Il dépense chaque année 1,8 million d'euros pour retarder son vieillissement. Le 30 juin, Bryan Johnson, multimillionnaire américain de 48 ans surnommé le « biohacker », a pourtant publié sur X un message annonçant qu'il était atteint d'une maladie.

L'ironie n'a pas échappé aux observateurs de ce personnage, qui affirme avoir réussi à réduire son vieillissement de 31 ans. Convaincu que la science permet désormais d'envisager sérieusement une existence sans fin, l'entrepreneur avait résumé sa philosophie en une phrase : « Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, on peut dire très sérieusement » que la mort n'est pas inévitable.

Une gastrite auto-immune diagnostiquée

Le diagnostic tombe pourtant sans détour. Karim Bennani, journaliste pour TF1, précise qu'il s'agit d'« une gastrite auto-immune, [...] une maladie qui affecte à la fois la thyroïde et la paroi de l'estomac. Elle est appelée maladie de Biermer. » Selon Bryan Johnson lui-même, entre 2 et 5 % de la population en serait atteinte.

Cette pathologie, également connue sous le nom d'anémie pernicieuse, provient d'une carence en vitamine B12 causée par un problème d'absorption. Son traitement classique repose sur un apport substitutif à vie en vitamine B12.

Mais Bryan Johnson n'entend pas s'en tenir à ce protocole standard. Selon Karim Bennani, il a annoncé vouloir « essayer et réussir à régler le problème » grâce à « des injections de vitamines et des perfusions de fer ». Il compte aussi mobiliser des anticorps conçus sur mesure à l'aide de l'intelligence artificielle, ainsi que des protéines de synthèse, des outils qui dépassent largement le cadre du traitement habituellement prescrit pour cette maladie.

Le quotidien de cet homme qui refuse de vieillir a de quoi surprendre. TF1 a suivi son emploi du temps : 60 pilules avalées au petit-déjeuner, un coucher fixé à 20 h 30, et onze heures sans manger chaque jour. Une discipline de fer censée retarder chaque signe de déclin, mise à mal par l'annonce de sa maladie.

Deux médecins ont analysé cette routine pour TF1. Leur regard porte sur les bienfaits, réels ou supposés, de ce mode de vie, mais aussi sur les limites de ce que Bryan Johnson appelle lui-même le « biohacking ». Le décalage entre la promesse d'un corps sans faille et l'apparition d'une pathologie auto-immune reste, pour l'instant, le fait le plus marquant de ce dossier.