Un événement dramatique a failli anéantir l’humanité il y a près d’un million d'années. De recherches génétiques révèlent l'ampleur surprenante de cette quasi-extinction.
Il y a près d’un million d’années, l’humanité a frôlé l’extinction. Une étude publiée dans Science a révélé que nos ancêtres ont été réduits à seulement un peu plus de 1000 individus, mettant l’espèce humaine à un point critique. Ce phénomène, appelé « goulot d'étranglement génétique », a duré plus de 100 000 ans. Une période où la population humaine a failli disparaître avant de connaître un rebond démographique spectaculaire. Cette crise pourrait avoir eu un impact majeur sur l’évolution de l’Homo sapiens. Explications.
L'Humanité a survécu à une extinction
En étudiant les séquences génétiques de populations modernes issues de dix groupes africains et de quarante non-africains, les chercheurs ont mis en lumière un « goulot d'étranglement démographique » survenu entre 930 000 et 813 000 ans. Autrement dit, une réduction sévère de la population, suivie d'une reprise démographique est survenue à cette époque, difficile à retracer. La population humaine a donc chuté de 98,7%, ne laissant que 1280 individus reproducteurs dans la nature. Ce déclin extrême, qui a duré environ 117 000 ans, pendant lesquels la population humaine a perdu environ 65% de sa diversité génétique.
Un goulot d'étranglement démographique est généralement causé par des crises climatiques, des famines ou des conflits. Si les causes exactes du déclin restent floues, il est largement admis que les changements climatiques drastiques ont joué un rôle central dans cet événement qui aurait pu mener l’humanité à son extinction. Le refroidissement de la Terre et l’allongement des cycles glaciaires est notamment avancé. Les chercheurs suggèrent ainsi que ce déclin de l'humanité pourrait être lié à un bouleversement climatique majeur au début du Pléistocène, avec l’apparition de glaciers et des températures océaniques plus froides. Ces conditions auraient entraîné des sécheresses et la disparition d'espèces animales. Cela aurait ainsi réduit les ressources alimentaires humaines et provoquer des tensions au sein de l’Humanité. L'extinction de nombreuses espèces animales et la rareté des fossiles de l’époque rendent cependant difficile la confirmation des causes exactes.

Un événement qui a eu des conséquences
L'étude souligne que ces découvertes permettent de mieux comprendre l’écart entre les archives fossiles de l'Afrique et de l'Eurasie au début de l'âge de pierre. Elle suggère ainsi que la reprise démographique, accompagnée d’une évolution vers des conditions plus favorables, a permis à l’humanité de surmonter ce goulot d'étranglement, avec des avancées majeures comme la maîtrise du feu. Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour mieux comprendre l’impact de ces événements sur l’évolution du cerveau humain.
Les scientifiques estiment cependant que cet épisode pourrait avoir joué un rôle dans l’évolution génétique de l’Homo sapiens. Ce notamment dans la fusion de deux chromosomes pour former le chromosome 2. Une caractéristique partagée avec les Néandertaliens et les Dénisoviens.
Source : Science.