Vingt ans après le drame, son caméraman brise enfin le silence : les tout derniers mots de Steve Irwin, prononcés les yeux dans les yeux, révélés pour la première fois.
Steve Irwin, encore conscient, a regardé son caméraman droit dans les yeux avant de prononcer ses derniers mots. Justin Lyons, caméraman et producteur du célèbre conservationniste australien, raconte qu'Irwin était conscient et que, en le regardant droit dans les yeux, il lui a dit qu'il était en train de mourir, dans un témoignage livré vingt ans après les faits.
Justin Lyons est le dernier homme à avoir parlé à Steve Irwin, raconte News 24. Il revient sur les minutes qui ont précédé la mort du « Crocodile Hunter », survenue le 4 septembre 2006 au large de Batt Reef, dans le Far North Queensland, lors du tournage d'un documentaire.
Une simple prise de vue qui tourne au drame
Ce jour-là, l'équipe visait des requins-tigres à bord du Croc One, le bateau d'Irwin. En attendant, ils avaient repéré une raie taureau, massive selon Lyons, et cherchaient un dernier plan pour ouvrir le documentaire Ocean's Deadliest. Le caméraman avait déjà filmé des raies pastenagues une centaine de fois. Rien ne laissait présager le danger.
La raie, enfouie dans le sable, restait immobile. Irwin a nagé à ses côtés puis a tenté un plan par-derrière, en passant juste au-dessus d'elle. Lyons décrit que la raie ne bougeait pas, mais qu'au moment où Irwin se trouvait juste au-dessus, elle a évidemment cru qu'il s'agissait d'un requin-tigre, et qu'elle a commencé à le frapper frénétiquement avec sa queue.
L'eau est devenue trouble en quelques secondes. Il poursuit en expliquant que l'eau s'est mise à bouillonner, qu'il ne voyait plus rien de ce qui se passait, seulement des bulles et de l'agitation, puis que tout à coup, c'est devenu calme.
Lyons a d'abord continué à filmer la raie, qui s'éloignait, sans savoir que son ami venait d'être gravement blessé. En repointant sa caméra vers Irwin, il l'a vu bondir hors de l'eau en hurlant, entouré de sang. Le présentateur a crié que ça lui avait perforé le poumon.
Lyons a hissé Irwin à bord du bateau. Sa chemise kaki était ouverte, du sang s'écoulait d'une plaie béante à la poitrine, juste au-dessus du cœur. C'est à cet instant qu'Irwin, encore conscient, a prononcé ses derniers mots.
L'équipage a pratiqué la réanimation cardio-pulmonaire pendant 45 minutes tandis que le bateau filait vers Low Island. À l'arrivée sur la plage, un hélicoptère et des secouristes ont atterri. Lyons a alors ressenti, dit-il, un soulagement absolu, persuadé que son ami pourrait être sauvé.
L'espoir s'est effondré presque aussitôt : moins de 10 secondes après leur arrivée, les secouristes ont déclaré Steve Irwin mort. Lyons confie que c'était comme un désespoir absolu, et il se souvient avoir pensé que son monde venait de changer et que rien ne serait plus jamais pareil.
L'ironie du sort n'échappe à personne : un homme qui avait chassé des crocodiles toute sa vie a été tué par une raie, à l'âge de 44 ans.
Ce témoignage figure dans le documentaire Steve Irwin: A Wild Life, produit pour marquer les vingt ans de la disparition du conservationniste. Vingt ans après les faits, le monde continue d'évoquer le destin de celui qui avait fait des animaux sauvages sa vie et sa marque de fabrique.