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    The Great Ace Attorney Chronicles prépare une défense en béton, nos impressions

The Great Ace Attorney Chronicles prépare une défense en béton, nos impressions

Par Gianni Molinaro - publié le
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Voilà bientôt 20 ans que Capcom nous laisse jouer les Perry Mason - ou n'importe quel héros de série nous emmenant à la cour de justice - virtuels. Rien que pour cela, on peut les remercier. Mais lorsque l'on regarde attentivement la lignée des Ace Attorney, on réalise que les occidentaux ont été oubliés à plusieurs reprises. Justice va être rendue très bientôt, avec la sortie compilée de deux épisodes supervisés par le très génial créateur de la série, Shu Takumi. Et nous avons déjà pu nous y plonger dans la langue de Shakespeare.

Eh oui, il ne faut pas rêver. The Great Ace Attorney Chronicles n'arrivera chez nous qu'en anglais. Pas de patch français ultérieur pour cette "collection" regroupant The Great Ace Attorney : Adventures et The Great Ace Attorney 2 : Resolve. Mais pas d'objection pour autant. Il y a encore 3 mois, nous pensions que ce diptyque resterait réservé à l'archipel nippon sur 3DS et mobiles. Alors s'armer d'un dico ou de Google Trad dans les moments durs, finalement, on peut s'y faire. Surtout que les premières heures passées sur l'épisode inaugural sont clairement encourageantes. Voire électrisantes. 

Accusé, levez-vous SVP

Rappelons l'essentiel : dans The Great Ace Attorney Chronicles, on incarne l'ancêtre de Phoenix Wright, Ryunosuke Naruhodo, étudiant japonais qui s'apprête un peu malgré lui à devenir un avocat de talent. Au programme, deux épisodes découpés en cinq actes (chacun correspond à une affaire), nous baladent entre le Japon ère Meiji et le Londres Victorien. Dans un mélange de point and click et visual novel très bavard, il sera toujours question d'enquêter, trouver des preuves, mener des interrogatoires et réussir à rétablir la vérité. Autant avec une prise en mains classique qu'avec des commandes 100% tactiles sur Switch, pour la précision.

Les inconditionnels du magistrat à la coupe de porc-épic et de son poulain Apollo Justice ne seront pas dépaysés. Dès la première affaire, sorte de tutoriel au tribunal, on retrouve les codes de la série, tant visuels que sonores. Un fond très sérieux, on parle tout de même d'un procès pour un meurtre perpétré en plein milieu d'un restaurant, avec une approche complètement farfelue. Face à notre héros, dans le box du procureur, on retrouve avec un plaisir malsain un visage connu. L'ancêtre de Victor Boulay/Winston Payne s'appelle Taketsuchi Auchi, et il va lui aussi déguster de l'objection.

Faute de preuve...

Le déroulement ne surprend pas. On nous présente des faits : un homme est mort d'une balle en pleine poitrine. L'accusé a été vu un pistolet à la main un instant après. Les témoins sont formels. Commence alors une remontada judiciaire dans laquelle la moindre incohérence doit être trouvée et exploitée. Est-ce que tout le monde est bien sûr de ce qu'il a vu ? En jetant un oeil de plus près au cadavre ou à l'environnement proche, n'y a-t-il pas une FAILLE ? Ne manque-t-il pas quelqu'un à l'appel ? La joute qui s'en suit ne manque pas de rebondissements, bien amenés, ni d'échanges épiques et percutants comme une sortie de Hugo Lloris sur Danilo.

Et jusqu'au verdict final du juge, on a notre dose d'objets suspects, de déclarations foireuses, de personnages exubérants qui vont dévoiler des mimiques irrésistibles alors que se révèle leur vrai visage. On y trouve son compte en matière de triturage de méninges et d'écriture ciselée. Mais rien de neuf par rapport à la formule habituelle, si ce n'est que, lorsque plusieurs personnes sont à la barre, on peut presser une réaction suspecte pour débloquer de nouvelles options et ainsi poursuivre sa logique. Est-ce à dire qu'il n'y a rien d'autre de nouveau à se mettre sous la dent ? Les fans s'en contenteraient. Mais, il y a bien du changement.

Les brouillards de Londres

Nous reviendrons sur la présence de Herlock Sholmes, emprunt sympathique à Maurice Leblanc pour éviter des problèmes de droits hors du Japon, et à la mécanique de "Danse de la Déduction" qui l'accompagne dans le test. Pour l'heure, abordons un changement important lorsqu'il s'agit de plaider dans une cour anglaise. Outre un procureur aux allures de vampire qui semble à la hauteur côté punch line et poses improbables, il y a un système judiciaire très différent. Il faut cette fois convaincre six jurés de faire littéralement pencher la balance. Objectif non-coupable.

Cela permet d'introduire plusieurs choses - qui n'ont rien d'occulte, au cas où vous vous poseriez la question. D'abord, toujours plus de seconds rôles tordants. Ensuite une mécanique "d'attaque de cohérence" supplémentaire. L'"Examen de synthèse" vous fait redresser une situation désespérée en démontrant que deux jurés tiennent des propos contradictoires. Très simple dans l'exécution. Y parvenir, c'est encore une fois déclencher des échanges spectaculaires au sein de la cour et donner de l'air à un client qu'on... a juré d'innocenter. Toujours plaisant, avec une 3D en Cel-Shading impeccable et une mise en scène énergique. Pour sûr, il nous tarde d'en voir le bout et découvrir jusqu'où le scénariste va encore nous emmener.

ON L'ATTEND... SANS AUCUNE OBJECTION
Nous sommes à quelques semaines du verdict et bien loin d'avoir passé en revue toutes les pièces à conviction, mais les heures passées avec une version traduite The Great Ace Attorney : Adventures ont du mal à éveiller en nous le moindre doute raisonnable. Le portage s'annonce d'ores et déjà très propre et certaines surprises ressemblent bien à du Shu Takumi, délicieuses, donc. Pouvoir en profiter en anglais sera un luxe à côté duquel les fans occidentaux ne devraient pas passer. En attente du jugement, le 27 juillet prochain sur PS4, PC et Nintendo Switch, et parce qu'il a l'air de bonne foi dans sa proposition "entre tradition et modernité", nous avons déjà envie de défendre The Great Ace Attorney Chronicles bec et ongles.

Galerie photo The Great Ace Attorney Chronicles - 7 images (cliquez pour zoomer)

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