Souvenez-vous : au printemps dernier, Microsoft se voyait lui aussi traîné en justice par un joueur américain, assez peu satisfait de sa nouvelle manette Elite, qui souffrait selon lui du même mouvement fantôme ô combien disgracieux, notamment à cause d'un potentiomètre insuffisamment lubrifié. Cet épineux problème valait ainsi à la firme de Redmond d'avoir rendez-vous avec les autorités locales, d'autres joueurs mécontents ayant ensuite rejoint l'action devenue collective au mois d'octobre.

Le diable se cache dans les détails

Aujourd'hui, nous apprenons que Microsoft a formellement demandé un arbitrage de la décision, qui pourrait ainsi lui éviter une procédure classique, favorisant un arrangement à l'amiable avec les différentes parties de cette affaire.

Le problème, c'est que la rhétorique employée pour obtenir cet arbitrage risque fort de ne pas calmer le courroux des acheteurs de manettes Elite... En effet, l'entreprise argue que les plaignants ont tous accepté de facto la proposition d'un arbitrage en acceptant les fameuses "Conditions Générales" en petits caractères, en se connectant simplement au service Xbox Live :

Les plaignants ont accepté de de ne pas intenter un procès comme celui-ci devant les tribunaux. Ils ont approuvé le Contrat de Service Microsoft ("MSA") et les accords de garantie qui stipulent que les désaccords se règleront par la voie d'un arbitrage au cas-par-cas devant l'Association d'Arbitrage Américaine ("AAA"). La loi fédérale sur l'arbitrage exige l'application de ces accords.

C'est ce qui s'appelle assurer ses arrières. Si le constructeur a tant tarder à invoquer l'accord tacite des joueurs mécontents, peut-être espère-t-il profiter d'une décision favorable de la justice américaine concernant le Joy-Con Drift, puisque Nintendo et un collectif de joueurs ont dans les faits entamé des négociations.

En attendant de découvrir si la réponse des autorités sera aussi favorable, rappelons que chez nous aussi, les affaires judiciaires devraient elles aussi rythmer l'année 2021...