Le 30 juin 2026, deux astronautes américains sont sortis dans l'espace pour réparer le bras robotique Canadarm de la Station spatiale internationale (ISS). L'opération devait durer six heures et demie. Jessica Meir et Christopher Williams, tous deux habitués des sorties extravéhiculaires, avaient pour tâche de remplacer un joint d'articulation défectueux sur ce bras de plus de 17 mètres. La pièce pèse plus de 90 kg sur Terre.

On a suivi l'opération de près

L'opération était dirigée par Bill Spetch, responsable de la maintenance à la NASA. Depuis la Cité de l'Espace à Toulouse, Benjamin Peter la commentait pour Franceinfo. « On ne sort pas dans l'espace pour le plaisir. C'est dangereux, il y a donc tout un cahier des charges à suivre », expliquait-il. La sortie était d'autant plus délicate que l'ISS vieillissait : ses modules russes présentaient par exemple des fuites.

Les deux astronautes portaient des scaphandres américains EMU (Extravehicular Mobility Unit), des tenues rigides dans lesquelles ils devaient malgré tout rester mobiles. La préparation est passée par la respiration d'oxygène pur, « un peu comme pour se préparer à une plongée », précisait Benjamin Peter. Une liaison radio et une ligne de vie les reliaient à la station pendant toute cette sortie de maintenance.

Préparation et savoir-faire à bord

À l'intérieur, les deux astronautes pouvaient compter sur leurs collègues. L'équipage du Crew 12, dont faisait partie la Française Sophie Adenot, les a aidés à enfiler et à retirer leur scaphandre et a coordonné la logistique de la sortie. Le Canadarm, en service depuis 2001, a fêté ses 25 ans. Il sert à déplacer le matériel et les modules autour de la station. Un problème de mobilité avait été repéré en mai 2026, et le premier diagnostic de la NASA avait conduit à remplacer la pièce défectueuse pour éviter que la panne ne s'aggrave.

La sortie rappelait des interventions passées, comme celle de Philippe Perrin en 2002, qui avait déjà remplacé une articulation du Canadarm. Cette expérience accumulée comptait d'autant plus que l'ISS doit être désorbitée vers 2030.

Logistique et défis techniques

Pendant six heures et demie, les astronautes ont fourni un effort physique proche de celui d'un marathon. Ils ont progressé le long de filins et d'échelons fixés à l'extérieur de la station pour démonter puis remonter les éléments du bras. À Toulouse, la Cité de l'Espace, qui présente une exposition permanente sur la station Mir, fait connaître ce type d'opération au grand public.

Les sorties extravéhiculaires restent rares et ne sont programmées qu'en cas de réelle nécessité, rappelait Benjamin Peter. Celle du 30 juin 2026 visait à maintenir les opérations de l'ISS et à préserver la continuité des expériences scientifiques menées à bord.