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    Hitman 3 : On y a joué, et ça sent le crime parfait

Hitman 3 : On y a joué, et ça sent le crime parfait

Par Gianni Molinaro - publié le
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Plus de vingt ans après sa première mission, à l'époque pour le compte d'Eidos Interactive, l'Agent 47 s'apprête à prendre du repos. Hitman 3, qui arrive dans quelques jours, sera son dernier coup - ce qui laissera le champ libre à IO Interactive pour se mettre un peu plus sérieusement sur un projet qui sent le vodka martini à plein nez. La gorge nouée à l'idée d'un au revoir qui arrive un peu trop vite, nous avons pu nous plonger quelques heures dans le dernier chapitre de la trilogie du Monde de l'Assassinat. Et il est permis de penser que le porte-flingue au code-barre va, contrairement à ses habitudes, laisser des traces.

On le sait depuis un moment : une fois encore, ce sont six environnements dans lesquels nous serons amenés à déambuler, à la recherche de cible(s) à occire. Si possible avec sérieux et classe. En tout cas sans se faire repérer et en évitant les bavures si pénalisantes pour la progression. Les deux premiers niveaux de Hitman 3 n'ont pas l'intention de nous faciliter la tâche. Tous deux naviguent dans des styles assez différents. D'un côté, une foule étouffante et des milliers de paires d'yeux auxquels il faudra échapper, de l'autre, un manoir certes surveillé et bien moins peuplé mais dont les murs semblent avoir des oreilles, si ce n'est pas davantage.

Dubaï bye

Les festivités démarrent à Dubaï, pour des raisons scénaristiques que nous nous garderons bien de vous révéler. De toute manière, comme cela a pu être le cas avec les deux précédents volets, la trame principale ne semble toujours pas avoir droit à un traitement très engageant. Peu importe pourquoi 47 doit accomplir ces derniers contrats, pourrait-on se dire : l'important, c'est comment l'on va s'y prendre. Parce que les développeurs danois ont décidément plaisir à vouloir diffuser des ambiances à la James Bond, comme lors de l'excursion à Sapienza, c'est après un saut en parachute que l'on se retrouve à proximité du sommet d'un des plus hauts gratte-ciel du monde, le Burj Al-Ghazali. Escalade à plusieurs centaines de mètres d'altitude sans la moindre goutte de sueur. Nouveau gadget, une caméra qui permet parfois de hacker à distance, étrenné pour ouvrir une fenêtre - son caractère indispensable pour la suite de l'aventure restera à prouver. Un passage par des conduits étroits pour se retrouver dans le vestiaire d'un événement très guindé, avec un costume impeccablement enfilé, pli du fer encore visible. Une montée des marches honorée d'une musique parfaitement cinématographique. Pas besoin de passer jeter un oeil vers l'extérieur ou sur ce plancher en plexiglas offrant une vue sur les étages inférieurs du building : le vertige, on le ressent en progressant dans cet endroit, en imaginant ce qu'une telle foule, éparpillée dans les différentes salles, peut nous empêcher de réaliser sans risquer une alerte.

Hitman Classic

Ce genre de stage nous rappelle que IO Interactive et son moteur Glacier peuvent gérer sans frémir un nombre (très important) de personnages non joueurs (très attentifs) et un bac à sable de taille très raisonnable et plein de jouets. Mais pas le temps de s'extasier sur une mise en scène réussie et une plastique encore améliorée, par des effets de lumières ou reflets plus travaillés. Il faut se mettre au travail. Et suivre la marche habituelle : tâtonner, explorer, écouter pour essayer de savoir comment en finir avec les deux cibles assignées. Une conversation, un conseil, un objet qui attire l'attention, une observation assidue du trajet d'une des futures victimes ou d'un agent de sécurité/nettoyage dont l'accoutrement ouvrirait bien des accès, pour peu que l'on ne croise pas un supérieur ayant une bonne mémoire ou une caméra : les possibilités, s'avèrent nombreuses. Et vraiment intéressantes. Parvenir à ses fins grâce à une planification méthodique, un respect des objectifs donnés ou un zeste d'impro en jouant avec le feu, cela demeure merveilleusement gratifiant. Plus ou moins subtil. Plus ou moins direct, technologique ou maquillé. Presque tout semble autorisé, avec un coup de pouce de l'Instinct du tueur si besoin d'un coup de pouce. En définitive, avec Dubaï, on a ce pourquoi on est venu. C'est toujours du Hitman. Du très bon Hitman, avec tant de choses à voir et faire que les complétistes n'en pourront plus d'extase. Le meilleur de Hitman ? Peut-être. Peut-être pas.

