Mon blog, ma manette

Mon blog, ma manette

Par Vithia Blog créé le 09/10/11 Mis à jour le 30/12/17 à 20h01

Ajouter aux favoris

Catégorie : Nostalgie

Signaler
Nostalgie (Jeu vidéo)

Nous sommes en février 2005. Cela fait un moment que les plus fans de la série Metal Gear savent que le troisième opus de la saga dite "moderne" va sortir un mois plus tard, le quatre mars ! Ce que nous savions moins en revanche, c'est que le dieu des jeux vidéo nous réservait une surprise de taille : la venue d'une célébrité en rapport direct avec la franchise, dans notre contrée, terre généralement oubliée de tous les événements "sympathiques" du petit milieu du jeu vidéo international.

Pour être exact, ce n'était pas une, mais deux figures emblématiques qui devaient nous rendre visite: Hideo Kojima d'une part et Yoji Shinkawa de l'autre, autrement dit rien de moins que le créateur des Metal Gear et son illustrateur le plus renommé !

Nos amis japonais faisaient le déplacement rien que pour nous, il me fallait participer à l'aventure… et vous allez voir, si vous ne le saviez pas déjà ou l'aviez oublié, que le terme d'aventure n'a rien d'exagéré ! Nous sommes donc en février et l'annonce de la venue de nos personnages se fait comme d'habitude sur les sites de jeux vidéo en déclenchant, soit l'enthousiasme, soit des réactions blasées comme on en voit encore de nos jours. La date du rendez-vous mystique ? Le 4 mars 2005. L'heure de la rencontre : 17h30. Enfin, le lieu des révélations : la FNAC des Halles à Paris. Ceci fut l'annonce officielle des débuts de notre aventure. Assez rapidement, une rumeur parla de rencontre plutôt prévue pour la FNAC St Lazare. Il fut assez difficile d'avoir des certitudes à ce niveau et je connais personnellement quelques individus qui se rendirent en fin de compte aux Halles pour rentrer bien évidemment bredouilles. 

Mais passons ces élucubrations et revenons-en à notre séance de dédicaces. Hideo Kojima étant "relativement" connu, je pensais tout naturellement qu'une file d'attente allait se créer aux portes de la FNAC en attendant leur ouverture. Je décidai donc de partir suffisamment en avance pour être dans les premiers. Devant rencontrer l'artiste à 17h30, je me suis dit qu'arriver vers midi serait sans danger. Mon caractère plus que prudent faisant le reste, je me plaçai finalement devant les dites portes à 10h du matin le jour J ! Je ne fus cependant pas le premier à être sur place. De chaque côté des portes, une file de quelques individus. Nous étions moins de dix au total. Il fallait désormais patienter jusqu'à l'heure fatidique. Sept heures trente d'attente ! Bon, qu'à cela ne tienne, il ne s'agissait là que d'une "épreuve" ridicule… souvenez-vous des spartes ! Sauf que les Spartes n'eurent sans doute jamais connu la suite des événements ! Je n'avais rien prévu ni à boire, ni à manger. Pourquoi ? Je ne sais pas, coup de tête, oubli dû à l'enthousiasme ou simple stupidité. J'avais par contre prévu un bon gros sac avec quelques exemplaires de jeux de la série Metal Gear à faire estampiller de beaux autographes! Aurais-je dû oublier les jeux et remplir mon sac de victuailles? Allez savoir ! Toujours est-il que vers le coup de 14h, la neige commença à tomber ! Après tout nous étions en mars, c'était l'hiver! La température avait chuté déjà quelques heures auparavant et rester immobiles, debout sur un trottoir, n'était pas une sinécure mais quand la neige tomba, les fans, les vrais, c'est-à-dire les fous venus sur place quatre heures avant, ceux-là sentirent le poids de leur dévotion peser sur leurs épaules ! Bref, pour faire simple nous avions froid !

C'est également vers quatorze heures qu'une autre forme d'exaspération se joignit à l'expérience ! En effet, de nombreuses personnes, dont pas mal d'individus dont les plus grandes qualités n'étaient ni la politesse ni la discrétion, vinrent se joindre aux deux files d'attente qui s'étaient formées jusque là. Soit-dit en passant, je ne sais toujours pas pourquoi deux files coexistèrent ! Les individus en question s'incrustèrent dans les rangs prétextant que des amis y étaient déjà. Il ne s'agit pas là d'un fait isolé mais d'une bonne dizaine, voire vingtaine d'individus qui agirent ainsi. Se rendre compte que vous êtes doublé par des importuns et que vous n'avez qu'à vous taire parce qu'ils sont plus nombreux que vous alors que vous vous "poireautiez" là depuis des heures, grelottant… quelle agréable sensation… qu'on me donne un fusil !

