Les jeux coopératifs ont la cote depuis quelques années sur Steam. Certains misent sur l’action, d’autres sur l’horreur, et d’autres encore sur ce chaos organisé qui transforme les sessions de jeu en anecdotes à se raconter pendant des semaines sur Discord avec ses amis. Après une petite heure passée sur The Mound Omen of Cthulhu, prévu pour le 15 juillet 2026 sur PS5, Xbox Series et PC, il ne fait aucun doute que le prochain titre de Nacon jouera sur ce troisième tableau.

Dans la jungle, terrible jungle

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Dans l’univers de Lovecraft, la peur naît rarement d’un monstre qui surgit de nulle part. Elle s’insinue plutôt dans les fissures de l’esprit et de la raison, ronge les certitudes pour mieux transformer le monde en un immense mensonge. Avec The Mound : Omen of Cthulhu, Nacon exploitera ce concept aussi vieux que la licence dans un titre coopératif dans la droite lignée de Phasmophobia. Le jeu lâchera les explorateurs cupides dans une jungle qui les déteste, à la recherche de richesses enfouies et jalousement gardées par des forces mystérieuses. Ça se passera rarement bien, même quand on a l’un des créateurs du jeu à la rescousse. La forêt sud-américaine les déteste, leur ronge le mental jusqu’à créer des hallucinations et transformer l’expédition en un cauchemar cosmique. Parce qu’entre les créatures qui rôdent, la conscience hostile de la jungle et de ses résidents peu hospitaliers, ou encore les phénomènes étranges qui remodèlent votre psyché, la quantité d’or minimale à récupérer finit rapidement par devenir le dernier de vos soucis.

Chaque run commence à bord d’un galion, où un capitaine à la gueule un peu patibulaire vous distribue vos contrats avec l’enthousiasme d’un commanditaire qui sait très bien qu’il sera en sécurité, lui. Une carte à choisir, un niveau de difficulté et un minimum de ressources à glaner, l’habitué des « friendslop », comme on dit dans le jargon, sera loin d’être dépaysé. On troque les crucifix et le sel par des lances, des arcs, des rations de nourriture offertes gracieusement par le capitaine avant chaque expédition ou encore des couteaux incassables. Il est toutefois possible d’investir un peu dans sa propre survie en dépensant un peu d’argent dans des objets débloqués au préalable lors des expéditions, comme une carte, un artefact permettant de détecter des trésors à proximité et bien plus encore. Parce que si le contrat semble facile à remplir sur le papier, s’enfoncer dans la jungle, ramasser des trésors, les rapatrier dans une charrette et rentrer vivant avant d’enchaîner avec la prochaine mission ; rien ne sera si simple.

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The Mound se pose d’emblée dans un registre un peu différent de ses concurrents. Il y a un fil conducteur, une progression et des zones à débloquer pour espérer atteindre le niveau secret, que l’on nous promet comme la quintessence de l’esprit lovecraftien. Le jeu sortira fini et complet. Mais c’est davantage la façon dont l’environnement fonctionne comme un adversaire à part entière qui le distingue de ses pairs. La forêt réagit au bruit. Un coup de feu un peu trop enthousiaste et les créatures se réveillent aux alentours, plus nombreuses à mesure que le temps passe. Un allié qui s’éloigne un peu trop, et elle jouera avec sa perception, son mental et ses nerfs. Les munitions sont limitées, se comptent et il est parfois préférable de garder son fusil dans l’étui plutôt que de le dégainer au moindre monstre de la forêt croisant notre chemin, qui ont parfois des comportements erratiques, font des bonds imprévisibles, quand certains sont invisibles. En trois runs, d’environ 20 à 30 minutes, les lieux se ressemblent, la finalité jamais.

Un soupçon de paranoïa

Chaque run redistribue les positions des monstres et des trésors, le brouillard recouvre différemment les zones, des phénomènes étranges peuvent venir rebattre les cartes. Ce que l’on pensait avoir mémorisé ne servira plus à grand-chose à la run suivante. Alors on explore, on se serre les coudes, puis l’alarme retentit, annonciatrice des véritables problèmes. À l’instar d’un Phasmophobia avec ses niveaux de difficulté, où le paramétrage détermine combien de temps on a avant que ça déraille, plus on reste longtemps dans la jungle, plus elle s’emballe. Et quand ça déraille, les coéquipiers commencent à ressembler à des monstres, ceux que l’on pensait humains se sont fait corrompre par la forêt et la frontière entre ce qui existe et ce qu’on imagine devient très poreuse. C’est là que The Mound fonctionne le mieux. Il n’y a pas d’imposteur comme un Among Us, pas de trahison poussée et le jeu ne vous force pas à vous poignarder dans le dos, mais tout semble conçu pour que vous sabotiez vous-même vos parties. Un allié possédé peut être sauvé si on réagit assez vite pour l’emmener à la charrette qui nous suit, mais encore faut-il distinguer la vraie possession de la vision qu’on a soi-même et secourir son camarade avant d’être mis à terre par une créature.

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Nos sessions ressemblaient encore trop à une sorte de tutoriel grandeur nature pour véritablement parler de paranoïa collective entre amis, mais le potentiel semble présent, et la méfiance pourrait s’installer sans mal. Dans les parties plus longues, la pression monte de manière exponentielle, jusqu’à la fuite vers notre embarcadère, où un allié qui s’est un peu trop éloigné est déjà considéré comme perdu d’avance. On ne pourra pas reprocher au jeu de ne pas transformer les dernières minutes de chaque expédition en fuite désespérée, renforcée par des déplacements volontairement mesurés. Les personnages sont lents et les affrontements rigides. Car si l’ambiance profite relativement de cette lourdeur générale, les combats risquent de rebuter davantage : l’impact des armes paraît encore trop timide.

Mais The Mound est également un vaste terrain d’expérimentation. Le jeu vous laisse vous perdre en forêt et découvrir son comportement, ses fourberies, les artefacts qui peuvent vous aider et leurs effets. C’est aux joueurs de comprendre comment tout fonctionne, ce qui peut générer davantage de confusion que les effets de la forêt elle-même. Quand on tâtonne, il paraît encore un peu mou, les sessions peuvent sembler s’éterniser tant on ne sait pas trop quoi chercher. Puis, quand on se familiarise, le jeu commence à prendre une autre saveur et c’est dans ces moments-là que The Mound trouve pleinement sa personnalité.

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On attend The Mound... avec curiosité

The Mound met la folie lovecraftienne au service du jeu coopératif dans une formule qui évoque immédiatement Phasmophobia. ACE Team mise cependant sur une expérience plus cadrée, avec une véritable progression, une fin à atteindre et une jungle qui s’impose progressivement comme l’adversaire principal de l’aventure. Après une petite heure en sa compagnie, difficile encore de mesurer pleinement l’une de ses promesses les plus séduisantes : brouiller la perception des joueurs au point de faire naître le doute au sein même du groupe. Son rythme plus pesant et son approche moins immédiate que celle de ses concurrents demandent un certain temps d’adaptation, mais son escalade dynamique de la tension a déjà donné naissance à quelques anecdotes dont on se surprendra à parler au détour de la machine à café ou d’une conversation Discord. Reste à voir si cette mécanique de paranoïa parviendra réellement à créer un climat anxiogène et des moments de trahison mémorables. Les plus curieux pourront essayer de dompter la forêt lors du Steam Next Fest le 15 juin 2026, où une démo PC sera mise à disposition.