La chaleur estivale, surtout pendant les canicules, met beaucoup de foyers français à rude épreuve. Le réflexe le plus courant consiste à fermer les volets pour garder la fraîcheur à l'intérieur. Mais cette habitude est-elle vraiment efficace sur le plan énergétique et thermique ? Elle l'est, mais elle ne suffit pas toujours : pour qu'un logement reste confortable pendant ces périodes, elle doit s'intégrer à une approche d'ensemble.

Les volets, une barrière thermique passive

Le principe physique est simple : une grande partie de la chaleur qui entre dans une maison provient du rayonnement solaire qui traverse les vitres. En bloquant ou en réduisant ce rayonnement avant qu'il n'atteigne le vitrage, les volets forment une barrière thermique passive. D'après l'ADEME, protéger les ouvertures compte parmi les moyens les plus efficaces pour limiter la surchauffe estivale. Les vitrages exposés au soleil laissent passer l'énergie, qui se transforme en chaleur et reste piégée à l'intérieur. D'où l'intérêt de couper cette source dès le matin.

Tous les dispositifs n'ont pas la même efficacité. Les volets extérieurs, roulants ou battants, restent les plus performants : ils interceptent le rayonnement avant qu'il n'atteigne les fenêtres. Les stores extérieurs créent une zone d'ombre et peuvent faire encore mieux en empêchant le vitrage de chauffer. Les rideaux intérieurs n'agissent qu'une fois la chaleur entrée, leur effet est donc plus limité.

Quand fermer les volets : le bon timing et l'effet « thermos »

Météo-France conseille de fermer les volets dès que la température extérieure dépasse celle de l'intérieur. L'objectif est de réduire les apports de chaleur pendant la journée, puis de profiter du renouvellement d'air la nuit ou tôt le matin, aux heures les plus fraîches. Même dans un logement bien isolé, ventiler la nuit reste indispensable pour éviter un effet « thermos », rappelle l'ADEME.

Cela vaut surtout pour les bâtiments anciens, où la chaleur s'infiltre par les points faibles. Les constructions récentes équipées de protections solaires conservent plus facilement des températures stables en journée.

Ce qu'il faut faire en plus des volets

Fermer les volets est un bon réflexe, mais cela ne suffit pas. La composition du bâtiment, la ventilation naturelle et la conception générale pèsent lourd dans le confort thermique. L'Organisation mondiale de la santé recommande plusieurs mesures complémentaires :

  • s'hydrater régulièrement,
  • limiter l'usage des appareils électriques qui dégagent de la chaleur,
  • adapter son rythme de vie aux heures les plus chaudes.

Au besoin, des ventilateurs ou des climatiseurs mobiles peuvent réduire la sensation de chaleur dans le logement.