CARIBOU: Scholarship Edition

CARIBOU: Scholarship Edition

Par seblecaribou Blog créé le 05/02/10 Mis à jour le 22/11/13 à 06h02

Le quotidien d'un gamer, nanardeur, cinéphile, blondophile...

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Catégorie : Silence, Moteur, Action!

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Silence, Moteur, Action!

Mes amis je rentre à peine du cinéma et je me dois d'écrire tout de suite, sans retenu et sans recul ce que je pense du dernier film de Disney, Tangled. Je vous en parlais le 16 Juillet dernier suite à une rencontre Club 300 en Juin du producteur Bill Conti. Il est sortie le premier du mois et j'ai enfin pu le voir...

Récemment Disney c'était ça...

...ou ça. Mouais, bof.

Après les très moyens Chicken Little, The Wild ou encore Bienvenu chez les Robinson, j'attendais qu'ils reviennent à leurs sens, nous remettent des étoiles dans les yeux. Je voulais de nouveau ressentir les mêmes sentiments que pour Le Roi Lion, Aladdin, La Belle et la Bête ou Fantasia. Depuis quelques années, je pense que peu de gens contrediront le fait que c'est Pixar qui a tenu Disney à son top en sortant ses petits bijoux notamment Wall-e et le récent Toy Story 3 (qui à mon sens est une merveille). Ce que je voulais c'était que Disney laisse la 3D (l'image de synthèse) à son studio dédié et s'occupe de revenir à une belle 2D.

Alors forcément je le disais, j'avais été un peu refroidie en apprenant que Tangled serait en 3D et en 3D relief qui plus est. Malgré tout j'étais ressortie très impatient et je pense que déjà je vous avais fait part de mon enthousiasme et ma persuasion quant à la réussite de ce come-back. Vous savez quoi? J'avais raison...

Disney est de retour, pour de vrai avec un film qui propage sa magie sans effort. L'histoire est l'adaptation du conte allemand Rapunzel. La version originale est quelque peu différente...clairement ici on ne verra pas d'énucléation, de sang à outrance, d'errance morbide car oui, on reste dans un Disney. Ici on reprend la base du conte et on change un peu les enjeux. Raiponce (Rapunzel en VO donc) est une petite princesse retenue dans une tour sans porte par celle qu'elle appelle sa mère, mais qui n'est qu'une vieille bonne femme. Cette femme retient la demoiselle pour une raison, elle détient un pouvoir fantastique dans sa longue et blonde chevelure, celui de repousser la vieillesse et de guérir les blessures.

Bien tarée la mamma...

La demoiselle est loin d'être maltraitée. Ne connaissant pas ses origines royales elle vit sa vie dans sa tour, libérant sa personnalité un brin enthousiaste et folle sur les bords, ne rêvant qu'au jour où sa chère mère lui laissera voir les lumières qui flotte au loin dans le ciel à chacun de ses anniversaires. Elle va avoir l'occasion de réaliser son rêve quand Flynn Rider, un voleur beau gosse va faire irruption dans sa tour pour échapper à la garde royale.

La séduction...tout un art que Flynn maîtrise à la perfection!

Pour commencer, la première chose qui choque, c'est que visuellement Disney défonce tout. Le rendu graphique (sans même parler de la 3D relief) est juste fantastique. Je ne sais pas comment ils sont parvenu à un résultat pareil (même si justement le producteur nous avait expliqué que c'était leur volonté) mais on a l'impression d'être devant l'un de plus beau film 2D de Disney (la Belle et la Bête par exemple) mais avec un côté palpable et doux. Techniquement et esthétiquement c'est juste bluffant. Le mieux c'est que cette technique est mise au service des personnages.

Raiponce est...blonde oui, mais surtout belle comme un coeur. Son visage permet de lui donner à la fois une bouille irrésistible et des expression plus drôles et enjouée. C'est aussi une princesse complètement hors de ce que j'ai vu dans les autres Disney. Elle est un peu folle, mais de cette folie si blonde, un peu tête en l'air, naïve et loin d'être idiote pour autant. Bref oui, je suis conquis et heureux de constater qu'on peut encore surprendre avec une princesse. Le récit tourne autour de son obsession pour les lanternes volantes et de son otage, Flynn qui n'a d'autre choix que de la suivre pour une raison que vous verrez par vous même.

L'ensemble du film est enrobé dans une superbe ambiance musicale que l'on doit ni plus ni moins qu'au compositeur d'Aladdin, Monsieur Alan Menken. Les musiques sont donc belles et agréables à écouter et surtout pas envahissantes comme dans un Pocahontas par exemple. Ça faisait tellement de temps que j'attendais ça aussi. Un Disney musicalement réussi et qui ne se tient pas juste à des vannes, toujours des vannes, mais aussi un peu d'émotion qui marche. En parlant d'émotions, je dois avouer encore une fois avoir été bluffé. Même la scène que j'avais pu voir en prototype qui avait un fort risque de paraître vraiment gnian-gnian passe avec une vraie magie et en chanson en plus. Du grand art.

L'une des scènes de ce passage est juste hypnotisante en 3Drelief...vous comprendrez en le voyant.

Je ne voudrais pas gâcher toutes les petites surprises que réserve le film, mais sincèrement, chaque personnage à son importance et son aspect comique à apporter. Même la 3D relief est bien exploité avec une vraie sensation des volume (et pas juste des plans superposés). Ce qui pourtant rend ce nouveau Disney si nouveau et fou techniquement et en même temps si proche de leur vieilles productions, c'est le mélange parfait d'émotion, d'amour évidemment et d'humour qui ne fait pas de grumeaux. En fait si je devais résumer la raison qui fait qu'il faut aller voir Raiponce, ce qui fait de ce film la meilleure réalisation de Disney depuis bien des années, c'est qu'il a UNE AME. Des chansons comme je n'en avais pas entendu depuis longtemps, un visuel qui parvient à ouvrir la bouche tout les quart d'heure et des personnages super attachants qui tourne autour d'une belle histoire...bref un GRAND DISNEY.

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Même si Halloween a fait son oeuvre macabre (enfin en France pas vraiment) je vais tout de même continuer un peu sur son thème. Après un article zombiesque, je vous propose aujourd'hui un autre pan du film d'horreur qui d'un point de vue général revêt un aspect humoristique. Il s'agit des petits monstres. Il y a eu un paquet de mascottes plus ou moins stupide dans ce genre cinématographique. Des poupées meurtrières, des boules de poils plus ou moins cruelles ou même des lutins du folklore Irlandais...voici ma sélection.

 

Leprechaun

Puisque je suis lancé sur le folklore Irlandais, je vais commencer par Leprechaun. L'idée de prendre un lutin Irlandais comme vilain de film d'épouvante, il fallait la trouver et surtout avoir les guts pour la concrétiser. Croyez moi, si le concept à l'air stupide...c'est parce qu'il l'est. Aucun doute, c'est on-ne-peut plus ridicule et ça n'a pas d'autre intérêt que de pouvoir dire « j'ai vu un film avec Jennifer Aniston qui se fait courser par un leprechaun tueur »

Car oui le film est surtout connu (enfin connu c'est un bien grand mot) pour être la première apparition cinématographique d'une des Friends. Sous le masque de la cupide créature on retrouve le lead actor de Willow ici cantonné à griffer et mordre et à crier « I want me gold! » (et non pas « my gold »).

Au final le film n'est pas super gore, très loin d'être bien écrit et est bête, bête, bête...mais parvient à être drôle par moment et ça c'est priceless. Il y a eu une quantité de suites complètement dispensables. Étant donné la piètre qualité du premier volet, on ne pouvait pas espérer un miracle. FuckinGaulois a d'ailleurs mis l'une de ses suites dans ses films jamais finis.

 

Critters

D'une prison spatiale sur l'astéroïde « je-ne-sais-pas-combien », des créatures, petites boules de poils noirs mignonnes en apparence, nommées Crites ou Critters s'échappent dans un vaisseau spatial. Le gardien (qui a une tête en forme de phallus) envoie à leur poursuite une paire d'extra-terrestres (qui ont une tête de PsMove) ayant la capacité de se transformer entre autre, en chanteur d'un groupe nase de glam-rock.

On joue ici dans la même cours que Leprechaun. Le film n'est pas particulièrement gore et dès le début sans queue ni tête nous fait bien comprendre que c'est un objet filmique débile que l'on va regarder. Les boules de poils noirs ont une bonne bouille avec de grandes bouches pleines de dents acérées et des yeux rouges. Ils peuvent aussi balancer de petits cure-dents empoisonné de leur dos et la méthode d'attaque de base est la morsure.

Honnêtement le film est un peu mou et les bonnes scènes tiennent vraiment aux deux chasseurs qui font tâches dans le décor et aux Critters bien sûr qui sont sous-titrés puisqu'ils parlent dans leur langue galactique. D'ailleurs les sous-titres en question laissent quelques bonnes répliques pour des créatures non-humaines, notamment un bon gros « Fuck! ». Au final, je ne vais peu-être pas le conseiller parce qu'il apparaît comme un sous...Gremlins.

 

Gremlins

on touche à un film génial. Contrairement aux deux films précédents qui peuvent paraître parfois lourds et qui peinent a être horrifiquement drôle, Gremlins est l'ultime film de petits monstres. Le film parle de la découverte d'un petit animal de compagnie, un mogwai, charmante boule de poils qui sifflote pour passer le temps. Gizmo, de son petit nom, a comme tout animal de sa race quelques particularités qui forcent tout possesseur à suivre des règles précises. On ne mouille jamais un mogwai, on ne l'expose pas à la lumière vive et encore moins à la lumière du Soleil qui le tue (il a du sang de Dracula ou quoi?) et surtout le fameux, on ne le nourrit pas après minuit.

