Le document d'une bonne cinquantaine de pages et disponible ici-même s'intitule donc "Les loot boxes dans les jeux en ligne et leurs effets sur les consommateurs, en particulier les plus jeunes" et rappelle dans son propos introductif que si ce système de roulette russe reste profitable à l'industrie, son rapprochement des jeux de hasard monétisé peut représenter un "défi" (pas de polémique, hein) pour les plus jeunes joueurs, qui pourraient y trouver une voie d'entrée.

L'étude qui s'est déroulée du 6 avril au 3 juillet a notamment fait appel à des professionnels du milieu (membres du PEGI, ex-développeurs...), mais aussi à des chercheurs et des associations de défense du consommateur.

Si le rapport rappelle le point de vue des éditeurs, qui affirment pour certains que "les loot boxes ont toujours existé dans le jeu vidéo", il les qualifie tout de même de problématiques :

Les différents auteurs cités identifient un lien entre la présence de loot boxes et des comportements problématiques en jeu. Tous les auteurs mentionnés reconnaissent cependant qu'ils sont incapables de conclure que les dépenses dans des loot boxes occasionnent un comportement problématique avec les jeux d'argent.

Malgré le manque de preuves supplémentaires dans la littérature scientifique, il semble que certaines loot boxes génèrent des problématiques en termes de design. Ce point de vue a été confirmé par des experts interrogés. Ces caractéristiques pourraient influencer la motivation des joueurs d'une manière qui pourrait conduire à des résultats dommageables pour les utilisateurs, y compris des conséquences psychologiques et financières telles que la dépendance au jeu, ou des dépenses incontrôlables.

Arguant chiffres à l'appui que 76% des 6-15 ans sont des joueurs, et que 60% des applications disponibles sur l'App Store ou Google Play incluent cette discutable mécanique, le rapport du Parlement explique toutefois que l'Union Européenne n'a pas vocation à immiscer dans les définitions nationales des jeux d'argent, mais se contente de rappeler les nombreux exercices de sensibilisation effectués ces dernières années. Ces derniers ne sont évidemment pas contraignants. En revanche, la commission de l'assemblée évoque tout de même les exemples belges et néerlandais, qui ont tous deux bannis la pratique, avec des résultats probants et immédiats.

La conclusion de cette étude recommande aux États de voir au-delà de ce seul problème :

Il est donc recommandé d'élargir la perspective au-delà des aspects du seul jeu vidéo, et d'aborder la question des loot boxes en intégrant la protection des consommateurs. Des mesures visant à protéger les joueurs, en particulier les mineurs, des effets potentiellement nocifs des loot boxes et des systèmes d'achat similaires peuvent être mis en place à différents moments. Ainsi, si l'information des consommateurs, la transparence et les mesures de contrôle des joueurs sont à encourager, il est recommandé de vérifier systématiquement leur efficacité.

Autant vous dire qu'avec autant de frilosité et de pincettes sémantiques, nous ne sommes pas sortis du sable, et les trolleurs professionnels du calibre de Andrew Wilson ont sans doute encore de beaux jours devant eux...