Saviez-vous que des IA ont tenté de décrocher le bac de philo ?
En 2026, le bac de philosophie reste une épreuve redoutée de la filière générale française. Cette année, plus de 530 000 lycéens s'y sont préparés. Nous avons aussi soumis les mêmes sujets à des intelligences artificielles (IA).
Les IA face aux sujets du bac
Parmi les sujets proposés aux IA figuraient « Avons-nous la maîtrise de nos paroles ? » et « Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ? ». Valérie Bonnet, vice-présidente de l'Association des professeurs de philosophie de l'enseignement public (APPEP), interrogée par TF1, a accepté d'évaluer ces copies rédigées par des agents conversationnels comme Gemini et Claude. Chaque IA devait se mettre dans la peau d'un lycéen de 18 ans, sérieux mais modeste, et traiter ces problématiques classiques avec un ton jeune et actuel.
Dans l'essai rendu par Claude sur le bonheur, l'accroche était : « on rentre d'une super soirée, on est de bonne humeur, et on apprend qu'un ami traverse une période difficile ». En mobilisant Épicure et Kant, l'IA a déroulé sa réflexion en trois étapes. Elle a conclu qu'on peut être heureux, mais qu'un bonheur faisant abstraction de la souffrance d'autrui risque de sonner creux.
Les notes et l'évaluation
Claude et ChatGPT ont chacun obtenu 11,5/20, une note comparable à celle d'un lycéen sérieux mais non universitaire. Gemini a reçu 9,5/20, pénalisé par des erreurs de registre et un manque de transitions. Valérie Bonnet s'est dite surprise : les recherches lui semblaient souvent superficielles et l'effet rhétorique prenait parfois le pas sur l'analyse.
Même quand la structure tenait, les copies n'ont pas atteint la profondeur attendue. La correctrice a relevé des erreurs conceptuelles, par exemple la confusion entre « maîtrise » et « contrôle total », ou un traitement trop simpliste de la « parole », ce qui a réduit la pertinence des essais.
Ce que ça dit pour l'avenir
L'exercice montre les capacités et les limites actuelles des IA, y compris pour des agents performants comme Gemini et Claude. Il laisse ouvertes les questions sur l'avenir de l'éducation et sur le rôle de l'IA auprès des étudiants. « Ce qui me frappe dans les deux copies, c'est que le sujet est analysé très superficiellement… », a déclaré Valérie Bonnet, qui voit une marge de progression dans l'usage pédagogique des IA.