Évidemment pour que le film parte rapidement en sucette, toutes les règles vont être brisées une par une. Lorsqu'on le mouille, Gizmo créé automatiquement des semblables nettement moins tendres et adorables que lui. Ceux-ci sont farceurs et surtout bien acharnés. Le vrai souci vient lorsque ces petites bêtes se nourrissent après minuit. Une mutation intervient et celles-ci se changent en gremlins, d'affreuses versions big size vertes des mogwai. A ce moment là; c'est la panique dans la ville...

Ce qui rend Gremlins si drôle c'est que les bestioles du film n'ont aucune limite. Envoyer une grand mère par la fenêtre, se mettre la misère dans un bar et fumer comme des pompiers, parodier Fame, s'attaquer à Noël...le film qui pourrait passer pour un divertissement enfantin est en fait complètement politiquement incorrect et probablement nettement moins aseptisé que ce que l'on pourrait essayer de nous sortir dans le même genre de nos jours. Entre ceux qui se font poignarder façon Psychose, fondre dans le micro-onde ou encore recouvrir de pustules, on a vraiment des scènes bien crades mais toujours drôles. De plus il est assez intéressant de noter que le réalisateur, Joe Dante était à l'époque l'un des protégés de Spielberg avec Robert Zemeckis. Le résultat c'est que visuellement c'est juste le top des effets spéciaux sans images de synthèses (le film date de 1984), avec un florilège de marionnettes et animatroniques parfaitement réussi. S'il est comme le reste des films de ce sous-genre, un film destiné à n'être que fun, il l'est complètement. Ceux qui ne l'ont pas vu devraient franchement ce pencher dessus...et sur sa suite.

 

Gremlins 2: The New Batch

La suite des géniales aventures de Gizmo et de ses frangins complètement tarés a mis un certain temps à venir puisque ce n'est qu'en 1990 que l'on a eu ce deuxième volet. Ici on reprend les même et on recommence...en plus débile, en plus parodique et surtout en plus auto-dérisoire.

Pour moi c'est aussi ça la qualité de ce second volet. Sachant pertinemment qu'il était impossible de faire une suite qui ne tournerait pas en rond, j'ai l'impression que Joe Dante s'est juste éclaté. Le film ne cherche aucunement a être autre chose qu'un fourre-tout de tous les ravages que les gremlins peuvent faire et de toutes les formes qu'ils peuvent bien prendre.

Entre le gremlin chauve-souris, le gremlin araignée, le gremlin scientifique (qui est juste excellent) et j'en passe, on en a encore plus pour son argent et les situations deviennent plus stupides qu'on ne pourrait l'imaginer et c'est cette esprit encore plus décomplexé qui est follement drôle. De plus je trouve que l'intérêt pour les scènes avec des humains est encore plus présent tout simplement parce qu'on a plus de personnages exécrables et snobs dont on attend que le moment où les bestioles vertes vont leur faire leur fête. A ce titre, je tiens à remettre un award personnel pour deux des plus grandes scènes de n'importe que j'ai pu voir dans un film. D'abord Gizmo en mode Rambo 2 avec un bandana rouge et un arc qui flèche l'un de ses congénères, mais surtout la scène du cabaret avec la gremlinette qui est juste à mourir de rire.

Je voudrais vraiment mettre en lumière le caractère (auto) référentiel de ce second volet. Il y a de nombreux moments qui renvoient à un film, une époque du cinéma ou une référence précise. Par exemple il y a un plan où l'un des gremlins se transforme en chauve-souris et ou la caméra fait un zoom sur le professeur du laboratoire qui n'est autre que...Christopher Lee alias Dracula. Revoir le film maintenant en prenant bien conscience de ses nombreuses références est un nouveau plaisir. Comme je le disais aussi au début, celui ci n'hésite pas à se moquer de son prédécesseur et de lui-même par la même occasion donnant ainsi lieu à une discussion sur la règle du « never fead'em after midnight »...c'est vrai après tout il est toujours minuit quelque part, ou tout simplement en jetant en pâture aux gremlins un critique de cinéma indélicat en vers le premier opus.

S'il est donc peut-être moins original puisque second de sa mini-saga, plus bête encore (si c'était possible) et encore plus référencé, je préfère ce second volet au premier. Les effets spéciaux sont géniaux, la quantité de gremlins différents est sans cesse là pour renouveler l'action, les temps-morts sont inexistant et l'atmosphère est tout simplement survoltée, comique et anti-conformiste. En ce qui me concerne c'est un film culte!

 

Child's Play

Le premier volet des aventures gores de Charly Lee Ray alias Chucky est donc Child's Play, traduit à merveille en français par Jeu d'Enfant qui a malheureusement chez nous un quasi-homonyme dans un film d'amour de Yann Samuell avec Guillaume Canet et son oscarisée d'épouse Marion Cotillard, intitulé Jeux d'Enfants...avec un "x" et un "s" donc. Ne vous loupez pas en louant le film ou vous pourriez bien passer la soirée à regarder une romance française (de qualité ceci dit).

Jeux d'Enfants

Jeu d'Enfant

Chucky est un poupon rouquin qu'on trouve dans toutes les bonnes boutiques de jouet. Cependant il ne s'agit pas juste d'un poupon normal, il s'agit d'un poupon abritant l'esprit Charles Lee Ray (composition de noms de tueurs en série américains pour l'anecdote) un psychopathe qui s'est fait abattre dans un centre commercial. Le petit garçon qui est devenu son propriétaire va avoir de bien mauvaises surprises...

Chucky est bon film d'horreur à mon sens. Il tient une bonne partie de son intérêt sur un certain suspens. Pas vraiment de savoir si le môme est en train d'imaginer tout cela, ce qui au passage est plutôt dommage, puisque la piste aurait pu être intelligemment exploité. On est directement sûr qu'en effet la poupée est possédée. En revanche, on attend le moment où celui ci va sortir de son mutisme qui torture le gamin et passer à l'action. Et à ce moment ça devient vraiment fun.

Hey, I'm Chucky wanna' play?

Chucky est de toutes les mascottes précédemment citées l'une des plus connues. En fait, les films Chucky sont plus souvent à classer dans la catégorie slasher et comédie, puisqu'ils n'hésitent pas à laisser pas mal de cadavres au fil des nombreuses suites. Comme la plupart des films d'épouvante, les suites sont dispensables, ceci dit, j'ai également passé un bon moment devant Bride of Chucky, ou La Fiancée de Chucky en français (référence à Bride of Frankenstein je suppose) qui est le quatrième volet de la série. Vous pouvez vous y essayer.

 

Pour cette mini sélection, je n'ai finalement trouvé beaucoup de films qui vaillent le coup que l'ont se penche dessus. J'aurais pu inclure Troll 2 qui est peut-être le film au monde qui contient le pire acting jamais fait (ce qui n'est pas peu dire). Je dois avoué que je résiste pas à l'envie d'inclure une petite réplique cultissime de ce film...juste pour le plaisir.

 

A choisir parmi ma sélection, c'est évidemment les Gremlins qu'il faut absolument voir si on est passé à côté (synonyme « d'avoir vécu dans un bunker pendant 20ans »). Cependant je ne mettrais pas de côté Child's Play qui reste un bon slasher dans un genre un peu particulier. En tout cas il y a de quoi rire dans une ambiance frissonnante.

 

 

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Puisque Kain nous prépare un petit marathon de George Romero, je me suis dis que j'allais profité de ma semaine avant Halloween pour consacrer un article aux films de zombies que j'ai vu (pas tous). Quand on regarde un peu la liste de pièces de cinéma que contient ce sous-genre dans le genre horreur, on se dit qu'il y a largement de quoi faire. Voici donc les films de zombies que j'ai retenu pour de bonnes ou mauvaises raisons. Comme d'habitude, je ne peux pas être exhaustif car je ne peux pas donner un avis sur un film que je n'ai jamais vu...

Si je ne l'ai pas précisé encore, il y a plusieurs type de films de zombies qui comme on l'aura tous remarqué ont grandement inspiré nos jeux par la suite. C'est à George A. Romaro que l'on attribue la parternité du genre cinématographique, avec son Night of the Living Dead. A ma connaissance, il y a eu un ou deux films antérieurs qui parlent de zombies, mais pas comme on se les imagine avec nos stéréotypes.

Ils sont lents, stupides mais acharnés car ils mangent de l'humain et font tout pour suivre ce régime strict. La chaire dans un premier temps, mais par la suite d'autre films parleront de mangeur de cervelles...ce genre de zombie est bien sûr le type qui a fait de Resident Evil le roi des survival/horror à ses débuts. Par la suite, ils sont devenus plus malins (enfin rien qui ne mérite un Nobel non plus) mais surtout rapides et agressifs (avant ils ne cherchaient qu'à faire des bisous dans le cou). Le point commun entre les deux types est qu'en cas d'attaque et particulièrement de morsure, la contamination mène toujours à une transformation. Bien sûr certains films changent les règles ou en instaurent des nouvelles, mais vous connaissez déjà tout ça. Place donc à ma sélection.


Diary of the Dead ou la caméra à l'épaule qui marche...

Je ne le répèterais jamais assez, le concept de film au caméscope (dans le sens vrai-faux documentaire du terme) me gonfle au plus haut point pour la simple raison qu'il sacrifie de base une grande partie non pas de la mise en scène, mais de la façon de la montrer et surtout qu'il essaye de nous faire croire qu'une personne préfèrera filmer ce qui se passe autour d'elle (souvent de quoi déféquer dans son caleçon) plutôt que de simplement courir pour sa vie. Pourtant quelques incursions ont été assez intelligemment faites comme je le disais pour le très sympathique The Last Exorcism.

Diary of the Dead est de ceux là. Comme pour une bonne partie des production du genre, on ne s'attarde pas vraiment sur le pourquoi du comment, pas plutôt sur les survivants, ici des étudiants en cinéma qui voient en ce réveil des morts une occasion pour rendre leur reportage plus intéressant et réaliste. On a affaire aux zombies de type 1, plutôt courges et lent et qui malgré tout parviennent à faire des dégâts.

