La Ville de Paris remet en vente l’hôtel Haviland, une demeure néogothique de 611 m² située dans le 17e arrondissement, avec une mise à prix fixée à 3,3 millions d’euros sur Leboncoin.
L’annonce publiée sur Leboncoin présente un hôtel particulier élevé sur trois niveaux, avec un sous-sol et des combles. Le prix de départ représente environ 5 400 euros par mètre carré, un montant inférieur aux niveaux généralement associés aux demeures de prestige dans ce secteur de l’ouest parisien.
La baisse atteint 1,2 million d’euros par rapport à la première mise à prix. Cette décote ne signifie pas que le bâtiment sera vendu pour 3,3 millions d’euros : il s’agit d’un prix de départ susceptible d’évoluer selon les offres déposées.
La première vente avait été organisée le 7 octobre 2025 à la Chambre des notaires de Paris, selon une procédure dite « à la bougie ». Malgré plusieurs visites, aucun candidat n’avait présenté une offre permettant de conclure la transaction.
Un emplacement recherché près du parc Monceau
L’hôtel Haviland se trouve au 29, avenue de Villiers, dans le quartier de la Plaine-Monceau. Il bénéficie d’une localisation proche du parc Monceau, des commerces, des établissements scolaires et de plusieurs équipements culturels.
Le bâtiment comprend également une cour de 56 m². Les espaces intérieurs conservent plusieurs éléments caractéristiques des hôtels particuliers du XIXe siècle : un escalier monumental en bois sculpté, des boiseries, un parquet Versailles, des cheminées d’ornement et une hauteur sous plafond proche de quatre mètres au rez-de-chaussée.
Construit en 1880 par l’architecte Jules Février pour le porcelainier Charles-Edward Haviland, l’édifice est présenté comme un exemple d’architecture néogothique parisienne.
Un prix attractif assorti de fortes contraintes d’usage
Le montant demandé peut sembler bas au regard de la surface et de l’adresse. Le dossier comporte pourtant une contrainte susceptible de limiter fortement le nombre d’acheteurs.
Le bien est actuellement affecté à un usage d’équipement d’intérêt collectif et de service public, ou EICSP. Cette classification issue du plan local d’urbanisme encadre sa future utilisation. Une transformation classique en bureaux ou en résidence privée ne paraît donc pas immédiatement possible sans évolution administrative ou autorisation adaptée.
Selon Capital, plusieurs visiteurs de la première vente envisageaient une utilisation en bureaux, incompatible avec l’affectation prévue. Cette restriction peut expliquer une partie de l’écart entre le prestige apparent du bien et sa mise à prix.
Le futur acquéreur devra aussi intégrer les coûts de rénovation, de mise aux normes et d’entretien liés à un bâtiment ancien de cette dimension.
Un bâtiment passé entre plusieurs institutions
La Ville de Paris a acquis l’hôtel particulier en 1978 auprès de la République de Corée, qui y avait installé son ambassade après la Seconde Guerre mondiale.
Le conservatoire Claude-Debussy a ensuite occupé les lieux entre 1982 et 2013. La Maison de l’Europe y a établi son siège de 2017 à 2024.
La municipalité considère désormais que l’immeuble n’est « ni utile ni nécessaire à la délivrance des services publics rendus aux Parisiens », selon la formulation reprise par Le Figaro Immobilier et CNews.
Une cession contestée au nom du patrimoine
La mise en vente suscite les critiques de plusieurs élus et associations. Le maire du 17e arrondissement, Geoffroy Boulard, avait demandé la suspension de la première procédure, estimant que la Ville s’apprêtait à céder « un trésor historique et culturel » sans projet d’intérêt général clairement défini.
L’association Paris Historique a, pour sa part, évoqué des risques de « privatisation » et de « dénaturation » du site.
Geoffroy Boulard critique également la baisse de la mise à prix. Il estime que la municipalité cherche à obtenir une recette ponctuelle en cédant un actif patrimonial dans des conditions financières défavorables