Durant une récente démonstration, l'armée américaine a prouvé l'efficacité d'un équipement nouveau pour abattre des « menaces aériennes ne comprenant pas d'équipage », ou plus communément des drones, qui deviennent de plus en plus populaires pour mener des frappes susceptibles de survenir à n'importe quel moment. Il se pourrait toutefois que ladite technologie vienne à faire remettre en question cette efficacité.

Une nouvelle technologie anti-drones démontrée par l'armée américaine

Le destroyer USS Preble de la classe Arleigh Burke de l'US Navy a détruit avec succès quatre drones à l'aide d'une nouvelle technologie lors d'une démonstration de lutte contre ce type d'appareil autrement surnommé « systèmes aériens sans équipage » en mer, a confirmé la société Lockheed Martin par l'entremise de son PDG, Jim Taiclet, via un article de The War Zone. La technologie en question porte l'acronyme HELIOS pour « High-Energy Laser With Intergrated Optical Dazzler and Surveillance », ou Laser à Haute Énergie avec Optique Éblouissant Intégré et Surveillance.

« En parlant de technologie incroyable, nous avons utilisé avec succès un système laser embarqué, le HELIOS de Lockheed Martin, pour abattre des drones de combat », a déclaré Taiclet. Il a ajouté que le système en avait neutralisé quatre et ainsi démontré comment les lasers pouvaient préserver les missiles de défense aérienne classiques pour des cibles prioritaires.

Le HELIOS, également désigné Mk 5 Mod 0, est une arme à énergie dirigée de 60 kilowatts conçue pour détruire ou neutraliser les drones et les petites embarcations. Il fait également office de brouilleur optique, capable d'aveugler ou d'endommager les capteurs ennemis. L'USS Preble, qui embarque le système HELIOS depuis 2022, demeure le seul navire de l'US Navy à en disposer. D'autres destroyers ont reçu des lasers d'éblouissement ODIN de moindre puissance, tandis que des lasers expérimentaux à haute énergie ont été testés sur d'autres bâtiments.

Drones Techno US

Une technologie amenée à se démocratiser ?

Cette dernière démonstration marque le premier engagement confirmé de cibles multiples. Ce test intervient alors que la Marine américaine s'efforce de faire des armes à énergie dirigée un moyen de défense prioritaire contre les menaces à courte portée telles que les drones, indique le rapport. Auparavant, le plus haut gradé de la Marine avait déclaré que les lasers devraient devenir l'option privilégiée des équipages de navires de guerre confrontés à des drones et à des attaques similaires.

Les opérations récentes menées en mer Rouge et dans ses environs ont mis en évidence la capacité des essaims de drones, combinés aux missiles de croisière et balistiques, à mettre à rude épreuve les défenses aériennes traditionnelles. Les lasers offrent un avantage clé : une capacité de tir quasi illimitée, à condition que les navires disposent d'une alimentation électrique et d'un système de refroidissement suffisants.

Ils promettent également des économies substantielles. À titre de comparaison, un seul missile RIM-116 Rolling Airframe Missile utilisé sur les navires de l'US Navy coûte environ un million de dollars. Cependant, des questions subsistent concernant le test HELIOS, notamment sur la rapidité avec laquelle le système peut passer d'une cible à l'autre et sur le temps nécessaire à la neutralisation de chacun des drones à abattre.

Les lasers ne peuvent engager qu'une seule cible à la fois, leur puissance diminue avec la distance et ils sont affectés par les conditions météorologiques, la fumée et la poussière. Les systèmes embarqués doivent également faire face à l'exposition à l'eau salée, aux mers agitées et aux exigences élevées en matière de refroidissement. À moins d'améliorer la technologie sur ces points faibles, il se pourrait donc que, malgré son efficacité, elle ne se développe pas davantage.