Romero oblige, il y aurait ici encore une critique sur son pays. De ce que j'ai pu lire ce serait la presse qui serait ici visée...c'est sûr qu'il y a un certain côté voyeur qui est mis en lumière par le film, mais ce n'est pas pour ça que je l'ai retenu. Je me souviens surtout que pour un film tourné caméra à l'épaule, ça ne lésinait ni sur le gore (sans en faire des caisses) ni sur la réalisation qui restait de qualité. Les acteurs s'en sortent très bien et le tout se laisse gentiment regarder. Un bon début de soirée.



Brain Dead ou quand Peter Jackson réalise le film le plus gore jamais fait...

On pourrait croire que les récents films de tortures ou la montée en puissance des reboots et remakes des slashers d'il y a quelques années sont devenus d'une violence indescriptible. Cependant aucun nouveau film ne peut surpasser celui là. Je vais être complètement honnête, je n'ai pas revu le film depuis cinq bonnes années et j'étais passablement éméché quand celui ci a pris fin. Tout ce dont je me rappel c'est que même en imaginant la plus sadique, atroce, immonde et sans limite orgie de sang, de chaire et de gerbe, je ne pourrais jamais rendre à l'écran ce que le réalisateur de Lord of the Ring a pondu avec Brain Dead.

Il ne me reste que quelques images nettes de ce film, notamment un bébé qui se fait démonter dans un parc, un arrachage de cervical, un mec qui pisse sur une tombe se retrouve les joyaux dans la main ferme d'un zombie fraîchement sorti de la tombe en question et une giclé de gerbe au milieu d'une intervention chirurgicale. Par conséquent je ne saurais affirmer avec fermeté si c'est une parodie de films de genre, ou si c'est un film de genre qui est extrêmement gore et mauvais par la même occasion. Quoi qu'il en soit, si vous cherchiez le film de zombie (ou pas d'ailleurs) le plus gore possible c'est vraiment celui là qu'il faut voir...mais vous serez prévenu, il y en aura partout sur les murs. Je vous conseil également les tripes à la mode de Caen pour accompagner ce deuxième film.



28 Days Later et 28 Weeks Later ou la montée de stress et d'adrénaline.

Qu'on le prenne comme un nanar assumé, ou une parodie, Brain Dead est tout simplement le film ultra too much du genre. Au final c'est ceux que je préfère et la fin de ma sélection vous confirmera cela. Cependant dans un style nettement plus sérieux et loin du film d'exploitation, on trouve les deux films (bientôt trois en 2011) de Danny Boyle, réalisateur britannique à qui l'on doit l'excellent et subversif Trainspotting (le Requiem for a Dream "marrant") ou le très drôle et méconnu Life Less Ordinary avec Cameron Diaz et Ewan McGregor (le Bonnie and Clyde "marrant"). S'il n'a réalisé que le premier volet (il a produit le second) je les laisse pourtant lié car ils sont fait du même bois.

C'est le premier film (en 2002) où je me rappelle avoir vu des zombies courir. Il faut admettre que malgré leur surnombre et la capacité incroyable des empotés de survivant à trébucher au moment où les morts-vivants les poursuivent, je ne les ai jamais trouvé spécialement menaçant, avançant les bras ballants en sortant des borborygmes...un peu ridicules. Alors quand j'ai vu 28 Days Later, j'ai passé la plupart l'heure 45 que dure le film, les poils de la nuque dressé, les oreilles tendues et les doigts bien enfoncés dans un coussin de mon canapé.

Hum vivaces les bestiaux!

L'invasion de zombies vient ici d'un virus transmis par des chimpanzés de laboratoire qu'un groupe d'activistes à tenté de libérer de tests inhumains. Le vrai point intéressant c'est que le début du film nous montre le héros, Jim qui se réveil d'un coma dans un Londres absolument vide. L'angoisse.

A chaque fois que je pense au premier volet, je n'ai qu'un mot en tête «stress». La réalisation est géniale, ménageant des moments d'intenses suées comme la scène du changement de pneu (je vous jure que je pète un câble à chaque fois que je la revois) ou des passages plus lents et glauque comme la scène qui sent méchamment le viol dans le camp militaire. Au final le premier est pour moi l'un des meilleurs et son lead-actor Cillian Murphy (que l'on retrouvera dans les deux Batman et Inception de Nolan) est juste impeccable.

Le deuxième volet se déroule  28 semaines après le début de l'infection et les choses vont de plus en plus mal. On retrouve dans celui ci le même stress caractéristique avec une composante beaucoup plus gore mais jamais dans le sens grotesque du terme. Les thèmes abordés sont très bien amenés narrativement et j'ai été très surpris par la performance de Robert Carlyle que je ne connaissais jusque là que pour le mémorable The Full Monty. Il y a moins d'angoisse, plus d'action, par contre attention pour le coup, il n'est vraiment pas à mettre entre toutes les mains. Le film est très violent (je pense surtout aux retrouvailles pas très heureuses qui finissent avec deux pouces dans les yeux...) et d'autant plus qu'il ne se veux pas dans la surenchère. Contrairement à Brain Dead, là on a juste mal pour les victimes de ses zombies marathoniens.




Shaun of the Dead ou l'humour british explose le terme parodie.

Dans la série des «of the Dead» on a du Diary, du Dawn, du Plane, du House (bouuuh) ou même du Prison. C'est parfois sérieux, parfois raté, mais jamais au grand jamais ça ne peut atteindre la qualité du film de Edward Wright qui a pondu par la suite Hot Fuzz et Scott Pilgrim vs The World. C'est tout ce que l'on peut faire de mieux avec les clichés du film de zombies et tout ce qu'on peut faire de mieux avec l'humour anglais qui est mélangé dans Shaun of the Dead.

Shaun of the Dead c'est un peu les survivants de la lose. Simon Pegg se fait larguer par sa copine, pas de bol juste au moment d'une contamination globale de la population londonienne. Avec son meilleur pote (Nick Frost) ils vont tenter de sauver Liz, son ex, sa mère, son beau père (Bill Nighy)  ainsi que ses amis et de les ramener...dans le bar où ils sont pilier de comptoir.



C'est un peu compliqué d'expliquer comment le film parvient à être hilarant. Ca tient à la réalisation, avec des transitions qui réservent souvent des surprises et des effets spéciaux impeccables et bien gores comme il faut quand il le faut; avec l'utilisation et le détournement des éléments propre au genre mais jamais de façon stupide ou évidente. Il y a des clins d'oeil à d'autres films de zombies mais surtout il y a des gags juste parfait à la pelle et une brochette d'acteurs tout simplement excellent. Je retient avant tout Bill Nighy qui est un acteur que j'adore (dans Love Actually et The Boat That Rocked entre autre) Simon Pegg et Nick Frost évidemment qui sont à mourir de rire. Si les 28 sont au top dans niveau stress et angoisse, Shaun of the Dead domine le genre humoristique...ou presque.

 

Zombieland ou le Left 4 Dead qui s'éclate.

Si vous avez déjà lu mon premier Fan De, vous savez que c'est mon septième film préféré ever. Il est pourtant très récent puisque sortie en 2009, mais je l'ai déjà vu plus d'une dizaine de fois (à force de le montrer à tout le monde) et il est de ces films qui me font de plus en plus rire, dont je retiens les répliques par coeur et dont chaque scène est un vrai régal.

Encore une fois, comment le monde est devenu Zombieland, ça n'a aucun intérêt. Le film se focalise d'abord sur Colombus (Jesse Eisenberg) un jeune homme, ancien no-life sur WoW qui s'est plus ou moins retrouvé seul après la contamination. Il voyage donc en suivant scrupuleusement des règles qu'il a établi et qui jusque là lui ont gardé les miches sans morsures de mort-vivant. #01 Cardio, un bon entraînement permet de tenir la distance. #02 Double Tap, la deuxième balle c'est la sécurité. #03 Beware of the Bathroom, les chiottes peuvent être un vrai piège à con...Sur sa route vers la maison de ses parents où il espère retrouver un semblant de famille encore vivant, il croise la route de l'excentrique, déjanté et toujours près à l'éclate Tallahassee (Woody Harrelson) et les deux soeurs les plus malines qu'on puisse trouver Little Rock (Abigail Breslin) et Wichita (Emma Stone...love).

A partir de là c'est juste du pur plaisir. De la démolition en règle d'une boutique de Natifs Américains, en passant par un caméo fantastique de Bill (fuckin') Murray, une séance de foutage de gueule de la part des soeurs et zombies qui meurent à la pelle, il n'y a pas un moment qu'on puisse ne pas aimer dans le film. Je crois aussi que j'ai été juste bluffé par le casting qui est au top. Woody Harrelson est particulièrement en forme et complètement en roue libre sur certains passages et puis voilà...Emma Stone. J'ai juste à prononcer son nom et vous avez compris. En bref pour moi c'est le film de zombies ultime malgré qu'il penche dans le côté humoristique du genre il me semble particulièrement bon et immanquable si on veut tâter de la viande pas fraîche pour Halloween.


Voilà donc une sélection courte mais assez éclectique. Que vous cherchiez du stress avec les deux 28, du classique avec Diary of the Dead, du tellement gore que c'est pas croyable avec Brain Dead ou de quoi se fendre la citrouille avec Shaun of the Dead et Zombieland, il y a un film de zombies pour vous! A vous de voir ce qui vous tente le plus...moi je retourne bouffer du cerveau!

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Voilà enfin LE film dont je voulais me faire un avis précis. 2001: A Space Odyssey...parmi la foultitude de films encensés et considéré comme cultissimes par beaucoup, celui ci à une place très particulière. A l'instar d'un David Lynch, le film de Kubrick divise. Il y a d'un côté ceux qui diront qu'il est prodigieux, immanquable, le top de la science-fiction spatiale et une pierre angulaire dans le cinéma. De l'autre il y aura ceux qui parleront d'une imposture, d'un film surévalué et chiant de manière incompréhensible. Je suis malheureusement bien mal assis, puisque j'ai le séant entre deux chaises.

