Une association non modifiée par le risque génétique de maladie cardiovasculaire (MCV) existe entre un comportement de sommeil de couche-tard, impliquant donc une plus grande variation de la durée du sommeil d'une nuit à l'autre, et un risque constamment plus élevé d'accidents cardio-vasculaires majeurs, selon les résultats d'une étude publiée dans le Journal of the American Heart Association.

Les couche-tard plus en proie aux maladies cardio-vasculaires que les autres, selon une étude

Les chercheurs ont examiné si une plus grande variabilité de la durée du sommeil, un comportement propre aux couche-tard, pouvait aggraver le risque de maladies cardiovasculaires (MCV) incidentes, de manière similaire pour les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et les infarctus du myocarde (IDM), notamment en cas d'associations plus fortes chez les personnes ayant une durée moyenne de sommeil plus courte ou une prédisposition génétique plus importante.

Les chercheurs ont utilisé les données de la UK Biobank (2013-2015, n = 86 219 individus) exempts de MCV et ayant passé 7 jours à se comporter comme des couche-tard en prenant des mesures par accéléromètre. Les participants ont fait l'objet d'un suivi jusqu'en mai 2022 afin de recenser les événements cardiovasculaires majeurs (AVC et IDM, fatals ou non). La UK Biobank est une étude de cohorte prospective incluant plus d'un demi-million de participants âgés de 40 à 69 ans, recrutés entre 2006 et 2010 et ayant fait l'objet d'évaluations physiques et médicales initiales, ainsi que de données sociodémographiques.

Au total, l'étude a recensé 2 310 cas d’événements cardiovasculaires majeurs (1 175 AVC et 1 183 infarctus du myocarde) au cours de la période d’étude. Les participantes présentant une plus grande irrégularité de la durée du sommeil, les couche-tard, étaient généralement des femmes plus jeunes, noires, asiatiques, métisses ou d’autres origines ethniques, qui occupaient un emploi malgré un milieu socio-économique défavorisé et étaient plus souvent fumeuses, avec un indice de masse corporelle plus élevé. Ces participantes étaient également légèrement moins susceptibles d’avoir des antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires.

Mesure des risques chiffres à l'appui

Le risque relatif associé à un rythme de sommeil de couche-tard, à raison d'une heure supplémentaire par rapport à l'écart type de la durée du sommeil était de 1,19 pour les maladies cardiovasculaires, de 1,23 pour l'infarctus du myocarde et de 1,17 pour l'accident vasculaire cérébral, après ajustement pour les antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires et les facteurs sociodémographiques.

Une légère atténuation de ces associations était notable après ajustement supplémentaire pour les comorbidités, les facteurs liés au mode de vie et les facteurs liés au sommeil. De plus, les participants présentant un comportement de couche-tard étaient plus susceptibles de souffrir de dépression et rapportaient une efficacité du sommeil moindre. Les participants âgés de 60 ans et plus présentaient un risque de maladies cardiovasculaires plus élevé associé à une durée de sommeil irrégulière que ceux âgés de moins de 60 ans. Aucune différence significative à signaler dans cette association selon le sexe.

Indépendamment du risque génétique, un comportement de couche tard allait de pair à un risque accru de maladies cardiovasculaires, mais cette association étant aussi plus marquée chez les personnes dormant en moyenne plus de 8 heures par nuit. Des associations encore plus fortes ont été observées lorsque la période de COVID-19 était exclue de l'analyse.

Source : Journal of the American Heart Association