Il y a (déjà) quatre ans, Square Enix répondait enfin à la demande incessante des fans du monde entier en annonçant officiellement le ravalement de façade de l'illustre Final Fantasy VII, le J-RPG qui aura marqué au fer rouge une génération de joueurs européens découvrant pour la première fois l'univers de la célèbre licence. L'aventure de Cloud et de sa bande de terroristes écolos s'est-elle bonifiée avec l'âge ? Voici nos premiers éléments de réponse...

Midgar au gorille

Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, Square Enix avait tenu à nous convier à une présentation animée par le vénérable Yoshinori Kitase, réalisateur de l'épisode original et de cette cuvée 2019. Au-delà des éléments de communication et autre pushages de boundaries de rigueur, le discours rodé du gus nous aura permis de sentir le sens du vent soufflant vers un avenir toujours incertain. Si rien n'aura évidemment filtré sur la suite de l'aventure épisodique, Kitase n'aura pas pris de gants pour expliciter la philosophie qui anime ses équipes : désireuses de s'affranchir d'un héritage sans doute bien trop lourd à porter, Final Fantasy VII Remake n'hésitera visiblement pas à raconter SON histoire, quitte pour cela à prendre des libertés. Et tant pis pour les fans accrochés à leur légende. Prenez Midgar, par exemple : comment expliquer l'obsession de Square Enix pour nous décrire une ville riche, cosmopolite, mélange d'influences et de quartiers à explorer ? L'ouverture commentée par le quinquagénaire nous laisse penser que la ville autrefois simple préambule prendra une place bien plus importante dans cette relecture qui n'avait, il faut se l'avouer, d'autre choix que d'opter pour un parti pris forcément éloigné de l'histoire que nous connaissons tous.

Blooming Mission

Il suffit de découvrir les premières minutes in-game pour s'en rendre compte : en termes de rythme, de narration ou d'ambiance, Final Fantasy VII Remake trace sa propre route, sans regarder outre-mesure dans le rétroviseur. La scène d'ouverture est pourtant connue : alors que crissent les freins d'une locomotive vieillissante jurant avec la virtuosité du thème Bombing Mission, l'indémodable Cloud fait son apparition sur un quai de gare pour se débarrasser séance tenante de la bleusaille locale. Optant pour une mise en scène bien plus riche en détails et optant pour de nombreux angles de caméra dynamiques, cette séquence restée gravée dans les mémoires nous permet de comprendre la nouvelle approche choisie par Kitase et ses collaborateurs : souhaitant mettre l'accent sur la personnalité de ses protagonistes, Final Fantasy VII Remake prend son temps, multipliant les séquences de dialogues rien en éclairages alors que le petit groupe d'Avalanche s'attaque au monopole destructeur de la Shinra. Il faut dire que les séquences et les phases de gameplay s'enchaînent avec l'aisance d'un premier de la classe : l'exploration fait place aux échanges verbaux avant de passer à l'action sans la moindre coupure, visuelle ou sonore, faisant évoluer le thème musicale avec une maestria qui force le respect.

ChocoSlow-Mo

Alors que les joutes se multiplient, on réalise effectivement que le thème des combats s'est invité avec la plus grande des discrétions. Il faut dire qu'il y a suffisamment de paramètres à prendre en compte pour avoir l'esprit passablement occupé. Optant pour des combats en temps réel, Final Fantasy VII Remake se situe quelque part entre Final Fantasy XV pour son dynamisme et son action en temps réel et Final Fantasy XIII pour le côté tactique nécessitant de "stagger" un ennemi pour espérer lui infliger plus de dégâts. Et pour ne pas tout miser sur l'action, Square Enix opte pour un système intelligent autant qu'ambitieux : à n'importe quel moment, le joueur peut choisir de ralentir le temps, ouvrant alors un menu de capacités nécessitant d'utiliser une ou plusieurs barres d'ATB (Active Time Battle), pour le personnage qu'il contrôle ou ses coéquipiers. Cette stase forcément classe vous laisse de temps de peaufiner votre stratégie, sachant que la consommation d'un item pèse autant que le déclenchement d'un sort. Au joueur d'arbitrer entre ces différentes phases au tempo sensiblement différents, auxquelles s'ajoute un mode alternatif annoncé, mais pas encore disponible pour nous autres pauvres mortels. Si seul Cloud et Barret étaient jouables, leur complémentarité offre un bon aperçu de la dimension tactique à venir, puisque l'ex-SOLDAT gère le corps-à-corps tandis que le commanditaire conserve une saine distance et se révèle plus efficace sur certains types d'ennemis.

Où est Matsu ?

Au milieu de cette action frénétique, on oublierait presque de s'attarder sur la partie technique, pas aussi bluffante que ne le laissent supposer les différents trailers dévoilés jusqu'à présent. Ne vous méprenez pas : la direction artistique pour l'instant réussie offre une toute autre lecture des événements que l'on pensait connaître (big up à Heidegger et au Président de la Shinra), mais les esthètes de la technique pure trouveront de quoi chipoter sans grande peine. Le ralenti précédemment mentionné génère d'ailleurs un filtre grisâtre qui masque le détails de certaines textures, sans doute pour soulager une PlayStation 4 en fin de vie, même dans sa version Pro. Ce que l'on ne pourra en revanche pas retirer à Final Fantasy VII Remake, c'est la brillante réorchestration de sa bande-son, lucide, intelligente, inventive et respectueuse de l'originale. Des innombrables variations de Bombing Mission qui usent de nombreux instruments pour se renouveler en passant par Shinra's Corporation qui ose dégainer un audacieux piano en laissant de côté ses percussions, tout fonctionne à merveille, et promet à nouveau de nous en mettre plein les oreilles. Passer après Uematsu semblait sur le papier suicidaire, cette première prise en mains nous prouve que tout est possible en ce bas-monde.

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