Quand les dix-sept heures arrivèrent, j'avoue qu'un soulagement gonfla ma poitrine et qu'un regain de volonté emplit mon esprit ! J'allais enfin rentrer dans la FNAC, faire signer mon jeu et rentrer chez moi boire un bon verre de chocolat chaud. Dix-sept heures dix, dix-sept heures vingt, dix-sept heures trente eeeeetttttt… dix-sept heures quarante… quoi ? Comment ? Les portes ne s'ouvrent pas ? Qu'est-ce que tu me racontes là ? La foule gronde, en silence, les murmures enflent. Finalement avec presque une demi-heure de retard, nous voyons les portes du paradis s'écarter. Rappelons que nous parlons-là d'une entrée de service et non des portes principales. Comme beaucoup d'autres, sur le moment j'ai imaginé la délivrance. Cela devait aller vite: rentrer, attendre cinq, dix minutes, le temps que les personnes avant moi obtiennent leur Graal. Dans les faits, ce n'était que le commencement d'une nouvelle galère !

Suite de l'article sur le site oldiesrising.com

 

 

Pour ma part, mon périple s'est achevée à l'entrée de la FNAC. De Kojima, je n'ai pu qu'entre apercevoir une limousine noire s'éloignant sous les huées de la foule. J'étais pourtant arrivé vers midi, étudiant à l'époque j'avais séché les cours de l'aprem, mais en vain... En rentrant chez moi, j'étais partagé entre une immense frustration et une haine contre l'organisation foireuse de l'événement. Arrivé chez moi, je me suis senti honteux et confus : ce n'est pas dans mes habitudes de m'emporter pour si peu. Ce n'est que Kojima et Shinkawa après tout. Je m'enferme dans ma chambre et me pose devant ma console. Je lance le jeu, mes yeux sont humides...

 

Le lendemain en allant en cours, je ramasse le journal gratuit 20minutes dans le métro. Un encart attire mon attention...

Paris, le 05/03/05,

A tous les gens présents à Paris, merci encore de vous êtes tous rassemlés hier soir, sous la neige pour la séance de dédicaces MGS3 ! Malheureusement par manque de temps, nous n'avons pas pu satisfaire tout le monde et cela est fort dommage. Je reviendrai à Paris et espère que nous nous reverrons cette fois-ci !

Hideo Kojima

 

J'ai découpé soigneusement le message pour me souvenir. Me souvenir d'une époque où j'étais un fanboy prêt à braver la neige et le froid pour rencontrer mes idoles. Tout ça pour dire que... Attendez...

Oui... Ah bon ? ok... On me dit que je n'ai pas tant changé que ça. Enfin bref, je m'excuse pour ce titre malhonnete. Le billet aurait du s'appeler Vithia Kojima, une rencontre qui n'a pas jamais eu lieu...

 

PS : un grand merci au site oldiesrising.com pour leur aimable autorisation

PS2 : le jeu sur la photo m'a été offert par Vicporc

PS3 : je n'ai pas la console 

Ajouter à mes favoris Commenter (7)

Signaler
Nostalgie

A cette époque...

Les jeunes ne communiquaient pas pour ne rien dire sur les réseaux sociaux car il n'y avait pas d'internet.

Les jeunes ne s'appelaient pas pour faire des jeux de rôles car les téléphones mobiles n'existaient pas.

Les jeunes ne jouaient pas aux jeux vidéo chez eux, car avant d'acheter "ce truc compliqué avec plein de boutons venu du Japon" (dixit les parents) il fallait acheter un magnetoscope.

Les jeunes aimaient (déjà) l'Heroic Fantasy mais avaient aussi la flemme de se taper l'intégrale de Tolkien... En fait ces jeunes préféraient vivre l'aventure plutôt qu'on la leur raconte.

Aujourd'hui ces jeunes sont moins jeunes, mais cela ne les empêchent pas de retourner Mass Effect 2 ou Deus Ex et d'attendre fébrilement la sortie de Skyrim.

PS : il n'y avait pas de Guide, il fallait le faire soi-même... comme un grand ?

 

Ajouter à mes favoris Commenter (10)

Édito

Archives

Favoris