L’annonce autour de Dragon Quest 12 à l’occasion des 40 ans de la licence est loin d’être celle que les joueurs attendaient. Un reboot cinq ans après l’annonce initiale a de quoi soulever de nombreuses questions, auxquelles Square Enix a directement été confronté.
Après plusieurs années de silence, Dragon Quest 12 s’est enfin rappelé à notre bon souvenir à l’occasion du 40e anniversaire de la licence. Mais cette réapparition, longtemps attendue, s'est également accompagnée d’une révélation à laquelle peu de joueurs s’étaient préparés. Le jeu a subi un reboot intégral. Initialement présenté sous le nom de Flames of Fate, le RPG est désormais baptisé Dragon Quest 12 : Beyond Dreams, et assume une direction artistique et un ton différents. Une décision surprenante, qui soulève forcément son lot d’interrogations et d’inquiétudes, sur lesquelles Square Enix a été frontalement questionné.
Pourquoi Square Enix a-t-il redémarré le développement de Dragon Quest 12 ?
La question s’est justement invitée lors de la dernière assemblée générale de l’éditeur. Un actionnaire est en effet revenu, sans détour, sur ce reboot, s’interrogeant sur les circonstances ayant conduit Square Enix à abandonner plus de cinq ans de développement. Ou, dans le jargon des investisseurs, « à gaspiller les coûts de production » engagés dans un jeu particulièrement attendu au Japon. Une question très directe que Takashi Kiryu, président du groupe, a soigneusement contournée. Le dirigeant de Square Enix s’est en effet contenté de rappeler que les annonces majeures sont faites au « moment le plus pertinent », aussi bien d’un point de vue financier que marketing.
Traduction, dans le monde du business : la communication autour de Dragon Quest 12 répond avant tout à une stratégie visant à maximiser son impact et à terme ses résultats commerciaux. Comme toujours, Square Enix demande aux joueurs, comme à ses actionnaires, « d’attendre encore un peu » avant la prochaine prise de parole. Une langue de bois peu étonnante, les grands éditeurs ayant rarement pour habitude d’étaler ouvertement les difficultés de développement rencontrées en interne. Surtout lorsqu’il est question d’un jeu aussi important que Dragon Quest 12. Les raisons précises du virage emprunté par le RPG demeureront soigneusement gardées en interne jusqu’à nouvel ordre.

Square Enix paie-t-il le prix de sa communication ?
Mais le jeu n’est-il pas finalement la dernière victime d’une stratégie de communication devenue contre-productive ? Ces dernières années, Square Enix s’est fait une spécialité d’annoncer ses jeux bien trop en amont de leur sortie. Dragon Quest 12 et Kingdom Hearts 4 n’en sont que les derniers exemples, alors que le temps de développement a considérablement augmenté. A force de dévoiler ses cartes trop tôt pour rassurer les actionnaires, Square Enix condamne surtout son public à patienter pendant des années. Patience donc, avant d’en découvrir davantage sur ce douzième épisode, qui reste encore bien mystérieux malgré cette seconde annonce.
Source : Square Enix