Découvrez comment une batterie géante en Suisse pourrait révolutionner l'énergie pour 200 000 foyers !
La Suisse construit une installation de stockage d'électricité à Laufenburg, dans le canton d'Argovie. Près de la frontière allemande, le chantier accueille une batterie à flux de vanadium enterrée, conçue pour stocker l'électricité renouvelable excédentaire et alimenter jusqu'à 200 000 foyers. Le projet vise deux objectifs : fournir une électricité plus propre et offrir une capacité de stockage à grande échelle pendant les périodes de faible production.
Laufenburg : un site qui a du sens
Laufenburg a été retenue pour sa proximité avec les lignes à haute tension, qui facilite le raccordement de l'installation au réseau national. Le site a aussi un passé électrique : en 1958 y est né le premier réseau européen interconnecté, l'Étoile de Laufenburg. Le projet renoue avec cette histoire.
Le chantier est de grande ampleur. Une fosse de 27 mètres de profondeur et de 168 mètres de long, soit plus que deux terrains de football alignés, a été creusée pour accueillir la batterie à flux de vanadium, rapporte le magazine Science et Vie. Enterrée, l'installation est protégée des intempéries et reste invisible en surface. Elle constitue une réserve qui complète les panneaux solaires et les éoliennes répartis en Suisse.
La techno et les performances de la batterie
La batterie démarre avec une capacité de 1,5 GWh, portée à 2,1 GWh lors d'une phase ultérieure. Contrairement aux batteries au lithium, elle stocke l'énergie dans des électrolytes liquides logés dans de grandes cuves, un format modulable. La technologie vient de la société Invinity Energy Systems. Elle est ininflammable, donc sûre, et durable : ses électrolytes « ne s'usent presque pas ».
Le système convient au stockage de longue durée. Sa densité énergétique reste inférieure à celle des batteries au lithium, mais le volume des cuves compense cette limite.
Les retombées locales et environnementales
Au-delà du stockage, le site abritera un centre technologique de 20 000 m², avec des bureaux, des laboratoires et des serveurs dédiés à l'intelligence artificielle. Ces serveurs lisseront la demande du centre de données voisin et amélioreront l'efficacité des infrastructures. La chaleur qu'ils dégagent sera récupérée pour alimenter un réseau de chauffage urbain, ce qui doit éviter 83 700 tonnes de CO2 sur trente ans.
L'investissement est estimé entre 0,95 et 4,75 milliards d'euros. Il devrait mobiliser des ressources locales, créer près de 300 emplois et soutenir l'économie de la région.