Une seule enzyme oubliée pourrait bien changer notre façon de dépister certaines maladies digestives. Des chercheurs viennent de percer le secret derrière vos flatulences quotidiennes, et le résultat surprend même les spécialistes du microbiote.
Une équipe internationale de chercheurs a étudié une molécule directement responsable de la principale production d'hydrogène dans le tube digestif humain. Cette enzyme porte un nom, la FeFe-hydrogénase, longtemps restée en marge des recherches sur le microbiote.
Publiée en octobre 2025, l'étude posait une question simple : les chercheurs ont-ils eu du flair en faisant de ce gaz un indicateur pour dépister certaines maladies ?
Plus de 300 génomes passés au crible
Pour y répondre, l'équipe a croisé plus de 300 génomes fécaux et 102 biopsies de l'intestin, complétés par des tests en laboratoire menés sur 19 souches bactériennes cultivées in vitro. L'étude, rapportée par L'Humanité, s'intéresse au rôle de cette enzyme dans les réactions chimiques du microbiote intestinal, un sujet qui suscite depuis quelques années un fort intérêt du grand public comme des chercheurs, entre émissions de radio, reportages télévisés et livres qui lui sont consacrés.
Une quinzaine de pets par jour, en moyenne
La digestion humaine produit entre 0,5 et 1 litre de gaz par jour, soit une quinzaine de flatulences quotidiennes. D'autres travaux avancent une fourchette plus large, entre 13 et 21 fois par jour pour un adulte moyen, une variation qui dépend de l'alimentation, du niveau de stress, de l'activité physique et du microbiote propre à chaque personne.
Ces gaz proviennent d'abord de la digestion : les aliments sont malaxés dans l'estomac avec les sucs digestifs avant de rejoindre les intestins. Les bactéries de la flore intestinale y décomposent certains résidus alimentaires pour s'en nourrir. C'est la fermentation, premier des deux mécanismes à l'origine de la production de gaz. Ces derniers s'accumulent ensuite dans les intestins jusqu'à leur expulsion.
Les pets sont présentés comme bénéfiques, voire essentiels, et jouent le rôle d'une valve de sécurité pour le corps. Trois bienfaits sont identifiés :
- le soulagement de l'inconfort, par la réduction de la pression abdominale et des ballonnements,
- un rôle d'indicateur sur le bon fonctionnement du système digestif,
- l'élimination de substances potentiellement nocives.
Une production excessive de gaz peut néanmoins signaler un déséquilibre alimentaire ou un trouble digestif.
Retenir ses pets, à l'inverse, expose à des ballonnements inconfortables, des douleurs abdominales et une distension abdominale, avec un risque de réabsorption des gaz dans la circulation sanguine. Cette rétention pourrait aussi compromettre l'immunité, l'évacuation des gaz participant à éliminer certaines bactéries indésirables du tube digestif.
Cinq catégories d'aliments favorisent particulièrement la production de gaz :
- les légumineuses (haricots, lentilles, pois chiches), riches en fibres et en sucres complexes prisés par les bactéries intestinales,
- les crucifères comme les choux, brocolis et choux de Bruxelles, dont la teneur élevée en raffinose est la cause principale,
- les produits laitiers, problématiques en cas d'intolérance au lactose,
- les aliments riches en fructose tels que les pommes, poires et cerises,
- et enfin les aliments riches en fibres comme les céréales complètes.
Quelques ajustements suffisent à limiter les désagréments : manger lentement, bien cuire les légumes, s'hydrater suffisamment ou encore recourir aux probiotiques pour rééquilibrer la flore intestinale.
Contrairement à une idée répandue, les femmes ne pètent pas moins que les hommes. La production de gaz intestinaux est un processus biologique universel ; les différences perçues relèvent des comportements sociaux et des tabous, pas de la physiologie.
Les pets contiennent par ailleurs des gaz inflammables, comme le méthane et l'hydrogène, mais en quantité généralement trop faible pour provoquer une réelle combustion.