Marcel Ravidat, un garçon de 18 ans, explorait les bois de Montignac, en Dordogne, dans le sud de la France, lorsque son chien, Robot, s'est mis à inspecter un petit trou près d'un arbre déraciné. D'après certains récits, le chien poursuivait un lapin lorsqu'il fit la découverte d'une grotte qui allait être l'une des plus grandes découvertes archéologiques du 20ème siècle.

La découverte d'une grotte historique par un garçon et son chien

Marcel Ravidat connaissait une légende locale selon laquelle un tunnel souterrain secret, situé quelque part dans la colline, menait à un manoir. D'autres versions de cette légende, probablement un simple mythe, racontaient que le tunnel menait à une grotte remplie de trésors. Quoi qu'il en soit, le garçon tenta seul d'explorer le tunnel ce jour-là, avant d'y renoncer faute d'outils.

Quelques jours plus tard, il revint avec trois autres garçons de son village – Jacques Marsal, Georges Agnel et Simon Coencas – et tous quatre agrandirent l'ouverture jusqu'à ce qu'elle soit assez grande pour qu'ils puissent s'y glisser. Ravidat s'y engouffra le premier, bientôt rejoint par ses trois compagnons. Ils se retrouvèrent alors non pas dans un passage secret, mais dans une grotte restée fermée depuis des millénaires.

À la lueur d'une lampe de fortune, ils parcoururent une galerie d'une trentaine de mètres. Alors que le passage se rétrécissait, ils aperçurent les premières peintures de ce que l'on appelle aujourd'hui la Galerie Axiale, explique le Musée archéologique national de France. Ils explorèrent chaque recoin de la grotte, dont les parois étaient ornées d'un bestiaire fabuleux, pour finalement s'arrêter devant un gouffre qui menait vers d'autres parties de la grotte.

Sans le savoir encore, ils venaient de découvrir des œuvres d'art très anciennes, créées par des hommes préhistoriques il y a environ 17 000 à 22 000 ans. Le lendemain, les jeunes hommes retournèrent explorer cette seconde galerie à l'aide d'une corde, descendant Ravidat dans le puits de 8 mètres. C'est là qu'ils découvrirent la pièce maîtresse de la grotte de Lascaux : une grande peinture représentant un bison, réalisée à la lumière d'un feu, ou de lampes alimentées à la graisse animale.

Grotte Lascaux Dessin

Un véritable trésor national sur la Préhistoire

La grotte de Lascaux abrite près de 600 dessins d'animaux, parmi lesquels des cerfs, des chevaux (les plus nombreux), des bisons et des chats. On pense qu'elle n'a jamais été habitée, si ce n'est temporairement par les artistes préhistoriques qui y créaient leurs œuvres à la lueur du feu. Les couleurs de ces peintures étaient obtenues grâce à l'utilisation d'argile rouge et d'ocre, d'oxyhydroxydes de fer jaunes, ainsi que de charbon de bois noir et d'oxydes de manganèse.

Des images d'animaux accompagnent des représentations plus anciennes, ce qui suggère que la motivation des peintres résidait peut-être davantage dans l'acte même de représenter les animaux que dans l'effet artistique de la composition finale. La plupart des peintures sont situées à distance de l'entrée de la grotte, et de nombreuses salles sont difficilement accessibles. Cet emplacement, combiné à la taille imposante et à la grandeur saisissante des peintures, laisse penser que les salles les plus reculées servaient peut-être de lieux de réunion sacrés ou cérémoniels.

« Certains pensent que les peintures rupestres n'étaient pas de simples objets de divertissement ou de décoration », explique Frances Fowle dans un article pour The Conversation, ajoutant qu'elles avaient peut-être une dimension rituelle. En dessinant des animaux comme des cerfs ou des bisons, la personne qui a réalisé le dessin dans la grotte (peut-être un chasseur) pensait acquérir un pouvoir quasi magique sur l'animal qu'elle espérait capturer.

La grotte a été ouverte au public en 1948, mais a fermé ses portes en 1963 après la découverte de champignons sur ses parois. Depuis, plusieurs répliques fidèles ont été réalisées, dont une est accessible au public non loin de la grotte originale.