Le Soleil se retrouvera partiellement caché par la Lune sur l'ensemble du territoire métropolitain le mercredi 12 août 2026, en toute fin de journée. Le phénomène sera total en Espagne, mais restera partiel en France, avec un taux d'obscuration qui varie fortement selon les villes : 92,2 % à Paris, contre 99,5 % à Biarritz.

Entre ces deux extrêmes, l'écart tient à la géographie. Plus on se dirige vers le sud-ouest, plus le Soleil disparaît. Bordeaux affichera 97,6 % d'obscuration, Toulouse 97,9 %, tandis que Strasbourg fermera la marche avec 89,9 %, le taux le plus faible relevé sur le territoire.

À Lyon, le pic atteindra 93,9 %, à Marseille 96,4 %, à Ajaccio 96,8 %. Pour l'Occitanie, dont fait partie Toulouse, un événement est qualifié d'exceptionnel, avec une ambiance qualifiée de crépusculaire saisissante.

Les horaires diffèrent eux aussi d'ouest en est. Le maximum du phénomène se situera globalement entre 20h20 et 20h30, selon le lieu d'observation. Le Soleil sera très bas sur l'horizon, entre 4° et 12° de hauteur selon la région, ce qui impose de choisir un point de vue dégagé vers l'ouest ou le nord-ouest, loin des bâtiments et des arbres imposants.

Un ciel crépusculaire, pas une nuit noire

Contrairement à une éclipse totale, le ciel ne s'obscurcira pas comme en pleine nuit sur la majorité du territoire. Une obscuration de 10 % suffit déjà à éclairer largement un paysage, tant la lumière du Soleil est intense. Sauf dans l'extrême sud-ouest, les Français observeront donc une lumière étrange, que le vice-président de la Société astronomique de France, Gilles Dawidowicz, décrit comme « quasi crépusculaire ».

Dans les villes les plus à l'est, le Soleil se couchera presque au moment même où le maximum de l'éclipse sera atteint. Interrogé par actu.fr, Dawidowicz s'amuse du risque de méprise à Paris, où l'obscuration atteindra 92,2 %, expliquant que si l'on ne dit rien aux Parisiens, ils sont susceptibles de penser que le Soleil se couche un peu plus tôt qu'anticipé, c'est tout.

Dans le Sud-Ouest, en revanche, l'effet devrait se faire sentir physiquement. Le spécialiste anticipe une chute de température de 3 à 5 degrés en quelques minutes à Biarritz, et n'exclut pas que les oiseaux cessent de chanter d'un coup, comme cela s'était produit lors de l'éclipse de 1999.

Le Soleil, habituellement toujours vu plein, apparaîtra croqué, comme grignoté, un effet que Dawidowicz compare à Pac-Man. Un phénomène de sténopé devrait aussi se produire : les ombres deviendront extrêmement nettes, projetant au sol des formes en croissant partout où alternent ombre et lumière, sous les arbres notamment.

« Une expérience amusante à faire, c'est de lever une passoire à hauteur d'homme : la lumière du Soleil croqué se répercutera dans tous les trous, et on verra des milliers de croissants projetés sur le sol. C'est toujours saisissant », décrit-il.