Un sacré numéro

Les lieux très peuplés font leur effet. Mais puisque l'on parlait de Sapienza plus haut, on rappellera que les plus intéressants de la saga sont ceux qui ont, en plus d'un design savamment étudié, des histoires à nous raconter. C'est là qu'intervient Dartmoor, proposant à 47 de visiter le Manoir Thornbridge. En laissant un cadavre derrière lui, bien sûr. Cela pourrait n'être qu'une vieille demeure certes charmante mais sans particularité autre que son luxe. Détrompez-vous. Sans vous en dire davantage, disons que le studio a eu la bonne idée, sûrement après avoir visionné À Couteaux Tirés, d'intégrer un peu de nouveauté dans les objectifs de mission. Un meurtre a vraisemblablement eu lieu là où vous vous rendez. Une famille est au bord de l'implosion. Pourquoi ne pas tirer profit de ce contexte digne d'un roman d'Agatha Christie pour voir si cela aura des effets sur votre contrat en choisissant pour les bons déguisements ?

Miss Marple Madness

Malin et donnant une place inattendue au roleplay, Dartmoor a des chances de se voir élevé au rang de meilleur terrain de jeu de la trilogie... Voire de toute la série - on attendra tout de même de voir les quatre autres quêtes. Sachez en tout cas qu'il est absolument somptueux dans ses intérieurs, transpirant la vieille aristocratie britannique jusque dans les lames de ses parquets grinçants. Et que les différents acteurs de roman policier interactif méritent qu'on leu prête attention. Nous y avons pris un pied terrible et été subjugué par la tournure de certaines découvertes, en oubliant les quelques errances d'une intelligence artificielle facilement prise en défaut et l'absence de nouveauté marquante en termes de mécaniques. La rejouabilité, servie par le système de progression et les aménagements débloqués, comme des raccourcis permanents utiles pour les runs ultérieurs, sera encore au rendez-vous. D'autant que l'on pourra compter sur les modes comme les Contrats Escalades et autres Cibles Éphémères pour entretenir le moteur et tester les joueurs, qui auront en outre la chance de pouvoir retourner sur Hitman et Hitman 2 avec une réalisation retravaillée et un inventaire général plus fourni, et pourront même TOUT tenter en réalité virtuelle sur PS4.

ON L'ATTEND... À LA FOLIE !
S'il a des chances de se voir considéré, à l'instar de son prédécesseur, comme une extension du premier volet, et ne pas trop surprendre sur les éléments mécaniques, Hitman 3 pourrait bien tirer son épingle du jeu autrement. En nous laissant être super furtif dans des niveaux conçus avec toujours plus d'ingéniosité, ce baroud d'honneur laisse imaginer un bouquet final idéal pour le célèbre assassin de IO Interactive. Le premier tiers nous a mis plus que l'eau à la bouche. Ne reste plus qu'à vérifier si Hitman 3 est complètement farouche le 28 janvier prochain sur PS4, Xbox One, PC, PS5, Xbox Series X|S, Stadia et Nintendo Switch (grâce au cloud gaming).

Galerie photo Hitman 3 - 14 images (cliquez pour zoomer)

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