La France sort tout juste d'un épisode caniculaire qualifié d'historique, qui a relancé le débat sur la préparation du pays face aux fortes chaleurs. À peine remis, citoyens et experts s'inquiètent déjà d'un possible retour des températures élevées, voire d'une nouvelle canicule. Le sujet mêle météo et décisions politiques, et il pose une question simple : sommes-nous prêts à gérer ces épisodes quand ils se répètent ?

Météo : pourquoi on reste sur le qui-vive

Météo-France, l'organisme national de prévision, juge « probable » un scénario de fortes chaleurs pour la semaine du 6 au 13 juillet. Un anticyclone, c'est-à-dire une zone de haute pression, pourrait s'installer entre la France et les îles Britanniques et bloquer les perturbations censées faire baisser le mercure. Cette configuration ouvrirait la porte à un flux de sud chargé d'air subsaharien. Les prévisions évoquent aussi la formation possible d'un « dôme de chaleur » sur l'Europe entre le 7 et le 10 juillet.

Côté thermomètre, Météo-France table sur des valeurs autour de 35 °C ou 36 °C pendant cette période de canicule. Sur les réseaux sociaux, l'internaute Jeo Albant, basé en Turquie, avance lui des pics de 43 à 45 °C en France, une estimation qui a fait réagir. Le compte Météovillages range ces seuils dans deux catégories : « très fortes chaleurs » au-delà de 35 °C, « chaleurs extrêmes » au-delà de 40 °C. Pour l'instant, rien ne signale clairement un retour à des chaleurs extrêmes.

Comment on se prépare à cette canicule ?

Sur le plan politique, le gouvernement est sous pression. Le débat enfle autour de la surmortalité liée à la canicule récente, même si les chiffres précis ne sont pas encore publiés. Face aux inquiétudes, le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué une nouvelle cellule interministérielle de crise le lundi 29 juin. La ministre de la Transition écologique Monique Barbut a, de son côté, évoqué sur France Inter de « fortes probabilités » de voir revenir des « chaleurs extrêmes » entre le 6 et le 14 juillet.

Le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF), tout comme La Chaîne Météo et Météo Consult, surveille la situation de près. Régis Crépet, prévisionniste à Météo Consult, et d'autres experts appellent à éviter l'alarmisme, tout en rappelant qu'une meilleure préparation limiterait les dégâts.

Ce que ça pourrait entraîner pour la suite

Un retour des fortes chaleurs aurait des conséquences lourdes, en particulier dans le Sud-Ouest, sur la moitié sud du pays et le pourtour méditerranéen, où le thermomètre pourrait dépasser 30 °C. Les nuits moites et les journées étouffantes annoncées compliqueraient le quotidien des Français, et l'agriculture pourrait souffrir si les perturbations se font rares.

Les réseaux sociaux alimentent aussi l'inquiétude. La formule de Jeo Albant, « Les portes de l'enfer restent grandes ouvertes pour l'Europe », circule largement. Plus largement, les interrogations sur la suite de l'été, avec un risque de canicule possible vers la fin juillet, ramènent toujours à la même question : saurons-nous encaisser collectivement la répétition de ces phénomènes ?