Un robot humanoïde a couru le 100 mètres en 9,39 secondes, un temps inférieur au record du monde masculin détenu par Usain Bolt depuis 2009, chronométré à 9,58 secondes.

Un autre robot a réalisé un saut en hauteur sans élan de 2,8843 mètres, alors que le record du monde masculin de la discipline, obtenu avec élan, s'arrête à 2,45 mètres. À l'Ovale national de patinage de vitesse de Pékin, surnommé le Ruban de glace et hérité des Jeux olympiques d'hiver de 2022, des robots ont également dépassé les records du monde masculins du 400 mètres et du 1500 mètres.

En avril, un robot développé par Shenzhen Honor Smart Technology Development avait déjà remporté le semi-marathon E-Town de Pékin en 50 min 26 s en mode de navigation autonome, devançant le record humain de l'époque, fixé à 57 min 20 s.

Chen Bin, arbitre des Jeux, a expliqué que si les records humains et les capacités humaines sont connus, les limites des robots restent floues, s'interrogeant sur ce qui se passerait si les robots sautaient au-delà de l'échelle de mesure. Selon lui, l'évolution des robots dépasse désormais les attentes du public.

Ces exploits ont eu lieu lors des 2es Jeux mondiaux des robots humanoïdes, ouverts le 22 août 2026 à Pékin. Un an plus tôt, lors de la première édition, les machines peinaient encore à tenir debout, certaines titubant jusqu'à la ligne d'arrivée.

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666 équipes, 2 056 robots engagés

Cette deuxième édition compte 51 épreuves pour un total de 1 301 compétitions. Elle a réuni 666 équipes et 2 056 robots humanoïdes, un nombre d'équipes en hausse de 138 % par rapport à la précédente édition. L'haltérophilie et le tennis de table ont fait leur entrée au programme en 2026, disciplines qui soumettent la structure physique et les composants des robots à des tests plus complets.

Jiang Guangzhi, chef du Bureau municipal de l'économie et des technologies de l'information de Pékin, a expliqué que chaque seconde gagnée sur un temps de course et chaque centimètre gagné en saut en hauteur dépendaient des efforts continus des ingénieurs pour optimiser la performance des moteurs grâce à des tests rigoureux, rapporte un média local.

Les Jeux ont aussi élargi les compétitions à des scénarios simulant des usages réels, dans la logistique, l'hôtellerie et les services domestiques. Jiang Guangzhi espère voir les machines primées trouver rapidement preneurs, souhaitant que les robots humanoïdes puissent recevoir des commandes juste après avoir remporté des médailles aux Jeux, afin de passer des sites de compétition à la vie des gens.

Le secteur pèse déjà lourd en Chine. Selon le ministère chinois de l'Industrie et des Technologies de l'information, les revenus des entreprises industrielles de taille désignée du secteur de la robotique ont dépassé 300 milliards de yuans en 2025, avec un taux de croissance annuel moyen supérieur à 20 % sur les cinq dernières années.

Sur les pistes et les tapis, le mode de navigation autonome a remplacé le contrôle manuel dans la plupart des épreuves lors de cette édition, sans éliminer les chutes ni les collisions. Gong Xiao, directeur adjoint du China Software Testing Center, a jugé que les robots autonomes ont globalement bien fonctionné, tout en reconnaissant que leur prise de décision peut encore produire des erreurs : selon lui, les incertitudes du monde réel sont précisément les difficultés techniques que l'industrie doit surmonter.

Wang Xingxing, fondateur d'Unitree Robotics, a illustré cette limite en expliquant que lorsque les robots se voient confier une nouvelle tâche, ils doivent être réentraînés. Il a ajouté que la capacité de généralisation limitée est actuellement le plus grand goulot d'étranglement auquel fait face l'industrie mondiale des robots humanoïdes.