Mon ressenti sur l'oeuvre général de Kubrick est comme je le précisais dans les commentaires de mon article précédent loin d'être en sa faveur. Eyes Wide Shut est sans conteste l'un des films les plus inintéressants que j'ai pu voir dans ma vie. Le rythme implacable de mollesse a réussi a me faire détester un film où figure en tête d'affiche Nicole Kidman. Croyez moi, ce n'était pas une entreprise facile. Mais surtout, The Shining a réussi à me fâcher avec Jack Nicholson pendant dix bonnes années...jusqu'à ce que je vois enfin One Flew Over the Cuckoo's Nest. Par conséquent c'est toujours à reculons que j'aborde un film de réalisateur dont Orson Welles même disait qu'il y voyait «un géant». Trois films sur sa filmographie me paraissaient à voir pour la culture au moins, et pour se faire son avis surtout: A Clockwork Orange, Full Metal Jacket et 2001: A Space Odyssey. J'ai donc rayé le dernier de la liste des films à voir...alors?

Comme je le disais mon avis est extrêmement mitigé. Je ne saurais être parfaitement racoleur en détruisant le film (au risque aussi de me prendre un retour de bâton de Kain dans la tête) ou parfaitement dans la ligné des deux précédents articles en l'encensant. 2001 est...présomptueux. Se voulant réellement différent, se voulant réellement nouveau dans le genre science fiction en 1968 (rappelons-le un an avant les premiers pas d'un américain sur la Lune), le film prend des allures d'expérience cinématographique, une sorte de pièce d'art vidéo plus que de cinéma.

Ayant été maintes fois prévenu du rythme du film, je dois avoué ne pas avoir été déçu de ce côté là. Ce n'est pas péjoratif. Le film est lent certes, mais je m'en étais fait une idée nettement plus pataude et inintéressante. Tout prend des plombes dans 2001. Kubrick donne l'impression de vouloir tout rendre en temps réel. Les ellipses, c'est pour les cons. Par conséquent quand par deux fois les astronautes doivent sortir s'occuper de leur antenne, on a le droit à deux scènes de dix bonnes minutes en apesanteur (pourvu que les secondes soient des heures, disait Calogero). Dit comme cela avec le mot «cons» dans la phrase et une référence à un chanteur français, on pourrait croire que j'ai vu cela d'un mauvais oeil. Pas vraiment.

La qualité principale du film pour moi, c'est de savoir montrer l'espace et d'en rendre l'image que l'on peut s'en faire. Cela passe d'abord par des effets spéciaux extrêmement impressionnants. La précision visuelle est effarante. Pour être simple, le film a été tourné dans l'espace et s'il ne l'a pas été, je ne vois sincèrement pas comment cela peut bien fonctionner. Plus que les scènes d'apesanteur, c'est vraiment l'intérieur des vaisseaux et leur qualité de rendu (la gravité est d'un réalisme) qui force le respect. Par ailleurs il est bon de rappeler que le film n'a eu qu'un Oscar, mais que celui-ci concerne les effets spéciaux.



Le rendu de l'espace infini passe aussi par une utilisation minutieuse du son. Le film passe par énormément de moments de silences ou de simples plans séquences sur un objet, un tableau de bord, l'intérieur ou l'extérieur d'un vaisseau etc. Encore une fois, l'effort d'ambiance est payant à de nombreuses reprises. Malheureusement, il y a pour moi un vrai problème de son et qui va révéler le gros souci du film.

Les premières notes d'introduction sont légendaires. Même si vous n'avez pas vu le film, vous les avez entendu ailleurs, servant souvent de support parodique. Les premières scènes spatiales sont accompagnées de musique classique. Encore une fois même si vous n'avez jamais écouté de Strauss, vous connaissez le Beau Danube Bleu (l'un des rares morceaux de musique classique dont je connaisse le nom à vrai dire). La mise en commun des images de ces mélodies est parfaite en ce qui concerne donc le tout début, la première scène spatiale ainsi que le final. Cependant je dois avouer qu'il y a une chose que je déteste quand je regarde un film, c'est de me torturer pour continuer de regarder. C'est pour cette raison entre autre que je ne comprendrais jamais que l'on acclame le bel étron cinématographique qu'est Irreversible par exemple.

Malheureusement, Kubrick a fait un choix sonore qui m'aura rendu plusieurs scènes extrêmement pénible. Il y a en filigrane de la narration qui n'en est pas vraiment une, un mystérieux monolithe noir (non pas une PlayStation2) qui à chaque apparition est accompagnée d'une horrible montée de vocalises. En plus de ne servir aucun but autre que de prendre le cerveau, ces vocalises reviennent à plusieurs reprises durant le film, mais également de façon anarchique, sans qu'on ne comprenne bien ce que vient faire le monolithe là où il est.

Ca y est j'ai mal au crâne...

C'est là la ligne droite qui m'aura vraiment laissé perplexe devant le générique de fin de 2001. Enormément de passages du film n'ont strictement aucun sens. On pourra me rétorquer d'aller lire un peu des analyses de film, ce que j'ai fait. Je ne parvient cependant pas à comprendre ce que je viens de voir. C'est à ce niveau là que je situerais vraiment le caractère très pompeux et prétentieux de 2001. S'il s'était contenté de faire le film sur ce rythme lent avec en histoire principal basé sur l'intelligence artificielle et l'homme, j'aurais sans doute crié au génie. Me concernant, le vrai film se situe entre 50 minutes et 1 heure 54 minutes: le troisième chapitre en somme, c'est à dire une heure fantastique. Tout le reste est un amas d'expérimentation avec des plans sans intérêt. Les quinze premières minutes du film sont par exemple de très long arrêt sur un décor, suivis de singes (j'entends par là des mecs déguisés en singes) qui se tapent pour un point d'eau. A l'opposé de cela la fin est un trip sous LSD qui aboutit à une allégorie du temps qui passe dans une pièce futuro-victorienne. WHAT THE FUCK?

Je vois pas comment je pourrais décrire plus ce que j'ai pensé de 2001. Il est trop expérimental pour être considéré comme un film (de science-fiction ou pas d'ailleurs) et beaucoup trop narratif pour être une expérience vidéo artistique. L'aspect sonore est régulièrement brillant tout comme les effets spéciaux (récompensés à juste titre) mais tombe parfois dans la tentative d'originalité simplement exaspérante, à l'instar de l'histoire (si l'on peut employer ce terme). Parfois très grosse tête sans raison particulière, je reproche avant tout à 2001 d'encourager la réflexion sans jamais avoir l'intention de la récompenser. Comme je n'aime pas particulièrement m'échauffer les neurones dans le vide, je vais donc laisser aux amateurs de bizarreries cet OFNI (objet filmique non-identifié) malgré quelques moments très prenants. Je retourne sur Star Wars, Blade Runner et autres Alien pour moi nettement plus cultes.

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Après Casablanca et Citizen Kane, j'ai enchaîné sur Who Framed Roger Rabbit et Blade Runner. Je vais couper avec une éventuelle introduction d'une longueur barbante. On passe tout de suite à mon avis.


Who Framed Roger Rabbit (Qui veut la peau de Roger Rabbit)

Je ne me rappelle pas avoir réussi à le voir une seule fois en entier étant gamin. Au final j'ai envie de dire tant mieux et je vais vous expliquer pourquoi juste après avoir présenté le film. Produit par Disney et donc considéré comme l'un de ses long-métrages Who Framed Roger Rabbit? porte le numéro 35. Il est sortie en 1988 et a la particularité d'être des très rares cross-over entre animation 2D classique et prises de vue réelles. Dans ce genre assez peu exploité les quelques films existant sont tous plus ou moins des classiques. Marry Poppins bien sûr, mais aussi Space Jam, Pete's Dragon (Peter et Elliott le Dragon), Bedknobs and Broomsticks (L'Apprentie Sorcière) ou encore The Pagemaster (Richard au Pays des Livres Magiques)...

Il s'agit donc d'un type de film assez rare. Aujourd'hui c'est très commun de voir un film qui mêlera live action et CGI (Transformers...), ce sera un peu plus rare d'en voir un bon (The Lord of the Ring: Whatever Episode ou Avatar). Etrangement donc pour le cross-over dessin animé traditionnel et film classique, il y a eu peu d'essais mais tous sont réussis, du moins techniquement. Vous l'aurez compris Who Framed Roger Rabbit est bon...enfin bien plus que ça en réalité. Dans le même temps il est un peu difficile d'en être autrement quand on sait que le réalisateur est Robert Zemeckis.

Autant pour Orson Welles et Citizen Kane, je laissais passer l'absence de connaissance, autant ceux qui ne connaissent pas Zemeckis sont automatiquement classés crétins des Alpes. Pour faire simple ce mec est un génie. Certains contesteront en disant que c'était un génie mais que depuis The Polar Express c'est moins bien (moi je continue d'adorer). Cependant le gars à réalisé l'une des meilleures trilogie du cinéma (ce qui n'est pas peu dire quand on voit Star Wars, The Lord of the Ring ou Free Willie...non je déconne) à savoir Back to the Future. Je pourrais m'arrêter là, tout le monde est déjà calmé, mais je vais rajouter le sympathique Romancing the Stone (A la Poursuite du Diamant Vert) le génial Cast Away (Seul au Monde) mais surtout, mon quatrième film préféré ever, celui qui me fait rire, puis pleurer, puis rire...le six fois oscarisé Forrest Gump.

