Il y 15 ans jour pour jour, un certain petit studio polonais du nom de CD Projekt RED allait commencer à percer à l’international en sortant The Witcher 2: Assassin of Kings. Ce premier gros succès critique et commercial majeur allait en effet paver la voie vers l’arrivée 5 ans plus tard d’un véritable chef d’œuvre qui a de son côté à jamais marqué le genre RPG, et même l’industrie du jeu vidéo dans son ensemble. Par extension, c’est par ce second épisode des adaptations vidéoludiques de la saga littéraire d’Andrzej Sapkowski que j’ai personnellement découvert cet univers dark fantasy fascinant, depuis devenu l’une des œuvres les plus marquantes de toute ma vie (étonnant au vu de mon pseudo, vous en conviendrez). Je profite donc de ce 17 mai 2025 pour fêter à mon humble manière le 15ème anniversaire d’un jeu ô combien important à mes yeux.
Qui dit second épisode implique forcément qu’il y a d'abord eu un premier essai avant que CD Projekt RED ne délivre coup sur coup deux RPG magistraux que furent The Witcher 2: Assassins of Kings et The Witcher 3: The Wild Hunt. Le premier épisode sorti en 2007 affichait déjà une écriture d’une qualité indéniable, devenue une véritable marque de fabrique du studio polonais. Il souffrait toutefois d’un gameplay un peu bancal et d’un budget insuffisant pour les grandes ambitions de ses développeurs.
Il a d’ailleurs fallu attendre une fameuse Enhanced Edition pour qu’il se fasse véritablement connaître à sa juste valeur. C’est toutefois grâce à cette ébauche prometteuse que le sorceleur aux cheveux blancs est devenu l’icône qu’on connaît désormais bien, via notamment une suite exceptionnelle en tous points sortie le 17 mai 2011. Un The Witcher 2 que j’ai toutefois découvert de mon côté un peu par un coup hasardeux de l’Épée de la Destinée, et qui m’a marqué à vie.
The Witcher 2 : un Enfant Surprise à plus d’un titre
Parmi mes genres de jeux préférés, les RPG occupent une place majeure. Des licences cultes dans le domaine comme The Elder Scrolls et Mass Effect ont bercé mon enfance/adolescence, et le début des années 2010 était une période où, comme l’industrie du jeu vidéo, j’étais dans une phase d’ado edge lord (c’est toujours un peu le cas d’ailleurs, quand j’y pense…). Alors que je cherchais un RPG sorti durant cette période et correspondant à un tel état d’esprit, ma traque me mena sur différents tests dithyrambiques d’un certain The Witcher 2: Assassins of Kings, par un studio polonais que je ne connaissais pas.
Outre des critiques élogieuses et une proposition sur le papier alléchante, c’est aussi la direction artistique dark fantasy et le design des personnages, dont évidemment celui de Geralt, qui m’ont immédiatement tapé dans l'œil. Avec mon argent de poche, j’ai donc dans la foulée acheté le jeu, et celui-ci m’a alors ensorcelé dès l’instant où j’ai eu sa boîte entre les mains.

Bien qu’il s’agissait de la version de base de The Witcher 2, elle contenait pourtant un steelbook, un fascicule travaillé, une carte de son monde et plein de goodies comme une petite pièce qu’on voit notamment dans les écrans de chargement du jeu. D’emblée, j’ai alors été séduit par la générosité de CD Projekt RED et ce geste pro-consommateur qui l’a encore caractérisé avec The Witcher 3 (un peu moins hélas avec les versions PS4 et Xbox One de Cyberpunk 2077, mais c’est là une autre histoire). C’est donc avec une certaine excitation que j’ai ensuite mis la fameuse galette dans mon PC de l’époque pour l’installer et le lancer.
Malheureusement, ma machine n’avait pas les reins assez solides pour afficher le titre dans de bonnes conditions. Malgré de gros problèmes de performance, la claque graphique et artistique fut toutefois magistrale. Il aura cependant fallu que je muscle ma configuration pour mieux en profiter, ce qui m’a valu quelques déconvenues auprès de mes parents tant la note a été salée. Mais quand on aime, on ne compte pas, comme on dit.
Et ce The Witcher 2, je l’ai profondément aimé. Même encore aujourd’hui, le titre vieux de 15 ans de CD Projekt RED a de très beaux restes, malgré un moteur maison extrêmement capricieux, comme je l’apprit plus tard en m’intéressant davantage aux coulisses de son développement. Au-delà de sa superbe direction artistique, tout le reste du jeu était aussi exceptionnel à mes yeux. Qu’il s’agisse de l’écriture si fine qu’on connaît du studio polonais, la profondeur du lore et de ses personnages, ou d’un gameplay certes un peu lourd, mais tout de même bien satisfaisant, incarner Geralt dans cette folle aventure fut un plaisir (souvent charnel, car telle est la voie du sorceleur…) de tous les instants.

