À l'ouest de Montréal, une commune de 2 000 habitants a décidé de reconnaître des droits aux arbres. Une résolution votée à l'unanimité. Elle s'appuie sur une déclaration internationale et rejoint des démarches déjà engagées ailleurs dans le monde.
Selon Radio Canada, la petite ville de Terrasse-Vaudreuil, à l'ouest de Montréal, reconnaît désormais les arbres comme des êtres vivants dotés de droits propres. Le conseil municipal a adopté cette résolution à l'unanimité le 9 juin. Le texte affirme que les arbres méritent d'être protégés et qu'ils ont le droit de vivre, de grandir et de se régénérer.
Qui est derrière l'idée ?
À l'origine de la démarche, le maire de Terrasse-Vaudreuil. Michel Bourdeau, met en avant leur rôle face au changement climatique. « En matière de lutte contre le changement climatique, nos meilleurs alliés, ce sont les arbres. ». Les conseillers municipaux ont aussi été marqués par le message d'André Desrochers. Le cinéaste québécois et auteur du film « Des arbres et des arts », nourrit une perception locale qu'ils sont comme des êtres proches des humains. La ville n'est pas la première à s'engager sur ce terrain. La Nouvelle-Zélande et la Colombie ont déjà accordé une personnalité juridique à des éléments naturels. « Nous devons comprendre que les arbres ont une dignité et qu'ils possèdent des sens », déclare Yenny Vega Cardenas, présidente de l'Observatoire international des droits de la nature. Au Québec, une démarche comparable avait eu lieu en 2021, quand ils ont reconnu une personnalité juridique à la rivière Magpie.
Engagements auprès des arbres
Terrasse-Vaudreuil, qui compte environ 2 000 habitants, prévoit plusieurs mesures. La ville va réexaminer ses règlements pour garantir la protection des arbres, ou leur remplacement lorsqu'un abattage est nécessaire. Le maire ne croit pas que cela freinera le développement urbain. En effet, « la Ville ne dispose plus de terrains libres sur lesquels construire ». La municipalité veut aussi étendre le couvert forestier. Par exemple, en offrant des arbres aux habitants pour qu'ils les plantent eux-mêmes.
Michel Bourdeau qualifie d'ailleurs les arbres d'« infrastructure verte ». Ils réduisent les îlots de chaleur, améliorent la qualité de l'air, participent à la gestion des eaux pluviales et protègent la biodiversité.
Ce que cela change sur le plan moral et juridique
Le cadre adopté s'appuie sur la Déclaration universelle des droits de l'arbre, à laquelle Terrasse-Vaudreuil adhère. Le texte présente les arbres comme des êtres vivants et un bien commun de l'humanité. Ils sont indispensables à la vie sur Terre. Karine Péloffy, avocate chez Ecojustice, établit un parallèle avec la personnalité juridique des entreprises. " Pourquoi des entités non vivantes comme les entreprises peuvent avoir une personnalité juridique, mais pas des arbres qui respirent et vivent ? "
Cette reconnaissance donne aux arbres une portée juridique et philosophique nouvelle, et invite à agir dans un esprit de « fraternité et de solidarité ». Terrasse-Vaudreuil encourage d'autres communautés à revoir leur rapport à la nature.