Microsoft a annoncé, lundi 26 octobre 2026, l'ouverture d'un programme de départ volontaire à durée limitée. Selon les précisions données par l'entreprise au média CRN, environ 60 000 employés pourraient être éligibles à cette offre, soit environ 27 % des 223 000 salariés à temps plein recensés dans le rapport annuel de Microsoft au 30 juin 2026.

Le dispositif s'adresse au personnel de niveau interne 70 et en dessous, au sein des équipes participantes, au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada et en Inde. Il ne couvre pas l'ensemble des salariés de ces pays. Amy Coleman, vice-présidente exécutive et directrice des ressources humaines de Microsoft, a indiqué que les employés participants pourraient recevoir un soutien financier et une aide à la planification de carrière.

Être éligible ne signifie pas partir. Microsoft n'a pas dit que 60 000 personnes quitteraient l'entreprise et n'a pas communiqué le nombre de salariés ayant accepté l'offre. L'entreprise présente le programme comme un moyen d'offrir des choix à ses employés tout en répondant à l'évolution de ses besoins.

Elle a aussi contesté le terme de rachat, affirmant ne proposer aucune incitation financière à partir, et a précisé au Register que ces besoins changeants ne devaient pas être interprétés comme une référence à l'automatisation par l'intelligence artificielle.

Cette annonce intervient quatre jours après la publication, le 22 octobre 2026, d'un entretien de Bill Gates, cofondateur de Microsoft, dans le podcast Decoder animé par Nilay Patel. Les deux développements répondent toutefois à des logiques distinctes : Gates y évoquait la relation de l'humanité avec les technologies émergentes, pas une politique d'emploi de Microsoft.

Gates prédit 20 ans de transition instable

Dans cet entretien rapporté par People, Gates anticipe une période instable avant que l'intelligence artificielle ne délivre ses plus grands bénéfices économiques, sur une durée d'environ 20 ans. Il résume cette période comme marquée par des gagnants et des perdants, et par beaucoup de perturbations.

Selon lui, l'IA pourrait transformer le droit, la médecine et l'éducation, et des robots humanoïdes pourraient un jour prolonger cette transformation vers le travail physique, en construisant des maisons, en cultivant des aliments ou en réalisant des opérations chirurgicales. Gates reconnaît une incertitude sur ce calendrier, notamment sur la capacité des robots à atteindre un niveau de performance suffisant.

Il appelle les gouvernements à instaurer des règles de sécurité plus strictes pour l'IA avancée, estimant que les entreprises technologiques concurrentes ne peuvent pas superviser seules la sécurité de ces systèmes. Il met en garde contre le risque que des IA puissantes soient détournées pour des cyberattaques ou des dommages biologiques.

Il reconnaît aussi des bénéfices substantiels, notamment un meilleur accès aux soins de santé et à l'éducation, et situe le défi dans la gestion de la transition entre les schémas d'emploi actuels et une économie plus automatisée.

Une comparaison avec les Amish

Gates estime que le progrès technique n'a pas à dicter toutes les activités humaines. Il cite la garde d'enfants, la cuisine, le sport et l'art comme des activités qui pourraient rester délibérément assurées par des humains, même si des machines pouvaient les accomplir plus efficacement. Sa comparaison avec les communautés Amish porte sur une adoption sélective de la technologie, pas sur un rejet universel de la vie moderne.

Gates affirme que de vrais choix s'offriront à l'humanité, et suggère que s'entraider et créer des œuvres originales pourraient rester des sources de sens, quel que soit le niveau d'automatisation atteint.

Les salariés concernés par l'offre de Microsoft, eux, doivent se décider sur une période limitée, bien avant que ces perspectives à 20 ans ne se concrétisent.