Après avoir mis de côté l’horreur pendant un moment pour développer des Call of Duty, le créateur de Dead Space revient à ce genre qui lui tient particulièrement à cœur : le survival-horror de science-fiction avec The Callisto Protocol. Pour la petite anecdote, en off, Glen Schofield nous a expliqué que Dead Space était en quelque sorte le projet de la « dernière chance ». En effet à l’époque, il était prêt à voguer vers d’autres horizons et sa direction lui a demandé ce qui pourrait le faire rester. Et Dead Space est ainsi né ! Comme quoi les choses ne tiennent parfois à rien. Aujourd’hui, il est de retour pour nous faire frissonner avec son nouveau bébé en gestation depuis trois ans et demi. 

Ce jeudi 27 octobre, Striking Distance Studios lancera une série de documentaires sur la chaîne YouTube du jeu.

The Callisto Protocol, une ambiance qui laisse sans voix

The Callisto Protocol se déroule en 2320, sur la lune morte de Jupiter, Callisto. On incarne Jacob Lee qui, pour une raison obscure à l’heure d’écrire ces lignes, est détenu à la prison de haute sécurité de Fer noir. Son cauchemar va s’aggraver lorsque ses compagnons de cellule vont se changer en ces créatures hideuses appelées Biophages. Toute la preview portait sur le troisième niveau, Habitat, très représentatif de ce que le jeu a à nous offrir (dixit les développeurs) en termes de situations et de gameplay. De simples mots ? Non, cet environnement était effectivement une belle vitrine et traduisait à merveille la manière dont Striking Distance Studios a pensé son jeu. En utilisant le processus « Horror Engineering », ou « l’ingénierie de l’horreur » en français, qui se compose d’éléments d’atmosphère, de tension, de brutalité, d’humanité et de détresse. 

preview The Callisto Protocol

Pas besoin d’introduction ou autre pour être immédiatement accroché par l’ambiance époustouflante du jeu qui pioche sans vergogne dans le cinéma. Avec les nombreux cocons visqueux parsemés dans ce niveau, c’est Alien qui est incontestablement à l’honneur.  Chaque recoin de la prison de Fer noir permet aux équipes de démontrer leur savoir-faire en matière d’horreur et de nous maintenir sous pression quasi constamment. Il y a plusieurs raisons à cela. Si le framerate de cette version en chantier était souffreteux et que des effets n’étaient pas des plus fins, le soft se rattrape par sa capacité à jouer avec la lumière.

impressions The Callisto Protocol

L’autre explication à cette savoureuse atmosphère touche au sound design. Lors d’un billet publié sur le PS Blog, le studio déclarait « avoir exploité les possibilités offertes par l’audio 3D de la PS5 » et « s’être appuyé sur le ray tracing acoustique, la diffraction et la redirection du son pour plonger les joueurs au cœur de l’univers ». Un jargon technique qui parlera à certains mais ce qui prime surtout, c’est le résultat. Avec un casque sur les oreilles, on a été bluffé du début à la fin. On attendra bien entendu le jeu complet pour émettre un jugement définitif, mais sur cette démo, The Callisto Protocol est en très bonne position pour rejoindre des productions comme Resident Evil 2 ou Visage dans le rayon des claques sonores. C’est riche, détaillé et précis. Un plaisir immense ! 

aperçu The Callisto Protocol

Enfin, il y a ce que le jeu va nous montrer ou à l’inverse nous suggérer. Parfois, on entendra un son sans qu’il n’y ait de menaces proches alors qu’à d’autres moments, des ennemis surgiront d’une eau bien ragoûtante, d’un conduit au sol ou d’un mur sans signe avant-coureur. Même le simple fait de ramper dans une canalisation peut nous angoisser en raison de la proximité et de l’angle de caméra. Puis il y a aussi la narration environnementale avec ses écritures ensanglantées, piquées sans aucun remord à Dead Space, qui peuvent servir d’indications sur ce qu’il faut faire et qui contribuent à l’ambiance horrifique à leur façon. Le « Cut off their limbs » de DS est par exemple devenu « Shoot the tentacles » et nous renseigne sur l’attitude à adopter face à certains adversaires. 

