En Espagne, un propriétaire de chien qui enfreint la Ley de Bienestar Animal risque une amende pouvant grimper jusqu'à 200 000 euros, rapporte OkDiario. Ce plafond, fixé par l'article 76 de la loi, sanctionne les infractions jugées très graves. Entre ce montant maximal et un simple avertissement, l'échelle des sanctions compte trois niveaux :

  • de 500 à 10 000 euros pour les faits légers,
  • de 10 001 à 50 000 euros pour les faits graves,
  • et de 50 001 à 200 000 euros pour les faits très graves.

Le classement dépend de plusieurs critères laissés à l'appréciation de la police, notamment le dommage ou la souffrance causés à l'animal, l'intentionnalité et la répétition du comportement.

Cette loi, la Ley 7/2023 du 28 mars 2023 sur la protection des droits et le bien-être des animaux, est en vigueur depuis le 29 septembre 2023. Elle fait depuis l'objet d'une attention renouvelée, à mesure que les inspections se sont intensifiées et que les amendes commencent réellement à tomber.

Parmi les interdictions les plus concrètes pour le quotidien des propriétaires de chiens et de chats, l'article 25 vise tout dispositif destiné à bloquer un animal en un point fixe, qu'il s'agisse d'une corde, d'une chaîne ou d'une laisse. Une exception existe : une prescription vétérinaire répondant au bien-être de l'animal peut justifier l'usage d'un tel mécanisme.

Le même article cible quatre types de colliers jugés préjudiciables : les colliers électriques, qui émettent des décharges pour corriger le comportement, les colliers à impulsions, les colliers de punition dotés de pointes tournées vers le cou, et les colliers étrangleurs, qui se resserrent quand l'animal tire sur la laisse. La loi précise qu'un dispositif vendu comme éducatif ou de dressage n'échappe pas pour autant à l'interdiction s'il peut causer des blessures.

L'article 27, lui, encadre la présence des animaux dans les espaces publics sans la supervision présentielle de leur propriétaire. Un chien ne peut rester sans surveillance plus de 24 heures consécutives ; pour les autres animaux de compagnie, la limite générale est de trois jours. Terrasses, balcons, toits-terrasses, sous-sols, patios ou véhicules sont concernés au même titre que la rue.

Le harnais plutôt que le collier étrangleur

Face à ces nouvelles obligations, des alternatives sont recommandées. Le harnais répartit la pression sur la poitrine et le dos de l'animal plutôt que de la concentrer sur le cou. Un collier traditionnel bien ajusté reste utilisable, à condition qu'il ne se resserre pas lors des tractions. Les laisses multipositions ou plus longues permettent aussi d'adapter la distance pendant la promenade, sans priver l'animal de liberté d'exploration.

En cas de traction persistante ou de problèmes de comportement, la consultation d'un vétérinaire ou d'un professionnel du comportement animal est conseillée, avec des méthodes de dressage qui ne provoquent pas de douleur.

Depuis l'entrée en vigueur du texte, de nombreux propriétaires ont dû revoir leurs habitudes à domicile. Des ustensiles autrefois banals, certaines laisses ou certains dispositifs d'attache, ne peuvent plus être commercialisés. Attacher un chien de façon permanente, même en entrant dans une banque ou un supermarché, peut désormais constituer une infraction sanctionnable.