Mais revenons-en au film. Who Framed Roger Rabbit part donc du principe que les Toons sont comme les humains, des personnages vivant, ayant leur propre ville (ToonTown) et vie dans notre monde et notre réalité. Ainsi lorsqu'on les voit dans un dessin animé, ce sont tout simplement des acteurs qui une fois leur taf terminé retournent à leurs activité. Les producteurs se frottent les mains bien sûr puisque la plupart d'entre eux rapportent énormément sans demander un salaire à la hauteur...Dumbo est payé en cacahuètes, une aubaine.

Malheureusement il y a eu un crime perpétré par un toon. L'accusé principal est Roger Rabbit, un lapin un peu loser qui se serait venger suite à une tromperie de sa chère et tendre Jessica Rabbit. Enfin tromperie...à partir de là, la première question qui me vient à l'esprit c'est «qui a eu la géniale idée de faire ce film?».

Disney a vraiment des coups de génie...

Première chose, quand j'ai vu le film, j'avais complètement oublié quelles étaient les compagnies de cartoons impliquées, pour la raison simple que Roger Rabbit n'est pas vraiment connu en dehors du film. Par conséquent j'ai été fantastiquement surpris de constater que c'était bien Disney et Warner Bros qui bossaient main dans la main sur ce projet. Voir la compagnie de Mickey sortir un film qui de toute évidence est destiné à un public mature, ça me scie. Car pour en revenir à ma remarque du début, je suis heureux d'avoir vu le film maintenant plutôt qu'étant gamin, puisqu'il y aurait eu une chance que je ne le revois pas aujourd'hui (je n'ai revu aucun autre film du genre 2D/live action depuis des années) et cela aurait extrêmement dommage tant le film regorge de vannes, sous-entendus et allusions coquines.

Des personnages principaux, c'est évidemment Jessica Rabbit que l'on retient en premier. Sorte de pin-up ultime, femme fatale rousse aux formes extravagante, elle met tout de suite d'accord, il n'y a pas de personnages plus sexy...tant pis pour Betty Boop. Cependant si elle vole un peu la vedette à son lapin de mari, il n'y a pas de doute, les toons et les effets spéciaux derrière eux sont la réussite qui saute aux yeux tout le long du film sortie je le rappelle à la fin des années 80. L'intégration est prodigieuse et encore maintenant, il n'y a rien à redire sur la technique du film. Comme pour sa trilogie Back to the Future ou Forrest Gump, Zemeckis a ce talent de ne pas utiliser les effets spéciaux à tire-larigot. Leur emploi est toujours fait avec bon goût, justesse et surtout efficacité. A ce titre je le classe juste à côté de Spielberg et de ses E.T ou Jurassic Park. Comme ces deux master-piece Roger Rabbit ne vieillira jamais.

"-Seriously, what do you see in that guy?

-He makes me laugh!"

Si le film ne tenait qu'à une exécution technique, il pourrait rapidement être crétin ou inintéressant. Encore une fois il est très loin de l'être. Car le vrai gros point fort c'est tout simplement l'humour. Il fait sans conteste partie de ces films dont on retient je ne sais combien de répliques, je ne sais combien de moments précis ou de scènes où l'on va simplement dire «J'adore quand il se passe ça! J'adore quand il lui sort ça!». A ce titre je pense qu'on peut remercier le casting, à la fois les toons issus donc de WB et Disney (la scène du piano entre Daffy Duck et Donald Duck...) mais aussi les vrais acteurs avec en tête Bob Hoskins qui avant de tenir en laisse Jet Li a été ce super détective, jamais en manque de charisme, Chritopher Loyd, l'inoubliable Doc Brown (qui ressemble à mon prof d'Anthoropologie d'ailleurs) dans le rôle du Judge Doom ou encore Joana Cassidy dans le rôle de Dolores avec son «Is that a rabbit in your pocket or are you just happy to see me?». Tout ce petit monde a du bien se fendre la poire sur le tournage et le résultat est film absolument génial. Je finis dessus en vous quotant juste ma réplique favorite, de Jessica Rabbit bien sûr «I'm not bad, I'm just drawn that way...».


Blade Runner



Ambiance tout autre pour sûr. Blade Runner est souvent considéré comme une oeuvre majeur de la science fiction, une pierre angulaire de l'anticipation. Sortie en 1982, le film de Ridley Scott (à qui l'on doit bien évidemment Alien, Thelma&Louise ou encore Gladiator) est une adaptation du roman de P.K.Dick intitulé Do Androids Dream of Electric Sheep? qui raconte l'histoire d'un Blade Runner...

En 2019, la technologie est extrêmement avancée, à un point tel que des scientifiques sont parvenus à créer des androïdes identiques en aspect et en intelligence à leurs créateurs. Leur nom est Replicant. Chacun d'eux peut avoir une spécificité, que ce soit plutôt le combat ou la réflexion. Cependant l'absence de sentiment ou d'empathie quelconque, qu'elle soit entre eux ou envers la race humaine a posé rapidement un problème. Le meurtre n'est pas un crime morale pour eux. Ainsi leur création entraîna la création d'un groupe de d'intervention appelé Blade Runner. Chaque Blade Runner a pour mission de retirer les replicants, c'est à dire de les abattre pour les empêcher de nuire. L'évolution poussée des replicants pose cependant un soucis de détection puisqu'il est compliqué de différencier un replicant d'un être humain.

Rick Deckard (Harrison Ford) est un Blade Runner, parmi les meilleurs, à qui l'on demande reprendre du service pour trouver et retirer quatre des six replicants échappés d'une colonie spatiale. Pour cela il va devoir enquêter dans le Chinatown de ce L.A futuriste. Dans le même temps il découvre un nouveau type de replicant en la personne de Rachael, le Nexus 6 (me semble-t-il) capable à la fois de sentiments autre que l'injustice et possédant un passé artificiel...mais surtout ignorant de sa condition d'androïde.

Commenter un film comme Blade Runner est très loin d'être une tâche facile, par conséquent je vais m'intéresser en premier lieux aux choses un peu factuelles avant de vous donner mon ressenti. Pour un film d'anticipation (désormais pas si éloigné de notre présent) Blade Runner a déjà une qualité indéniable, c'est l'univers qu'il aborde. Loin de l'aspect spatial d'un Star Wars, il a une approche cyber-punk de la science fiction. Il s'agit ici de décrire un avenir sur la Terre où la technologie a une avance considérable. Bien sûr on ne manquera pas de sourire parfois en voyant les écrans noir et vert des Amstrad CPC, mais pour un film de 1982 il met largement une claque et dépasse de loin d'autres tentatives plus tardives.

La direction artistique est fantastique. Le choix de la mode se situant entre une extravagance des années 80, une classe des années 40-50 et évidemment des modèles futuriste de voiture et d'immeubles, tout cela permet de créer un univers palpable car il y a des repères visuels. On ne créé jamais à partir de rien. De plus il y a quelque chose d'extrêmement important qui donne à Blade Runner son cachet, c'est la crasse et l'absence de lissage du monde proposé. Si je devais inventer un monde futuriste en me basant bien sûr sur une évolution de notre année 2010, il n'y a pas de doute, je partirais sur quelque chose de très lisse avec beaucoup d'hologrammes de surface plane et pleine de réflexion, parce que c'est qui se fait de nos jours. Les produit Apple, l'Audi R8, les bâtiments de la Défense, voilà à quoi ressemblerait le futur que je pourrais décrire en 2010. Il ressemblerait à iRobot...

C'est donc la première chose qui est frappante. Blade Runner est un reflet de son époque esthétique et dans le même temps un parfait choix de décors pour l'histoire qui est proposée. Je ne pense pas que sans cette atmosphère étouffante et surpeuplée, ces néons, ce mélange entre vieux et futuriste, l'histoire aurait l'histoire aurait un tel impact. C'est d'autant plus réussi qu'en terme d'effet spéciaux, c'est un sans faute indéniable qui profite du multitude d'effets mais jamais trop visibles (même pour un film de 1982). Je n'émettrais qu'un bémol, c'est l'endorsment de Coca-Cola qui ne peut s'empêcher d'envahir l'écran pas une mais bien deux fois. Pour en finir avec l'emballage je vais également rapidement parler de la musique qui est FABULEUSE. Il y a d'excellentes OST pour de nombreux films mais la composition de Vangelis est vraiment au panthéon à côté du travail des meilleurs compositeurs.

Je vois de quoi se sont inspiré les compositeur pour Mass Effect.

On va passer à la phase la plus complexe, qu'ai-je pensé du film? Pour commencer j'ai vu la version remasterisée et director's cut c'est à dire intégrant certaines scènes coupées initialement. Je préfère le mentionner car il y a quelques détails qui apparemment peuvent changer notre perception du film en fonction de la version que l'on regarde. Bref au sortir direct du film, j'étais perplexe et déçu. J'avais une sorte de sensation de vide. Le film dure près de deux heures, il s'y passe beaucoup de choses, mais dans le même j'avais l'impression de n'avoir pas vécu grand chose pour ainsi dire. L'impression de flottement, pas de réel évolution ou moment de tension. J'avais la sensation que ce n'était qu'une journée d'un quotidien futuriste et que rien ne ressortait particulièrement...en bref mouais.

Et puis j'ai commencé à regarder vaguement Wikipedia et Allociné, à la recherche d'informations précises sur Ridley Scott et son film, mais aussi à la recherche d'avis déjà forgés sur celui-ci. A force de lire tantôt des critiques élogieuses, tantôt des critiques sévères, j'ai décidé une chose...revoir le film une deuxième fois. La conclusion est celle-ci, c'est un master-piece. L'univers dépeint et les thèses qu'il avance sont à lire et comprendre pour apprécier le film. C'est le genre d'oeuvre cinématographique qui s'apprécie aussi après l'avoir vu par la réflexion qu'il entraîne. D'ailleurs j'ai été suffisamment pris par la réflexion pour acheter le livre de Philipe K.Dick tout à l'heure...un film donc à vraiment conseiller à tout le monde et pas pour un visionnage unique. Le genre aussi qui vous fait attendre Deus Ex: Human Revolution...

