Aaron Rowe, le groupe irlandais Beoga, le groupe pop danois Lukas Graham et le musicien américain Finneas ont annoncé, sur les réseaux sociaux, leur retrait de la tournée d'Ed Sheeran. Les quatre artistes, programmés en première partie des prochaines dates du chanteur britannique, se retirent en solidarité avec le rappeur Macklemore, écarté du programme quelques jours plus tôt, explique The Guardian.

Macklemore s'était produit début septembre 2026 avant deux concerts d'Ed Sheeran au MetLife Stadium, près de New York. Lors d'une de ces dates, le 4 septembre 2026, il avait scandé Free Palestine et affirmé vouloir que les habitants de Gaza et de la Cisjordanie occupée sachent qu'ils n'étaient pas oubliés.

La chanteuse Pink s'était publiquement offusquée de ces propos, déclenchant un débat public. Selon Ed Sheeran, les représentants des salles concernées auraient ensuite menacé d'annuler d'autres dates si le rappeur restait dans le programme. Le lundi 14 septembre 2026, Macklemore a annoncé que Sheeran et son équipe l'excluaient de la suite de la tournée, où il devait initialement assurer 8 des 10 concerts restants aux États-Unis.

Rowe et Beoga invoquent l'histoire de l'Irlande

Le chanteur irlandais Aaron Rowe, qui avait ouvert pour Sheeran en Australie plus tôt en 2026 et devait le faire sur les dix dates nord-américaines restantes, a été le premier à annoncer son retrait, sur Instagram. Il dit ne pas prendre la décision à la légère, expliquant qu'Ed a été un ami pour lui et a changé sa vie, avant d'ajouter qu'en tant qu'Irlandais, il ne peut pas rester silencieux et laisser des milliardaires utiliser leur pouvoir pour faire taire les voix légitimes de ceux qui dénoncent selon lui un génocide israélien.

Peu après, le groupe traditionnel Beoga, qui assurait l'accompagnement musical de Sheeran et qui est ami avec lui depuis plus de dix ans, a fait le même choix. Membres fondateurs du mouvement Irish Artists for Palestine, ses musiciens disent croire dans le dialogue comme moyen de faire progresser la cause du peuple palestinien.

Le musicien américain Finneas, frère de Billie Eilish et programmé sur la tournée sud-américaine de Sheeran en novembre 2026, a suivi le 15 septembre 2026, quelques heures après la publication d'un long message de Sheeran sur Instagram. Il estime que les artistes ne doivent pas être réduits au silence lorsqu'ils prennent la parole pour les opprimés, disant soutenir la Palestine et son peuple.

Le même jour, le groupe danois Lukas Graham a lui aussi annoncé son retrait, le qualifiant de « décision difficile » tout en remerciant Sheeran. Son chanteur, Lukas Forchhammer, vise sans le nommer le milliardaire Robert Kraft, estimant que l'argent ne donne pas le droit de monopoliser la conversation, ajoutant que le solde bancaire de personne ne devrait décider qui a le droit de parler.

L'éducatrice et star YouTube Ms Rachel a critiqué la décision de Sheeran sur Instagram, tandis que la chanteuse Kehlani, dont l'activisme propalestinien avait déjà valu l'annulation d'un concert à l'université Cornell en 2025, lui a apporté son soutien sur les réseaux sociaux.

Sheeran renvoie la décision au promoteur

Dans sa publication sur Instagram, Ed Sheeran a rejeté toute responsabilité personnelle dans l'exclusion de Macklemore, l'attribuant au groupe organisateur de la tournée, Messina Touring Group. Il explique que le retrait de Macklemore de la tournée était la décision du promoteur, pas la sienne, précisant qu'il ne voulait jamais décevoir les fans ni abandonner l'équipe de tournée et les autres artistes qui dépendent de lui pour vivre.

Il dit avoir passé la semaine à tenter de construire des ponts sans y parvenir, tout en affirmant respecter la détermination de Macklemore à défendre ses convictions.

Sheeran confirme avoir échangé avec Robert Kraft, propriétaire des New England Patriots, dont le groupe d'entreprises possède le Gillette Stadium, où un concert de la tournée doit se tenir le 26 septembre. Kraft n'a pas nié avoir refusé l'accès de Macklemore à son enceinte, près de Boston.

Il justifie ce choix par les actions récentes du rappeur et par une histoire plus large de rhétorique jugée antisémite, en référence à 2013, quand Macklemore s'était excusé après avoir porté sur scène à Seattle une perruque noire, une barbe et un faux nez crochu perçus comme une caricature antisémite.

Kraft propose désormais de rencontrer le rappeur pour discuter des faits, assurant que leur objectif commun reste « la paix pour tous, la fin des souffrances et la fin de toute haine ».