Le gouvernement prépare un exercice de simulation de coupure d'électricité totale à l'échelle du pays, prévu pour le second semestre 2027. La décision a été actée le 8 juillet 2026 lors du Comité interministériel pour la résilience nationale, selon franceinfo.

Aucun foyer ne sera réellement privé de courant. Il s'agit d'un exercice sur table : tout se joue sur des scénarios et des prises de décision à huis clos, sans coupure de courant effective.

Un exercice piloté par le SGDSN

La coordination revient au Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale. Selon le SGDSN, il s'agit de « l'organisation prochaine d'un exercice majeur black-out électrique ». RTE, Enedis, plusieurs ministères et l'administration militaire sont annoncés comme participants.

L'exercice doit mesurer le temps de réaction de l'État face à une coupure généralisée, évaluer le délai de rétablissement du courant et vérifier la capacité à maintenir les services jugés vitaux, notamment les hôpitaux, les transports et les télécommunications. Les autorités devront arbitrer les priorités de redémarrage, puisque tout ne pourra pas redémarrer en même temps. Une vérification de l'état des stocks stratégiques, groupes électrogènes, médicaments et matériel de communication, est également prévue.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a évoqué la nécessité de « recentrer les services de secours sur leur mission fondamentale et adapter notre organisation aux crises à venir ».

Deux précédents ont alerté les autorités

Le SGDSN justifie cette préparation en pointant deux épisodes récents : « attaques informatiques à l'encontre d'infrastructures électriques récemment en Pologne, comme le black-out électrique en Espagne pour d'autres raisons, démontrent le risque de paralysie de la société ».

Le 28 avril 2025, une panne a plongé une grande partie de la péninsule ibérique dans le noir. Plus de 50 millions de personnes se sont retrouvées sans électricité en moins de 90 secondes, selon des bilans relayés par la presse. À Malaga, les rues sont restées éteintes pendant plus de dix heures, et de nombreux habitants n'ont plus pu payer, téléphoner ou s'orienter.

En décembre 2025, le réseau électrique polonais a subi une cyberattaque visant plusieurs centrales, documentée par le CERT Polska. L'attaque a été attribuée à la Russie par les instances européennes.

La France a connu son propre incident le 1ᵉʳ avril 2025 : près de 9 GW de production renouvelable se sont déconnectés en quelques minutes, un épisode consigné sur la plateforme éCO2mix de RTE. Des réserves importantes ont dû être mobilisées pour éviter un black-out généralisé.

Fin 2025, le gouvernement a publié un guide intitulé Tous responsables. Il recommande à chaque foyer de constituer un kit permettant de tenir 72 heures en autonomie minimale.

  • Ce kit doit contenir une radio FM à piles,
  • une ou plusieurs batteries externes déjà chargées,
  • de l'argent liquide,
  • des copies papier des documents d'identité,
  • une lampe torche et quelques piles de rechange.

Le guide conseille aussi de prévoir un peu d'eau, des aliments faciles à conserver et d'anticiper les besoins en médicaments.

Il recommande enfin de fixer un point de rendez-vous familial si les téléphones ne passent plus, et invite à penser à un voisin fragile.

En quelques minutes, une coupure prolongée fait tomber en chaîne la box internet, les assistants vocaux, les serrures connectées et les caméras. Les antennes-relais ne tiennent que 30 minutes à quelques heures sur batterie. Passé ce délai, le smartphone devient inutile et la carte bancaire n'est plus qu'un morceau de plastique.

Le premier réflexe consiste à préserver la batterie de son téléphone : activer le mode économie d'énergie, réduire la luminosité, désactiver Bluetooth et Wi-Fi quand ils ne servent pas, et mettre de côté les applications gourmandes comme TikTok ou YouTube.

Une batterie externe permet de gagner plusieurs heures, parfois plusieurs recharges selon sa capacité, à condition d'avoir été chargée au préalable. Oubliée six mois dans un tiroir, elle ne servira à rien le jour où le courant disparaît.

D'autres réflexes valent d'être pris à l'avance : télécharger des cartes pour un usage hors connexion, garder une ordonnance ou une adresse importante directement sur l'appareil plutôt que dans le cloud, et noter sur papier quelques numéros essentiels, que peu de personnes connaissent encore par cœur.

Certains smartphones récents offrent un dernier recours. Les iPhone 14 et les modèles suivants peuvent se connecter par satellite en l'absence de réseau mobile ou de Wi-Fi. Des Google Pixel disposent d'un SOS par satellite pour contacter les secours dans les zones compatibles. Ces solutions exigent une vue dégagée sur le ciel et restent un recours de dernier ressort, pas un substitut à une connexion Internet classique.

À défaut, une radio à piles permet de suivre les informations sans réseau, et l'argent liquide reste utile si les paiements électroniques ou les distributeurs tombent en panne