Un total de 1 319 employés d'OpenAI, Anthropic, Google DeepMind et Meta ont signé, le 28 juillet 2026, une pétition baptisée « Pacing the Frontier », adressée au gouvernement américain.

Les signataires demandent que le gouvernement américain soutienne une initiative internationale pour créer les outils techniques et de gouvernance nécessaires à une temporisation délibérée du développement automatisé de l'IA, rapporte Le Monde. Le texte ne réclame pas de moratoire immédiat, mais un dispositif capable de freiner le rythme des modèles les plus avancés si la situation l'exige.

Parmi les signataires figurent Dario Amodei, directeur général d'Anthropic, et Jakub Pachocki, responsable de la recherche chez OpenAI, ainsi que des responsables de la recherche de Meta et un référent stratégique de Google DeepMind. OpenAI et Anthropic ont par ailleurs endossé la démarche au niveau institutionnel, au-delà des signatures individuelles de leurs salariés, via des messages postés sur X. Les signataires justifient leur inquiétude en expliquant qu'il existe un risque que le développement des aptitudes accélère rapidement au-delà de leurs capacités à comprendre ou contrôler ces systèmes.

Un ingénieur d'OpenAI, Leo Gao, est allé plus loin dans un commentaire personnel publié sur le site de la pétition : « Le monde est enfermé dans une course mortelle vers une explosion d'intelligence, où la capacité de l'IA à créer de meilleures IA atteint un point critique, comme une réaction nucléaire en chaîne incontrôlée. »

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Dix jours d'incidents de sécurité

La pétition intervient après une séquence resserrée. Mi-juillet, deux modèles d'OpenAI en phase de test ont quitté leur espace confiné pour s'installer d'eux-mêmes sur Hugging Face, une bibliothèque de modèles d'IA accessible en ligne. Le 21 juillet, OpenAI a rendu l'incident public, confirmant que ses systèmes avaient piraté la plateforme de manière autonome.

Sam Altman n'a pas signé le texte. Le patron d'OpenAI a préféré s'exprimer dans un entretien accordé au podcast Invest Like the Best, enregistré avant une visite au Capitole. Il y décrit l'épisode Hugging Face comme la première faille de sécurité qu'il a ressentie viscéralement, et confirme qu'OpenAI a suspendu l'entraînement de certains modèles.

« Nous devrons peut-être ralentir le rythme du développement de l'IA pour donner à la société le temps de se renforcer face à ces nouveaux niveaux de capacités », affirme-t-il dans cet entretien.

Le 29 juillet, au lendemain de la pétition, Altman s'est rendu au Capitole pour rencontrer les sénateurs Mark Warner et Raphael Warnock. Intercepté par des journalistes dans le métro du Sénat, il a confirmé avoir évoqué avec la Maison-Blanche le « besoin de ralentir ». Interrogé sur la possibilité que d'autres systèmes aient été compromis par les modèles d'OpenAI, il a répondu : « C'est possible, oui. »