Et simplement pour ceux qui ont vu le film (les autres, arrêtez de lire immédiatement) pour vous Deckard est-il un replicant reprogrammé pour se croire humain à l'instar de Rachael? Ce qui éventuellement expliquerait sa froideur générale de ton. Où est-ce simplement une manière pour Ridley Scott de mettre en relief le manque d'empathie que l'être humain peut avoir (contraste avec les pleures de Rachael lorsqu'elle se retrouve chez Deckard)


En conclusion encore deux films qui valent plus qu'un simple coup d'oeil. J'ajoute Who Framed Roger Rabbit est un film remarquable de plus sur la filmographie de Robert Zemeckis, mais avant tout, il est trop drôle. Blade Runner...il est sans aucun doute l'un des meilleurs films de science-fiction ou anticipation que j'ai pu voir à côté de Terminator 2 (qui reste mon préféré), Alien ou Aliens...rien que l'envie de découvrir l'oeuvre originale et de revoir le film pour en tirer toute la substance devrait être un indicateur de la qualité de l'adaptation de Ridley Scott. En conséquence ceux-là, c'est fait...pas de déception pour le moment dans ce marathon de films immanquables mais manqués. 2001: A Space Odyssey changera-t-il la donne?

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Je commence à prendre un rythme de croisière pour les cours. Je parviens ainsi à combiner aisément études et un petit taf avec mes loisirs. Certes en ce moment je ne joue pas des masses (un pauvre Matchmaking sur Reach de temps en temps) mais j'ai pris une bonne résolution concernant ma culture cinématographique.

J'ai décidé de combler les trous (béants). The Godfather, 2001: A Space Odyssey, A Clockwork Orange, The Good Fellas, Citizen Kane etc...il existe un nombre assez dingue de films classés comme classiques, cultes, immanquables, master-pieces que je n'ai jamais vu. Par conséquent je prend les choses en main et j'ai débuté ce week-end.

Ce qui n'est pas surligné est encore à voir...



Citizen Kane



Il est dans pratiquement tous les tops, partout dans le monde considéré comme le meilleur film américain (ou pas d'ailleurs) de tout les temps. Pour les plus ignorants (pas de honte à avoir) il s'agit du premier long-métrage d'Orson Welles sortie en 1941. Citizen Kane s'inspire partiellement de William Randolph Hearst, un homme qui possédait de nombreux biens dans la presse, pour décrire la vie du mégalomaniaque Charles Foster Kane.

Il y a une chose certaine avec ce film, c'est qu'il n'est pas surestimé. La réalisation pour l'époque était fantastique, que ce soit en terme de transitions et changements de plan, effets spéciaux (discrets et très efficaces) ou en terme de narration. Certes de nos jours on peut penser que le flash-back est usé jusqu'à la moelle, mais Welles l'utilise avec une ingéniosité assez prodigieuse qui permet de vivre ce portrait de plusieurs points de vue. Il y a également une façon simple de dérouler l'intrigue, partant d'une question pour tenir le spectateur en haleine mais qui découle sur un paquet d'analyses possibles.

 

Qui est Rosebud?

Ceci m'amène au point où je vais simplement dire que le film mérite d'être vu plusieurs fois pour être compris dans son ensemble. Chaque personnage (remarquablement incarné par un casting d'inconnus) à sa pierre à porter à l'édifice et chaque plan a probablement une signification particulière. Le seul souci me concernant, c'est que malgré le fait que j'ai beaucoup apprécié le film, je n'ai pas une envie particulière de le revoir, même si de toute évidence, il faut le conseiller à n'importe quel amateur de cinéma. Un vrai chef-d'oeuvre donc, mais pas forcément de ceux que je mettrais dans mon top personnel.


Casablanca

Casablanca est de la même trempe que Citizen Kane. Les deux films font partie des meilleurs jamais fait. En revanche, contrairement à Citizen Kane (c'est encore mon avis personnel comme toujours) je suis près à le revoir n'importe quand.

Casablanca est sortie en 1942, un an seulement donc après Citizen Kane. Egalement tourné en Noir et Blanc, le film de Michael Curtiz (dont je n'ai vu jusqu'à présent que White Christmas) se déroule durant la Seconde Guerre Mondiale à Casablanca donc, cette ville marocaine. L'histoire est celle du tenancier américain d'un café classe de la ville, Rick Blaine qui en plus d'être un tombeur est quelqu'un somme toute influent dans cette partie du monde non dominée officiellement par le Troisième Reich. Il fait la rencontre d'un certain Laszlo, bien connu des services secrets Allemand pour être un meneur de la Résistance et l'un des rares à avoir échapper à un camp de concentration. La situation précaire de Laszlo nécessite son expatriation vers les Etats-Unis au plus vite et il se trouve que Rick est en possession des papiers qui lui permettrait de partir et de continuer son mouvement.

Seulement les choses ne sont pas si simple. Rick a un passé commun avec Ilsa, la jeune femme qui accompagne Laszlo. Je vous laisse découvrir cette partie, toujours est-il que ce passé l'a rendu amer et cynique et a fait de lui ce qu'il est maintenant. Les choses s'accélèrent et rapidement, Rick devra choisir entre ses convictions et ses sentiments pour Ilsa.

Honnêtement, comme pour le film précédent, j'y allais avec une certaine appréhension. Alors oui le film est à la hauteur de sa réputation, sans aucun doute possible et comme je le précisais, il se savoure dès le premier visionnage et n'a pas besoin d'être revue des milliers de fois pour comprendre ce qui le rend si attachant. De manière contradictoire, c'est justement cela qui me fait dire que je vais le revoir de nombreuses fois. Humphrey Bogart dans le rôle de Rick a juste...la classe. C'était le genre d'acteur qui fait dire ça automatiquement quand on le voit jouer, à l'instar des Steve McQueen, Clint Eastwood ou Brad Pitt. Sa performance combinée à la magnifique Ingrid Bergman forme une alchimie qu'on a rarement vu à un tel degré dans un film.

Le couple...il y en a pas d'autres qui leur arrivent à la cheville.

C'est d'ailleurs aussi pour cela que le film est remarquable. Le couple Bogart/Bergman marche à la perfection et forme sûrement le meilleur couple du cinéma américain. L'histoire, son cadre et son déroulement sont maîtrisé et le Noir et Blanc et sa lumière sont aussi sans aucune faute. J'ai rarement vu des films qui dans un domaine précis sont à ce niveau de qualité.

Aucune photo n'est à la hauteur de sa beauté. Il faut la voir dans le film.

Pour finir dessus, je voudrais dire aussi que de nombreuses scènes sont mythiques. Comme le bon français que je suis, par exemple, je n'ai pu m'empêcher d'avoir des frissons en entendant la Marseillaise couper la chique aux généraux nazis.


1941 et 1942 ont donc été deux années bénies pour le cinéma américain et même mondial. Si on considère souvent Citizen Kane comme le meilleur film jamais réalisé, je peux désormais affirmer que ce n'est pas sans raison. Malgré tout, je sais que personnellement j'ai trouvé Casablanca encore meilleur et désormais dans mon top personnel, même si les comparaisons sont inutiles. Humphrey Bogart et Ingrid Bergman sont mythiques et la réalisation comme la musique sont sans défaut aucun. En ce qui me concerne donc, si vous ne deviez voir qu'un film des années 40, ce serait Casablanca (malgré Citizen Kane, It's A Wonderful Life ou The Dictator). Je me mets directement après sur un deuxième article concernant Blade Runner, Who Framed Roger Rabbit et qui sait 2001: A Space Odyssey.

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Vous le savez depuis un moment, je suis fort bon publique en général. Certes j'ai fait un classement de dix films qui feraient mériter le pilori à leur réalisateur et je me suis récemment fait rembarrer pour avoir dit que Usual Suspects était dépassé, mais pour ce qui est d'aimer le cinéma et de dire du bien de ce que j'aime parfois forcément avec beaucoup d'enthousiasme je suis toujours le premier. Alors aujourd'hui je vais simplement dire (enfin simplement...pas vraiment) que Christian Bale mérite des éloges et ce depuis un bout de temps déjà. Personnellement j'ai connu le mec en premier dans le costume moulant du plus grand des super héros sous la direction de Christopher Nolan en 2005. Batman Begins puis The Dark Knight m'ont convaincu qu'il avait largement les qualités pour être un acteur admirable. Puis j'ai eu l'électrochoc The Prestige qui s'est automatiquement mis en troisième position de mes films préféré de tout les temps, un film que je ne cesse d'aimer encore plus à chaque visionnage.

Malgré tout, il n'y a pas eu le déclic que j'ai pu avoir avec Brad Pitt, Edward Norton, Morgan Freeman ou encore Tom Hanks...ce moment ou je prends n'importe quel film de la filmographie et je découvre des perles à chaque fois. Je ne sais pas pour quelle raison je n'arrivais pas à m'intéresser de près à cet acteur, si bon soit-il dans chacun des films où je l'ai vu au cinéma. Mais j'ai enfin décidé avec ma tête de pioche d'essayer autre chose que Christian Bale + Nolan. Et ça donne American Psycho et The Machinist...


American Psycho


Vous connaissez Dexter? Ce policier expert des dépôts de sang dans la journée et tueur en série le reste du temps? Et bien il y a un peu d'American Psycho dans cet série. Prenez le générique par exemple qui joue sur le même délire faussement gore ou encore la dualité du personnage et son incapacité à ressentir la moindre empathie. Seulement la comparaison s'arrête là.

Le film de Mary Harron sorti en 2000, reprend en fait la trame d'un livre de Bret Easton Ellis. N'ayant pas lu le livre en question je me garderais bien sûr de juger de la qualité de l'adaptation. En revanche je peux vous dire ce que je pense du film. Christian Bale donne ses traits à Patrick Bateman. Pour reprendre une vanne d'un autre gamebloger, il est donc passé de Bateman à Batman...Bateman est un homme dont la vie n'est qu'apparence. Son ego et son sens du hype sont ce qu'il a de plus précieux. Tout doit être impressionnant et au top pour lui. Il s'entretient physiquement, il a une relation dont il se contrefout avec une femme de bonne société appelée Evelyn Williams (Reese Witherspoon) et il n'a que des costumes chics et un appartement hors de prix qu'il a largement les moyens de s'offrir grâce à son emploi de golden-boy à Wallstreet.

