Si vous êtes un adepte des jeux d'enquête "à la Sherlock Holmes," alors vous avez certainement vu l'évolution de la série au fil des années et des machines à disposition. Ce nouvel épisode, le huitième déjà, ne déroge pas à la règle de l'évolution et parvient d'entrée de jeu à nous en mettre plein la vue. Textures, ombres et éclairages ont été en effet grandement améliorés, comme on pouvait logiquement l'imaginer. Certes, d'un point de vue cosmétique, on reste dans la même veine que le précédent pou presque, mais le Londres modélisé cette fois est bien plus grand que celui du dernier volet, même si bien entendu, nous n'avons pas affaire ici à un "monde ouvert" tel qu'on peut le vivre dans The Witcher III par exemple. Il n'empêche qu' l'Unreal Engine 3 fait ici des merveilles. Nous avons ainsi pu passer une grosse heure (le début du jeu en fait) en sa compagnie et y déceler quelques indéniables atouts.

En quête de Londres

Le gameplay parlons-en. Il n'a en réalité, pas vraiment changé en profondeur puisqu'il s'agira toujours de collecter des indices afin de progresser dans votre enquête. Ou plutôt vos enquêtes, puisqu'on les compte au nombre de 5 ici, toutes liées à une "Meta histoire". D'ailleurs, les relations de Sherlock avec sa fille adoptive Kate sont ici encore en filigrane de l'histoire principale et déjà vues dans Le Testament de Sherlock Holmes. Bien entendu, les interrogatoires, la réflexion, la déduction, les "écoutes" en fourbe dans un café histoire d'en apprendre plus sur une disparition soudaine etc, sont de la partie. Les phases d'action sont également désormais plus nombreuses, et outre Sherlock et Watson, d'autres protagonistes sont jouables. Même le chien de la "famille" Toby...

Jouer avec le temps

Quelques subtilités de gameplay sont toutefois les bienvenus. Par exemple, il est possible de littéralement "arrêter le temps" afin d'en apprendre plus sur les personnages. Vous aurez alors tout loisir de les scruter, tandis que vous leur faites la conversation. Une tache sur un vêtement ? Un morceau de carte qui dépasse ? Déduisez-en ce que vous voulez ou presque, puisque les choix des questions peuvent être multiples. Tout comme vos premières réflexions. La première enquête nous permettra d'ailleurs de résoudre une affaire pour le moins mystérieuse, puisque votre voisine vous a amené un garçon en pleurs dont le père a soudainement disparu... Une enquête qui mènera Sherlock dans un café dans lequel il devra avoir une approche très furtive pour tenter d'éloigner un gros bras d'une porte. Il vous faudra alors choisir l'ordre des actions à effectuer, afin d'en arriver à ce but. A ce titre, l'icone "Déduction" est évidemment la bienvenue et vous permet de vous lancer, notamment via l'association de mots-clés.

Personnages plus "modernes"

Watson et Sherlock, les deux principaux héros du jeu, ont également été modernisés dans The Devil's Daughter. Si d'aucuns parlaient parfois de personnages qui s'encroûtaient dans les derniers volets, il n'en est rien ici et un bon coup de jeune leur a carrément fait du bien. Cela se ressent également dans les dialogues et la manière dont ils se comportent. Le pouvoir de l'imagination, permettant des (tentatives) de reconstitution est carrément bien trouvé. L'humour n'est évidemment pas absent de The Devil's Daughter, et la scène de l'exorcisme à laquelle on a pu assister, nous aura bien fait rire. Il sera aussi possible de consulter ses archives dans un carnet virtuel, histoire de ne rien oublier de son "parcours", notamment l'historique de ses conversations. Au total, une vingtaine de lieux (Whitechapelle, Forêt, Temple Maya imaginaire...) sont présents dans le jeu, et une vingtaine d'heures de jeu nécessaires à sa complétion selon les développeurs.

ON L'ATTEND... BEAUCOUP

Difficile de faire la fine bouche devant ce nouvel opus de la saga Sherlock Holmes. Pour ce que l'on a pu en voir et jouer, il est clair que Frogwares a été bien plus loin qu'à l'accoutumée et a su visiblement se renouveler en termes de gameplay et de manière de résoudre les enquêtes. Une touche de modernité qui transparaît jusque dans les personnages, bien plus "actuels" que dans les derniers volets. Reste à attendre d'avoir une version finale pour en avoir le coeur net. Sortie du titre prévue le 10 juin prochain sur PC, PS4 et Xbox One.