Malgré le fait que la trilogie The Witcher nous fait jouer un personnage bien établi, avec son caractère et ses valeurs, les deux premiers épisodes avaient également eu le génie de nous mettre dans la peau d’un Geralt amnésique suite à son enlèvement par la Chasse Sauvage. Un ressort scénaristique brillant qui nous permettait de le façonner à notre façon. Comme je ne connaissais pas les romans dont les jeux s’inspiraient en découvrant The Witcher 2, j’ai donc fait des choix qui peut-être n’avaient pas de sens pour le sorceleur, mais qui pouvaient se justifier par sa perte de mémoire. À la fin du premier Acte, j’ai par exemple pris le parti de Vernon Roche, même si je compris bien plus tard, après avoir davantage exploré ce passionnant univers dark fantasy, que le choix du « Moindre Mal » était au contraire celui de Iorveth et de ses Scoia’tael.
Par extension, mes décisions souvent assez peu réfléchies (il faut me pardonner, j’étais un petit con d’ado « rebelle » à l’époque) ont par exemple mené à la fin du jeu à la mort d’un Létho qui n’était finalement qu’un pion dans toute l’histoire, et aussi à un effroyable massacre du Conclave des Magiciens à Loc Muinne. Si le monde de The Witcher 3 va aussi mal et que les pratiquants de la magie y sont brûlés à vue, c’est quelque part un peu par ma faute. Pardon aux consœurs de Triss et Yennefer.

Cela soulève d’ailleurs un autre point qui m’a fortement séduit dans cette trilogie, qui s’inspire clairement de celle de Mass Effect : nos choix, tant insignifiants que majeurs, ont des conséquences sur les jeux suivants. Comme la légendaire saga space opera de BioWare figure parmi mes franchises RPG favorites, un tel design narratif a définitivement contribué à mon profond amour pour la licence dark fantasy The Witcher. Et ce n’était que le début de mon parcours dans la proverbiale Voie des Sorceleurs…
Un univers dark fantasy passionnant qui m’a marqué à vie
J’ai tellement adoré The Witcher 2 que j’ai dû le finir trois ou quatre fois en tout. Ma dernière session a d’ailleurs eu lieu un peu après la sortie de son chef-d'œuvre de petit-frère en 2015. Histoire de m'offrir une petite cure de nostalgie et voir comment il tournait sur un PC plus puissant. The Wild Hunt m’a en effet également forcé à muscler ma configuration, qui manquait encore de puissance pour l’afficher dans les meilleures conditions. Un schéma qui s’est à nouveau répété à la sortie de Cyberpunk 2077 en 2020. CD Projekt RED aura définitivement fait brûler ma carte bancaire au fil des années… mais ça en valait tellement la peine, au fond.

Il y a cependant eu cinq ans d’attente entre The Witcher 2 et sa suite. Si beaucoup de joueurs attendent aujourd’hui GTA 6 avec une impatience folle, j’ai personnellement connu une telle fébrilité s’agissant de The Witcher 3. Pour une bonne raison, de surcroît, puisqu’il s’agit encore et toujours de l’un de mes jeux préférés de tous les temps. Quoi qu’il en soit, ce premier contact avec l’univers dark fantasy m’avait tellement passionné que j’ai commencé à m’y intéresser davantage.
J’ai ainsi pu jouer ensuite au premier, qu’un ami a eu l’immense générosité de me prêter dans son Enhanced Edition, pour la meilleure expérience possible. Celui-ci était clairement moins abouti que le deuxième épisode (un Remake lui ferait du bien, et il y en a justement un actuellement en développement), mais je l’ai également beaucoup aimé pour sa narration hors-pair, qui m’a de plus motivé à relancer sa suite pour voir l’impact de mes choix d’un jeu à l’autre.
Après avoir écumé les adaptations vidéoludiques de The Witcher, me restait encore à m'intéresser aux œuvres originales qui ont inspiré CD Projekt RED. Et là encore, j’ai découvert un univers que j’ai profondément adoré, et j’ai dévoré absolument tous les livres d’Andrzej Sapkowski tel une goule affamée. C’est comme ça que j’ai notamment fait la connaissance d’autres personnages inoubliables mais absents des deux premiers jeux, comme Yennefer de Vengerberg, l’amour né d’un Dernier Vœu de Geralt, ou encore Cirilla, l’Enfant Surprise qui est secrètement le protagoniste principal des romans.

Encore aujourd’hui, la princesse de Cintra est probablement mon personnage féminin préféré tout média confondu. À tel point que, dès qu’un jeu me permet de créer un avatar, je tâche de le faire à l’image de sa représentation dans The Witcher 3 (chacun ses lubies, hein). Puis il y a eu l’accident de l’adaptation des livres en série par Netflix, avec une première saison plutôt prometteuse portée par un Henry Cavill passionné, avant de complètement s’effondrer au fil du temps, avec le potentiel tristement gâché qu’on connaît aujourd’hui. Mais je préfère faire comme si elle n’avait jamais existé, pour garder une image immaculée de l’une de mes œuvres de fiction préférées…
Cette rétrospective très personnelle pour marquer le 15ème anniversaire de The Witcher 2 boucle ainsi la boucle et nous ramène au présent, alors qu’un Geralt de Reeves bien plus vieux et sage (mais toujours aussi edgy), attend désormais avec une énorme impatience The Witcher 4, avec justement Ciri dans le rôle principal. L’idée d’incarner mon second personnage favori de la licence après son sorceleur de père rêvet en effet une valeur toute particulière à mes yeux, et j’espère que CD Projekt RED saura à nouveau me faire rêver comme il l’a fait avec la trilogie du Loup Blanc.

C’est donc en méditant pour essayer d’accélérer le temps me séparant de la sortie de cette nouvelle saga que je souhaite du fond du cœur un très joyeux anniversaire à The Witcher 2. Merci infiniment à lui et à son studio polonais de m’avoir montré une Voie que je n’ai depuis jamais quitté et que j’arpente toujours avec plaisir, deux épées dans le dos, chacune pour une catégorie de monstres bien spécifique.