On pourrait croire qu'il n'est qu'un connard prétentieux dans un mode de vie qui lui convient, mais Bateman est bien plus que ça. Il a une très légère tendance à la psychose et au meurtre. Un pauvre clochard dans une ruelle...un coup de couteau règle le "problème". La hâche, la tronçonneuse, le couteau ou même un revolver. Il aime varié. On pourrait croire alors qu'il ne s'agit que d'un banal film gore. Pour moi il y a bien plus que ça dans American Psycho. Tout d'abord l'interprétation de Bale est juste fantastique et la direction d'acteur ainsi le script y sont pour beaucoup. La plupart du temps on comprend Bateman sans vraiment le comprendre. Les scènes sont sans cesse plus surréaliste les une que les autre mais surtout, le film est terriblement drôle.

Certaines scènes tiennent du pur génie. Il y a par exemple un passage où chaque collègue de Bateman montre sa nouvelle carte professionnelle. Ce moment est hilarant car il tient au fait que le personnage est choqué au plus profond de lui que quelqu'un d'autre puisse avoir une nouvelle carte professionnelle plus belle que la sienne...le visage de Bale à ce moment précis, suant et tremblant est juste priceless. On comprend parfaitement pourquoi il est affecté mais on ne comprend pas comment on peut être affecté par quelque chose d'aussi stupide. Le film tient alors beaucoup à ça. Les humeurs changeantes de Bateman, son imprévisibilité et sa capacité à sortir des répliques hallucinantes font tout le film. La critique musicale de l'album de Phil Collins avant et pendant une scène de triolisme par exemple, juste hors de propos et à mourir de rire.

Cette scène c'est juste n'importe quoi!

Bien sûr il y a également certaines scènes de meurtres souvent gores. Là encore Marry Harron a parfaitement su maîtriser son sujet pour en faire un élément comique à part entière sans jamais en venir au spoof. De plus les autres personnages donnent parfois le change. Personne ne sait vraiment ce que fait Bateman de sa vie quand il n'est pas en train de prétendre faire partie des hautes sphères de la société New-Yorkaise. Par conséquent le contraste entre leur attitude elle aussi prétentieuse mais simplement de surface et celle de Bateman prétentieux mais au plus profond de lui-même construit un peu plus le fossé de folie qui sépare Patrick Bateman des gens normaux.

Pour terminer sur ce film, la fin en plus se permet un très bon twist qu'évidemment je vous laisserais découvrir (si vous voulez en parler en commentaire n'oublier pas un SPOILER alert). Au final, je tiens à dire que c'est un fil assez hors du commun et parfaitement drôle sans être foncièrement une comédie (si ça fait sens pour quelqu'un). Il y a pas mal de violence, de sexe, mais le vrai attrait du film c'est Christian Bale qui est juste hallucinant. Pour faire une comparaison, il est pour moi dans la veine de Nicholson dans The Shining.




The Machinist

Suite à une interview paru à la sortie de The Dark Knight dans Première (oui j'ai une bonne mémoire) j'avais gardé à l'esprit un film dont Christian Bale parlait avec une certaine désillusion. La question qui lui était posée était simplement de savoir si le succès changeait quelque chose à sa satisfaction personnelle, ce à quoi l'acteur à répondu non, simplement parce que s'il devait juger ses prestation au nombre de personnes qui l'ont vu et apprécié il ne saurait pas quoi penser de certaines d'entre elles assez confidentielles. Ajoutant d'ailleurs que celle dont il était le plus fier était son rôle dans The Machinist.

J'ai retenu ce nom pendant deux ans et voilà qu'enfin je le vois. Alors première chose à savoir sur le film, c'est que Christian Bale a failli donner sa vie pour celui-ci. L'acteur à perdu 28 kilos pour incarner Trevor Reznik et si vous le connaissez un peu, vous savez que tout ce qu'il à perdre c'est du muscle. La transformation physique est impressionnante. Le film joue en partie d'ailleurs sur cette effet malsain que cet homme horriblement maigre peut nous inspirer. The Machinist raconte en fait l'histoire de cette homme qui en plus d'avoir un gros problème de nutrition est insomniaque. Il n'a pas dormi depuis...un an.

Evidemment la moindre personne un peu au courant du métabolisme humain saura  que les cellules du cerveaux meurent très rapidement après trois jours non stop d'éveil. Trevor ne dort pas vraiment. Il a des micro sommeil de quelques secondes, une minute tout au plus. Le film n'appui jamais sur le côté scientifique et de toute façon ce n'est pas le propos. Tout ce que l'on peut dire, c'est que sa vie ne ressemble pas à grand chose de réjouissant. Sa balance compte les livres qu'il perd jour après jour. Le dernier chiffre affiché est 119 pounds (54 kilos). Il travail malgré tout dans une usine comme manutentionnaire sur d'énormes machines. En dehors de ses collègue qu'il ne fréquente pas vraiment, sans pour autant être renfermé sur lui-même, il n'y a que deux personnes dans sa vie. La première est Stevie, une prostituée chez qui il passe beaucoup de temps, parfois seulement à parler et qui de toute évidence a fait de lui son client favori et Marie, sa serveuse au café de l'Aéroport. Malgré un certain vide et ces problèmes de poids et d'insomnie, sa vie a un quotidien qui suffit à le faire avancer. Jusqu'à la rencontre de l'étrange Ivan.

Le nouvel employé de la boîte qui se retrouve en permanence dans le chemin de Trevor voit son arrivée coïncider avec d'étranges phénomènes comme des post-it qui apparaissent chez lui collé sur son frigo, ou un accident à l'usine. Le rythme du film commence alors à s'intensifier. Attention, The Machinist ne repose pas sur une avalanche d'événements mais plutôt sur un rythme assez lent et une certaine paranoïa. Plus on avance et plus on nous donne les pièces d'un puzzle dont on a aucune idée de ce qu'il peut être. En fait il n'y a presque pas d'intrigue à proprement parler et c'est là que Brad Anderson est plutôt fort d'un point de vu mise en scène. Les couleurs rappellent Saw premier du nom et l'ambiance globale est loin de la fête de plage, mais étrangement Trevor ne semble pas être le gars particulièrement dérangé. Certes sa vie est foutraque et son corps d'une maigreur affolante, mais il ne semble pas au delà de ça avoir un vrai problème crucial. Pourtant on sent peu à peu la paranoïa qui le gagne, les signes de quelque chose d'important qui est en train de se jouer.

Encore une fois la fin est un twist. Pas forcément des plus ingénieux mais suffisamment inattendu et peu expliqué pour qu'on ne veuille pas en savoir plus. Comme pour American Psycho, The Machinist repose vraiment sur la performance incroyable de Christian Bale. Je ne parle même de sa perte de poids, mais simplement de son interprétation de ce personnage qui n'a pas de vie au final mais qui continu quand même. Le réalisateur a tout mené à la perfection. Le film joue sur son atmosphère, son personnage et une intrigue en filigrane pour parler de l'être humain et de ses travers. Sans entrer dans des détails intellectualistes, il faut le voir vraiment. C'est un thriller qui sort des sentiers battu. Il n'y a pas de meurtre, pas de menace, mais un quelque chose qui fait cogiter et ce perpétuel sentiment étrange à la vu du héros si chétif. Sincèrement un must-seen.



Avec ces deux films, je peux vraiment affirmer que Christian Bale est un acteur de génie et qui n'a pas seulement un talent de block-busters si bons soient-ils. American Psycho montre sa capacité à partir complètement en folie puis à redescendre sur des sujets extrêmement terre à terre. Il y a un vrai talent à la Jack Nicholson. The Machinist est certes un peu plus intimiste mais n'en ai pas moins un film qui se regarde très bien et qui à la fois une qualité visuelle et un propos très bien maîtrisé. Le film montre également le talent de Bale dans un registre nettement plus retenu et bien sûr son don d'adaptation physique, car entre Trevor Reznik et Patrick Bateman, il y a des kilos de muscles de différence. J'oublie également à chaque fois de le préciser pendant la critique mais l'ambiance sonore des deux films est géniale en particulier celle d'American Psycho qui est signée par John Cale. En tout cas c'est officiel je suis fan de Christian Bale.

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Silence, Moteur, Action!

Ce blog partant complètement en désuétude pour la raison simple que j'ai repris les cours, il me semble qu'il me faut mettre les choses au point juste histoire que l'on ne croit pas à ma mort...Alors pendant que je regarde Vicky Christina Barcelona (hum Scarlett...) j'en profite pour poster un petit article. D'abord je tiens à dire que je sais, je dois poster deux articles que j'ai plus ou moins promis (la 3eme sur les dessins animés et la partie 2 de South Park) et même si je n'ai pas de réclamation formelle, j'ai vraiment envie de les faire mais c'est toujours la mise en page qui prend des plombes sur le blog, avec tout ce que je surligne, mes photomontages à faire et les screens à trouver quand je parle de jeux. Sachez donc que j'ai des articles sous le pied (une bonne dizaine) mais tout ce qui est compliqué à mettre en ligne pour une simple raison d'images et de mise en page ne sera pas posté dans l'immédiat parce que je refuse de me casser la tête pour faire un article un tant soit peu fournit pour ensuite juste le balancer comme un gros pavé sur mon blog.

