Italo Holding et Siemens Mobility ont signé à Munich un contrat portant sur la fourniture de 26 trains à grande vitesse « Velaro Multi System », assorti d'une option pour 14 rames supplémentaires. L'opération, annoncée en juillet 2026, représente un investissement total de 3,6 milliards d'euros, rapporte BFMTV.

Ce montant ne se limite pas à l'achat de la flotte. Il couvre aussi un contrat de maintenance de 30 ans, assuré depuis le dépôt de Siemens Mobility à Dortmund, ainsi que la formation d'environ 2 500 employés et des investissements en gares et en infrastructure informatique.

Les rames, dérivées de l'ICE3neo déjà exploité par la Deutsche Bahn, seront assemblées à l'usine Siemens de Krefeld. Chaque train de 8 voitures pourra accueillir 450 passagers à une vitesse maximale de 320 km/h, avec trois ambiances de voyage (Club Executive, Prima Business, Smart), un bistro et une connexion satellite Starlink.

Le PDG de Siemens Mobility, Michael Peter, a salué « une grande confiance envers Siemens Mobility et la plateforme Velaro, l'une des plus performantes au monde dans le domaine de la grande vitesse ». Du côté d'Italo, le PDG Gianbattista La Rocca insiste sur l'ampleur de l'engagement financier : « un investissement total de 3,6 milliards d'euros témoigne de notre engagement profond sur ce marché ».

Le président d'Italo Holding, Luca Cordero di Montezemolo, évoque de son côté « une étape concrète vers un marché unique des transports, capable de surmonter les libéralisations inégales qui fragmentent encore l'Europe ».

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Italo veut défier le monopole de la Deutsche Bahn

L'opérateur privé italien, premier concurrent de Trenitalia dans la péninsule depuis 2012, s'attaque désormais à un marché verrouillé. La Deutsche Bahn contrôle environ 95 % du trafic grandes lignes en Allemagne, face à un unique concurrent existant, Flixtrain, positionné sur le créneau low cost. Ce dernier a d'ailleurs commandé des trains conventionnels à Talgo, tractés par des locomotives Siemens, pour circuler à 230 km/h à partir de 2028.

L'entrée d'Italo n'aurait pas été possible sans une décision de la Bundesnetzagentur, le régulateur ferroviaire allemand, qui impose désormais qu'au moins 25 % des capacités sur les corridors les plus chargés soient réservées aux concurrents de la Deutsche Bahn. Cette décision a été en partie déclenchée par les démarches engagées par Italo auprès des autorités, qui attendait ce feu vert avant d'investir.

Syndicats, associations de voyageurs et Deutsche Bahn ont averti qu'un opérateur supplémentaire sur un réseau déjà saturé, dont la ponctualité sur les grandes lignes plafonne à peine à 65 %, risquait de fragiliser encore le trafic régional.

À partir de mi-2028, Italo prévoit 50 liaisons quotidiennes sur deux axes : Munich-Cologne-Dortmund et Munich-Berlin-Hambourg, soit 18 villes desservies sur environ 1 300 kilomètres. Pour piloter cette expansion, Italo Holding a créé une filiale, Italo International, qui contrôle deux entités de droit allemand basées à Francfort : Atrium pour l'exploitation ferroviaire, Mainsee pour la propriété des trains.

Pour Siemens, l'affaire est aussi un coup porté à son rival français Alstom, qui équipait Italo depuis 2008 sur le marché italien. Le contrat de maintenance intégrera Railigent X, la plateforme numérique du groupe allemand, avec des services fondés sur l'intelligence artificielle censés accroître la disponibilité de la flotte.

Gianbattista La Rocca résume l'ambition commerciale en promettant aux voyageurs allemands davantage de choix, des fréquences plus élevées, des prix équitables et un service de haute qualité.

Les premières rames Velaro doivent circuler sous les couleurs d'Italo dès la mi-2028.