Il y a toujours une petite gêne à venir expliquer qu’un test n’arrivera pas à l’embargo. Une gêne encore plus marquée lorsqu’il s’agit d’un jeu qu’on aime profondément, de ces aventures réconfortantes qu’on aimerait défendre sans retenue, mais dont la nature même impose la patience. Dragon Quest 7 Reimagined est de celles-là. Un RPG massif, historiquement chronophage, qui réclame du temps long pour être digéré et finalement jugé avec justesse. Alors notre test de Dragon Quest 7 Reimagined attendra encore un peu.
Les vétérans de la version PS1 ou du remake 3DS le savent mieux que quiconque : Dragon Quest 7 est un jeu chronovore. Il aime s’étirer, répéter, insister, quitte à frôler l’écœurement. Cette version Reimagined n’en renie jamais l’héritage, mais elle en polit les angles les plus abrasifs. Les allers-retours incessants ont été largement gommés, la narration et la progression recentrées, parfois au prix de résumés elliptiques sur fond noir qui remplacent d’anciens tunnels de dialogues interminables, et qui auraient sans doute gagnés à mettre à contribution les talents internes de Square Enix, ne serait-ce que sous la forme de quelques illustrations. Un détail, certes, mais qui se remarque tant la présentation de Dragon Quest 7 Reimagined a reçu un soin tout particulier. Un seul regard suffit à succomber à son charme, et une vingtaine d’heures confirme amplement que l’enchantement ne se dissipe jamais.
Une direction artistique à tomber
Cette petite trogne rondouillarde, rappelant des figurines en pâte à modeler posées dans des dioramas délicatement éclairés, donne une identité aussi forte que magnifique au jeu. Elle sied surtout à merveille à l’esprit de Dragon Quest et sa candeur, tout comme à la patte du regretté Akira Toriyama. On prend un plaisir non dissimulé à retrouver les monstres emblématiques de la licence avec une expressivité nouvelle, portée par des animations et des bruitages dignes d’un dessin animé du dimanche après-midi. Hors des arènes de combat, particulièrement réussies, certains environnements peuvent sembler un peu dépouillés, mais ils sont systématiquement contrebalancés par une cinématique ou des jeux de couleur bien sentis.
Un jeu pour tous les fans de RPG
Mais la vraie surprise de ce Dragon Quest 7 Reimagined, c’est sa philosophie : c’est un jeu qui respecte le joueur et son temps. L’expérience a été raccourcie de plusieurs dizaines d’heures, quitte à se défaire de certains arcs qui alourdissent l’histoire, et les allers-retours ont été épurés jusqu’à leur strict minimum, au point de nous permettre de débloquer le sort Téléportation d’entrée de jeu. Mais ce qui me frappe après plusieurs dizaines d’heures c’est à quel point il se positionne comme le jeu parfait pour n’importe quel fan de licence ou pour un néophyte. Jamais un Dragon Quest n’a été aussi modulable, jamais le joueur n’avait pu autant définir sa propre aventure. Difficultés, indices, marqueurs, gains d’expérience, régénération des PV après chaque combat, puissance des coups et ceux des ennemis… presque tout peut être ajusté.
Non pas pour transformer le jeu en une expérience aseptisée, mais pour lui permettre d’épouser des rythmes différents. On peut choisir la rudesse d’un Dragon Quest à l’ancienne, avec ses pics de difficulté traditionnels, ou au contraire, une promenade plus sereine portée sur l’histoire et l’aventure, sans jamais avoir l’impression de trahir l'œuvre ou son ADN. Dragon Quest 7 Reimagined ne juge pas, il propose. Nomade ou sur grand écran, joueur patient ou pressé, amateur de défis corsés ou de balades contemplatives… Square Enix pourrait avoir trouvé l’équilibre parfait, déjà amorcé avec les remakes HD-2D récents, mais qui trouve ici une nouvelle forme d’aboutissement.
Une nouvelle profondeur de gameplay

Cette liberté et cette philosophie de l’expérience à la carte se retrouvent même dans le système de vocations, cœur battant du gameplay. Chaque classe progresse indépendamment, débloque des compétences et des capacités ultimes, et ce Dragon Quest 7 Reimagined introduit même la possibilité d’en équiper deux simultanément. Une première pour la licence, qui ouvre la porte à des combinaisons plus redoutables et à des builds bien plus spécialisés. Et c’est bien la raison pour laquelle vous ne trouverez pas de test de Dragon Quest 7 Reimagined sur Gameblog aujourd’hui : je n’ai pas pu mettre réellement à l’épreuve ce qui est l’une des plus grandes nouveautés côté gameplay.
Je peux vous dire à quel point le jeu sait être remarquable dans ses meilleurs moments, combien on le dévore sans voir les heures défiler, ou comment il concilie à merveille modernité et classicisme, posant peut-être un nouveau standard pour la licence. Mais ce remake reste un jeu qui se révèle lentement, plus rapidement certes, et qui doit être jugé sur la durée. Mais à la question « est-ce que ce jeu est fait pour moi ? ». Peu importe votre profil, la réponse est probablement oui tant il s’efforce de plaire à tout le monde et qu’il le fait bien.
Avis sur Dragon Quest 7 Reimagined après plus de 20h de jeu
Avec Dragon Quest 7 Reimagined, Square Enix semble avoir trouvé la formule parfaite pour la licence. Un RPG au tour par tour suffisamment complexe pour satisfaire les amateurs de statistiques et de défis optionnels corsés, tout en offrant une accessibilité inédite sans jamais compromettre l’identité de la licence. Casuel ou hardcore, néophyte ou vétéran en quête de pics de difficulté parfois presque impitoyables… Dragon Quest 7 Reimagined modernise sans dénaturer, rationalise sans appauvrir et accueille tout le monde chaleureusement sans jamais renier son héritage. Il reste encore beaucoup à découvrir, tant sur les ajustements scénaristiques que sur les véritables implications de ses nouveautés de gameplay, mais une chose est sûre : si vous aimez les RPG au tour par tour, Dragon Quest 7 Reimagined est LE jeu de ce début d’année à ajouter à votre bibliothèque.
Dragon Quest 7 Reimagined sera disponible sur PS5, Nintendo Switch 1 & 2, Xbox Series et PC le 5 février 2026.



