Un robot de 4 mètres capable de soulever 500 kilos mais incapable de marcher : la Chine mise gros sur l'hydraulique pendant que le reste du monde passe à l'électrique. Pari fou ou coup de génie industriel ?
NeodraDynamics a présenté Neo1, un robot humanoïde de 4 mètres de haut, à l'occasion du China International Industry Fair, qui s'est tenu à Shanghai en octobre 2026. L'entreprise pékinoise a montré sa machine aux côtés de JD Industrial, la branche logistique du géant chinois JD.com.
Le robot vise les tâches dites « 4D » : dangereuses, sales, difficiles et monotones. NeodraDynamics cite le démantèlement nucléaire, le forage minier, les plateformes pétrolières offshore et la manutention portuaire comme débouchés visés, avec l'ambition de remplacer les ouvriers dans les environnements où le risque mortel domine. Aucune de ces capacités n'a toutefois été vérifiée de manière indépendante sur le terrain.
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Une architecture hydraulique à contre-courant
Neo1 pèse 1,2 tonne et compte 41 degrés de liberté, c'est-à-dire autant d'articulations contrôlées indépendamment. Trente-neuf d'entre elles reposent sur des vérins hydrauliques compacts, dont le fonctionnement rappelle celui du bras d'une pelleteuse miniature : un piston déplacé par de l'huile sous pression. Seules les deux articulations qui assurent la rotation des avant-bras utilisent des moteurs électriques.
Chaque actionneur pèse environ un kilogramme mais délivre une poussée continue d'une tonne. Le robot peut soulever jusqu'à 500 kilos avec ses deux bras, ou 300 kilos avec un seul, sur un rayon d'action de 1,7 mètre. NeodraDynamics annonce par ailleurs une tolérance thermique allant de -50 °C à 250 °C.
Ce choix de l'hydraulique va à rebours de la tendance actuelle des machines tout-électriques de taille humaine. Boston Dynamics avait mis son robot Atlas, hydraulique, à la retraite en 2024 pour passer à une motorisation électrique. NeodraDynamics justifie au contraire le maintien de cette technologie par sa capacité à encaisser des chocs violents et par une densité de puissance supérieure.
Le prototype reste cependant loin de l'autonomie. Il est pour l'instant commandé à distance et exécute des séquences préprogrammées via un ordinateur distant. Son « cerveau IA » n'est pas au point, il n'a pas encore de batterie et fonctionne sur câble. Surtout, il ne sait pas marcher : le système de contrôle du mouvement reste inachevé.
Pour Cui Dalong, représentant de NeodraDynamics, « la marche bipède n'est pas la priorité pour les applications industrielles ». L'entreprise prévoit de greffer le torse et les bras de Neo1 sur un châssis à roues pour les premiers tests, prévus dans les installations de JD Industrial.
La Chine domine déjà le marché des robots humanoïdes
Ce lancement s'ajoute à une série de démonstrations chinoises sur le segment des robots géants. En mai 2026, Wang Xingxing, fondateur d'Unitree Robotics, s'était installé dans le thorax du GD01, un mécha pilotable pesant 500 kilos et vendu 650 000 dollars, capable de passer de deux à quatre pattes et de défoncer un mur en parpaings.
Le Japon avait ouvert la voie sur ce terrain avec un Gundam de 18 mètres à la mobilité très limitée, et un robot présenté par Tsubame Industries en 2023.
Sur le marché plus large de la robotique humanoïde, les entreprises chinoises ont capté près de 90 % des ventes mondiales en 2025, selon le cabinet d'études Omdia. L'Optimus de Tesla, de son côté, n'a comptabilisé que 150 exemplaires sur la même période.