Un jeu vidéo pour traiter la dyslexie pourrait bientôt être remboursé par la Sécu.
Un jeu vidéo destiné aux enfants dyslexiques pourrait devenir le premier traitement numérique remboursé par l'Assurance maladie en France. La Haute Autorité de Santé a donné son feu vert fin juin, mais la décision finale appartient encore au ministère de la Santé.
Un jeu vidéo pour compenser le manque d'orthophonistes
La dyslexie touche entre 3 et 6 % des enfants, soit un à deux élèves par classe en moyenne. Or les délais pour obtenir un rendez‑vous chez un orthophoniste atteignent 18 mois en moyenne, et jusqu'à deux ou trois ans dans certaines régions. C'est ce constat qui a poussé l'ingénieur François Vonthron à concevoir Poppins, une application mobile destinée à travailler l'orthographe et la lecture.
Les exercices restent simples dans leur forme : retrouver des mots à partir de lettres mélangées, reconstituer des mots à partir de syllabes dispersées. Ce qui change, c'est leur usage clinique : le jeu est pensé pour compléter les séances d'orthophonie, pas pour les remplacer.
Sept ans d'études à l'hôpital Necker
L'hôpital Necker a suivi le dispositif pendant sept ans, sous la direction de la neuropsychologue Catherine Grosmaitre. Les résultats du jeu vidéo montrent une progression plus rapide des enfants, même avec un nombre réduit de séances d'orthophonie. De nouvelles données sont attendues dans les six prochains mois, cette fois sur la compréhension du langage.
Le 28 juin, la Haute Autorité de Santé a rendu un avis favorable à la prise en charge anticipée de l'application. Cet avis ouvre la voie à un remboursement par la Sécurité sociale, mais deux étapes restent à franchir : la décision du ministère de la Santé, puis la négociation du prix.
Des familles déjà utilisatrices, et un tarif à 30 euros par mois
Aloïs Amour‑Thereau, 12 ans, utilise le jeu vidéo Poppins depuis deux ans, raconte Le Figaro. Sa mère, Nelly Amour, évoque des progrès scolaires et un regain de confiance chez son fils. D'autres familles rapportent des retours similaires, des témoignages qui pèsent dans le dossier déposé auprès de la HAS.
L'application se bloque après 20 minutes d'utilisation quotidienne, une limite pensée pour encadrer le temps d'écran. L'abonnement coûte 30 euros par mois, soit à peu près le prix d'une séance d'orthophonie.
Poppins n'est pas la première application santé validée par la HAS : Ludocare, destinée aux enfants asthmatiques, a reçu un avis favorable en avril. Mais c'est la première fois qu'un dispositif numérique ouvre la voie à un remboursement pour la dyslexie.
Si la prise en charge se confirme, plusieurs centaines de familles pourraient en bénéficier. Catherine Grosmaitre espère que cette validation servira de cas de référence pour d'autres outils numériques intégrés aux parcours de soins.