Encore plus brutal, viscéral et gore que Dead Space

D’un point de vue gameplay, The Callisto Protocol est aussi extrêmement séduisant. Ce n’est pas compliqué, sur cet unique niveau, le jeu est déjà encore plus brutal, viscéral et gore que Dead Space. Certes, quatorze ans après la sortie de son illustre modèle, c’est facile de faire mieux. Et c’est vrai, car tout a évolué depuis 2008, mais tout de même. On retrouve dans les combats les éléments du processus « l’ingénierie de l’horreur » comme la brutalité, la tension et la détresse. Le titre est un survival-horror, et à cet égard, il va falloir doser les soins et les munitions qui n’ont cependant pas l’air de manquer. Mais une erreur d’appréciation peut vite se conclure par une mort, car les affrontements sont stratégiques. De ce fait, réfléchir et analyser un minimum avant de taper est fortement recommandé. Comme dans les jeux de ce genre, contourner l’ennemi ou lui tourner autour est un bon moyen de s’en sortir vivant. Mais ici, on va pouvoir également tuer discrètement les monstres, et les déstabiliser. 

De la même manière qu’avec un Isaac Clarke, Leon S Kennedy ou un Chris Redfield, on peut par exemple viser la jambe d’un Biophage ce qui le déséquilibrera. Dès lors, on a une courte fenêtre pour lui foncer dessus et lui faire goûter notre matraque électrique. Une violence visuelle et sensorielle puisque la manette PS5 DualSense est mise à profit pour que l’impact des coups soit encore plus présent. Entre chaque agression, l’ennemi tente de riposter mais notre héros peut esquiver avec le bon timing. Aussi, chaque attaque peut permettre de faire apparaître temporairement un cercle blanc sur des zones précises de notre proie à l’image de la tête, de l’épaule etc. À ce moment-là, il faut s’empresser de dégainer le pistolet pour réaliser des dégâts souvent critiques. Des combats terriblement nerveux et addictifs. Au fil de l’aventure, Jacob Lee devient une machine de guerre avec de nouveaux mouvements comme celui de bloquer les assauts, un nombre de munitions plus importants etc. obtenus en dépensant les Callisto Crédits trouvés un peu partout. 

Pour se défendre dans The Callisto Protocol, notre détenu a aussi une arme gravitationnelle, le GRP, qui rappelle le Gravity Gun d’Half-Life 2 et le principe de stase de Dead Space. On va pouvoir ainsi saisir des objets et les balancer, ou encore empoigner les créatures et les jeter contre une partie mortelle d’un décor. Trop avantageux ? On évaluera cela dans quelques semaines, mais sachez que le GRP fonctionne avec des batteries à recharger manuellement via l’inventaire, ce qui limite un minimum les abus. En termes de bestiaire, ça a l’air aussi prometteur avec deux types d’ennemis qui nous ont marqué. Une bestiole partiellement invisible et qui grimpe partout, et une autre inspirée de Resident Evil 4 ou… Dead Space ! Des tentacules peuvent en effet sortir d’un ennemi et si on ne tire pas dessus, on s’expose à une mutation de ce dernier avec pour conséquence qu’il devienne plus puissant et donc plus difficile à vaincre. Outre les combats, le soft prévoit des scènes plus mouvementées comme cette fuite à travers d'un conduit d'assaisonnement. Tout se laissant glisser sur cette cascade d'eau non potable, on doit éviter les poteaux et autres obstacles sous peine de finir avec la tête écrabouillée.

On l'attend... avec une extrême impatience 

Que dire ? Ce que nous avons dit en sortant de cette preview « si le titre est comme cela de bout en bout, on aura un excellent, voire un grand jeu ». La nouvelle production de Glen Schofield est un survival-horror dans la droite lignée de Dead Space qui parvient à se détacher de son modèle malgré les innombrables références. Plus brutal, gore et viscéral, The Callisto Protocol nous a autant emballé que lorsque nous avons visionné le très bon story trailer. Il a tout pour être la claque horrifique de 2022.