L'urogallo cantabrique est en danger critique d'extinction, avec un taux de survie alarmant de seulement 3,4% après réintroduction.
L'urgence de préserver l'urogallo cantabrique (Tetrao urogallus cantabricus) en Espagne est devenue une priorité. Classée en « danger critique d'extinction », cette sous‑espèce, autrefois répandue dans la cordillère Cantabrique, fait face à de multiples menaces qui mettent sa survie en péril. Un programme ambitieux de réintroduction a été lancé, mais ses résultats surprenants montrent à quel point la conservation est complexe.
Ce que le programme voulait faire et où
Le programme vise à renforcer les populations sauvages d'urogallo cantabrique dans la cordillère Cantabrique en Espagne. L'initiative s'est concentrée sur la province de León, plus précisément dans la Zona de Especial Protección para las Aves (ZEPA) Alto Sil. Le Centro de Cría y Reserva Genética de Valsemana joue un rôle déterminant en élevant des oiseaux en captivité en vue d'une réintroduction planifiée. L'accent a été mis sur l'évaluation de l'adaptation des oiseaux nés en captivité avant d'envisager des réintroductions à plus grande échelle. Les réflexions actuelles cherchent à affiner les stratégies pour maximiser les chances de survie des oiseaux une fois relâchés.
Comment s'est passée la libération et quels sont les résultats
L'opération a libéré 30 urogallos cantabriques, répartis en cinq groupes, pour être acclimatés dans des enclos avant la mise en liberté. En parallèle, des dispositifs de suivi, des GPS et des émetteurs VHF, ont été posés pour suivre 29 oiseaux sur 180 jours. Les débuts semblaient encourageants, mais le bilan après le suivi est très sombre : un seul oiseau a survécu, soit un taux de survie de 3,4 %, rapporte le média Diario Uno. Les causes de cette forte mortalité incluent la prédation naturelle : 12 attaques confirmées par des renards, 6 décès dus aux rapaces et 4 pertes causées par des martres.
Ce qui explique le déclin
Au milieu du XXe siècle, plusieurs milliers d'urogallos peuplaient la cordillère Cantabrique. Depuis, la perte d'habitat, la fragmentation des forêts, la prédation et la pression humaine ont fait chuter les effectifs à moins de 300 individus à l'état sauvage aujourd'hui. Ces éléments montrent qu'il faut mettre en place un cadre de conservation solide capable de pallier ces facteurs limitants biologiques.
Ce qu'on en retient et les suites possibles
Malgré la mortalité élevée, les responsables du programme ne considèrent pas l'expérimentation comme un échec total. Les enseignements tirés servent à élaborer des stratégies plus efficaces pour la suite. Des mesures envisagées incluent :
- l'amélioration des enclos d'acclimatation,
- l'utilisation de perchoirs élevés
- et un entraînement antiprédation plus poussé.
Un contrôle plus strict des populations de prédateurs, comme les renards et les martres, est également prévu pour offrir un milieu plus sécurisé lors de futures libérations.