Chaque année, 12,9 millions de jeunes Chinois affrontent le gaokao, un examen décisif qui façonne leurs destinées.
Le 7 juin 2026, la Chine a lancé le gaokao, le redoutable concours national d'entrée à l'université. Cet examen, d'une grande importance pour l'avenir des jeunes chinois, rassemble cette année près de 12,9 millions de candidats, selon le ministère de l'Éducation. Pour beaucoup, il détermine l'accès aux meilleures universités et, par ricochet, aux opportunités professionnelles les plus recherchées.
Une vraie épreuve
Le gaokao dépasse le simple cadre d'un examen : c'est un rite de passage pour des millions de jeunes et leurs familles. Même si de plus en plus de parents insistent sur le bien-être physique et mental de leurs enfants, la pression reste forte. Zhang Xinnan, 18 ans, dit ressentir de l'anxiété mais aussi de la confiance : « Je suis un peu anxieux. Mais les choses que je devais maîtriser sont maîtrisées. »
Les centres d'examen, comme celui de Pékin, sont strictement surveillés pour empêcher la triche. Cette année, les autorités ont interdit l'usage de lunettes connectées et de montres intelligentes, ont installé une surveillance vidéo et se sont placées en "état d'alerte maximale" pour contrer toute tentative de fraude.
Culture et économie
La couleur rouge, symbole de chance dans la culture chinoise, est portée par de nombreux parents qui espèrent ainsi favoriser la réussite de leurs enfants. À proximité des centres, policiers et agents de sécurité veillent à l'ordre et surveillent les foules de parents venus immortaliser l'instant où leur enfant entre pour passer cet examen déterminant.
Le secteur de l'enseignement supérieur s'est fortement développé avec le boom économique, mais le marché du travail pour les diplômés reste préoccupant. Environ 16,67 % des jeunes âgés de 16 à 24 ans, hors étudiants, sont sans emploi. Cette réalité assombrit quelque peu les perspectives des étudiants, même s'ils sont mieux formés que les générations précédentes.
Thèmes et regards personnels
Parmi les sujets proposés cette année figurait la rédaction d'un slogan pour un événement intitulé "Intelligence artificielle (IA) et vieillesse heureuse" dans les maisons de retraite, selon le Quotidien du peuple. Cet exercice illustre le virage des préoccupations éducatives vers des thématiques sociétales modernes.
Deng Ju, à 53 ans, représente les parents qui abordent l'examen avec détachement. Pour elle, « l'examen n'est qu'une formalité », et elle se préoccupe surtout de la santé physique de sa fille. Elle aimerait voir la fin du gaokao, reconnaissant néanmoins que « c'est impossible ».