairement à une crainte répandue, le vapotage ne cause pas la bronchiolite oblitérante, plus connue sous le nom de poumon de pop-corn. Cette maladie rare avait été identifiée chez des ouvriers d'usine exposés au diacétyle, une substance utilisée pour aromatiser le pop-corn et présente dans la fumée de cigarette. Ce composé est interdit comme ingrédient dans les vapes et e-liquides à nicotine réglementés au Royaume-Uni.

Les produits de vapotage y sont d'ailleurs strictement encadrés en matière de sécurité et de qualité. Tous doivent être notifiés à la Medicines and Healthcare products Regulatory Agency, avec le détail complet de leurs ingrédients. L'achat auprès de fournisseurs réputés, magasin spécialisé, pharmacie ou revendeur en ligne basé au Royaume-Uni, garantit le respect de ces règles.

Sur le vapotage passif, aucune preuve à ce jour ne montre qu'il nuit à l'entourage, contrairement à la fumée secondaire du tabac : les risques éventuels sont jugés très faibles. Par précaution, il reste conseillé d'éviter de vapoter près des bébés et des enfants, qui ont tendance à imiter le comportement des adultes, et de faire preuve de considération en présence de personnes asthmatiques, potentiellement plus sensibles à l'aérosol.

La page renvoie enfin vers un outil de recherche du service local d'aide à l'arrêt du tabac, et vers une page détaillant les bénéfices de l'arrêt du tabac sur la santé physique comme mentale.