La deuxième chose qui est une conséquence de la première c'est que pour le moment il n'y aura que des articles cours qui ne me demandent pas excessivement de travail d'un point de vu de l'image. En gros tant que je n'ai rien à faire sur photoshop, à part redimensionner des images ou coller un truc vite fait, pas de souci je poste. Le texte sera toujours long par contre, mais ça c'est du à mon style horriblement pompeux qui fait que je ne peux pas faire une phrase simple sans y mettre une parenthèse ou des virgules. Dernière choses, les articles seront peut-être aussi plus fouillis à savoir que je ne vais plus me référer forcément à mes catégories qui de toute façon étaient assez aléatoires.

Du coup je vous demande pardon d'avance du manque de réactivité que je vais connaître. Je n'ai jamais été une pointure sur les news, mais là ça va être pire. Pour ce qui est d'aujourd'hui par exemple, je vais vous mettre deux critiques cinéma d'un coup, The Town et The Last Exorcism. Il risque d'y avoir d'ailleurs pas mal de critiques sur des films récents car j'ai la chance d'avoir certains trous dans mon emploi du temps et d'étudier à côté du MK2 Bibliothèque F.Mitterant...à 3.90 la place, je vais enfin retourner au cinéma régulièrement.


The Last Exorcism

Le début de la séance était un peu étrange. Le film a débuté sans même que je m'en rende compte. Après une pauvre bande-annonce, une autre débute et au bout de dix bonnes minutes je commence à me dire: «bon ça à l'air bien sympathique ce documentaire sur la vie d'un pasteur, mais j'ai cours dans deux heures, alors démarre le film!». Puis à environ dix minutes et deux secondes (à trois vaches près) le mot exorcisme est lâché. D'accord, donc j'étais d'ores et déjà en train de regarder le film.

Ce moment de révélation passé, je suis agréablement surpris par la forme du film. Si vous me lisez depuis un moment, vous savez que je ne suis pas super fan du délire de la caméra à l'épaule dans les films d'épouvante notamment parce que le concept qui veut quelqu'un préfère tenir sa caméra plutôt que de courir pour sa vie me dépasse. En l'occurrence, on est donc sur un docu-fiction mais d'une très bonne qualité. On a l'impression je vous l'ai dit de regarder quelque chose à la Michael Moore en somme, classique mais en ayant en mémoire que comme cela reste de la fiction, tout peut arriver.

L'histoire met en scène un pasteur, et pour être plus précis un preacher. Ce sont ces hommes qui dans les églises protestantes américaines lèvent des foules en parlant de Dieu et obtiennent tous les Amen qu'ils veulent, souvent hurlés à plein poumon. L'homme nous explique rapidement que finalement son rôle de preacher n'est...qu'un rôle. La fois ne l'habite pas et ne l'a peut-être jamais habité. Il est un simple showman qui fait vivre sa famille en faisant ce métier. Pendant une période de sa vie il a également pratiqué de faux exorcismes (oui voilà c'est là que j'ai compris que je regardais le film...oh ça va ne riez pas!). Le but du documentaire va être assez simple. Par sa position singulière de pasteur et preacher non croyant, il veut mettre en lumière le phénomène d'exorcisme qui n'est qu'une supercherie. La raison invoqué n'est absolument pas de faire du mal à l'Eglise, mais bien d'empêcher les accidents tragiques dont notamment celui d'un enfant de l'âge de son fils qui en est mort. Cotton (le pasteur) prend donc la première requête d'exorcisme et part avec une preneuse de son (et intervieweuse) et un caméraman dans un bled paumé en Louisiane. Pour le reste je vous laisse voir par vous même.

Super cheuri (plein de thune quoi) ou réelle apparition démoniaque?

Je dois avouer avoir été vraiment enchanté du rythme du film. La construction de la tension se fait vraiment par paliers. Les premières minutes sont captivantes comme un documentaire. On suit tout cela avec beaucoup d'attention même si il n'y a aucune action finalement. Beaucoup du film se passe dans la voiture pendant que Cotton et son équipe roulent, ou dans la maison avec  le père et le frère (qui est particulièrement angoissant). Ce qui m'a vraiment fait très plaisir c'est qu'on ne sait où on va dans ce film, de la même manière que les personnages. J'ajouterais une chose, cela fait longtemps que j'ai renoncé à avoir vraiment peur devant un film. En général on a peur parce qu'on a comprit ce qui va se passer et on a simplement pas envie de le voir. Je ne saurais même pas dire si le film est cliché ou pas dans son sous-genre (le film de possession) mais personnellement j'ai pas mal serré les fesses ce qui ne m'était pas arrivé depuis très longtemps. Le casting de parfaits inconnus, le réalisateur lui aussi sortie de nul part, tout cela rend la chose encore plus crédible et pour être honnête j'ai passé un très bon moment.

Malgré tout le film n'est pas exempt de défauts. Le premier c'est quelques répliques et postures emprunté à The Exorcist l'original, aujourd'hui un peu surannée du genre «You want a blow-job? »...je suppose que comme ils ne voulaient pas réutiliser  «Your mother sucks cocks in Hell» ils ont choisi ça. De même la jeune fille qui gerbe et qui se contorsionne, ce n'est pas vraiment ce que j'ai trouvé de plus impressionnant. Et puis il y a ce non-sens de ne jamais appeller la police...Cela dit je suis passé outre assez allègrement, beaucoup plus que pour la fin que je trouve un peu rapide déjà (elle arrive tardivement mais ne fait que cinq minutes au final) et qui pour moi fait un peu se tirer une balle dans le pied à un film qui aurait pu laisser un vrai suspens.

Dans l'ensemble c'est donc un bon film d'épouvante, j'oserais même dire probablement un très bon film d'épouvante (?) et surtout très peu démonstratif ce qui est suffisamment rare pour être signalé, en nos jours de films de tortures très violent comme Saw, Hostel et ce genre de boucheries...Du coup je suis assez surpris des critiques et notes moyennes du film (sur Allociné notamment il s'est pris une bonne pelle). On ne tient certainement pas un chef-d'oeuvre mais un bon moment de frisson et une réussite pour un film caméra à l'épaule (enfin...presque toujours caméra à l'épaule).

 

 

The Town

Pour son deuxième long-métrage en tant que réalisateur, je vais couper direct avec les conneries, Ben Affleck a fait carton plein. Je n'avais pas vu Gone Baby Gone (pourtant Michelle Monaghan et Morgan Freeman) mais je vais vraiment me pencher dessus. Pour faire simple, il s'agit d'un film mélangeant braquages, thriller et un soupçon de romance. Et vous savez quoi, pour un tel mélange, il n'y a pas un seul grumeau.

Le casting est judicieusement choisi bien qu'au premier abord deux noms m'ont un peu sauté au visage par leur présence. Rebecca Hall, la Vicky de Woody Allen et Blake Lively, la Gossip Girl ne me semblait peut-être pas convenir pour incarner des personnages de ce genre de films. Force est de constaté que je me suis trompé. Affleck qui est également scénariste en plus d'être acteur et réalisateur, a fait un vrai travail sur ses personnages. Personne n'est oublié et tout le monde à son rôle à jouer. L'histoire n'est pas d'un exceptionnelle originalité (ce qui pour moi n'a rien d'un défaut par ailleurs) mais l'exécution est parfaite. L'attente de la résolution de certaines scènes est vraiment prenante. Certains effets, sonores plus que visuels d'ailleurs sont remarquablement bien utilisés. Que ce soit les silences de plomb, ou les impacts de balles, Affleck montre une vrai maîtrise de ce côté là et n'use pas de beaucoup d'artifice de caméra.

L'une des nombreuses scènes à suspens judicieusement introduite par un silence assourdissant.

La réalisation globale m'a semblé pas mal inspiré de Nolan pour la façon de filmer sa ville de Boston mais surtout de Michael Mann. Les fusillades ont ce côté réaliste, brutal et avec énormément d'impact visuel et sonore donc mais sans fioriture (pas de slow motion à toute berzingue ou de 360 de la caméra). Impossible de ne pas penser à Miami Vice ou Public Ennemies.

Je ne saurais quoi ajouter de plus. En tant qu'acteur, réalisateur et scénariste, le meilleur ami de Matt Damon fait des merveilles dans The Town. Je n'ai jamais vraiment saisi cette espèce de méchanceté avec laquelle on le poursuivait il fut un temps. State of Play en 2009 (avec Russel Crow) a été appelé «le film qui rachète toute sa carrière» par exemple...Je n'ai même pas envie d'entrer dans le débat, je vous dirais donc allez voir The Town, un film de braquage parfaitement maîtrisé, qui n'a même pas besoin d'une audace quelconque pour être réussi. Excellent!


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Silence, Moteur, Action!

Comme je le dis souvent, le cinéma c'est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber...bon okay c'est à mon ami Forest que je l'ai emprunté. La reprise d'une année normale va me donner moins de temps pour les jeux vidéo mais plus pour le cinéma (forcément des heures de jeux contre une heure trente de bobine). J'ai donc décidé de combler les ENORMES lacunes que j'ai dans ma culture cinématographique et j'ai commencer cet après-midi par le mindfucker The Usual Suspects qui m'a été conseillé il fut un temps lors d'un article sur ce genre de film (je vous y renvoie par ce lien!). Et là...

Déception. Oui ce sera surprenant pour certains, mais Bryan Singer ne m'a pas convaincu avec son thriller. Je vais quand même faire un commentaire un peu complet sur le film avant de mettre en avant ce qui m'a vraiment posé soucis. Avant de commencer je tiens à préciser que je risque de spoiler le film en long en large et probablement en travers, par conséquent toute personne qui n'a pas vu le film est invité à esquiver cette critique.

Spacey, t'es toujours plus malin qu'on veut nous le faire croire. Se7en, American Beauty, David Gale...

L'histoire part donc d'un braquage de camion...enfin non, il démarre sur un lendemain de fusillade meurtrière sur des quais. Deux survivants sur plus d'une vingtaine de personnes mises en causes. L'un, brûlé grave par le feu qui a ravagé le bateau lieu de l'échange de balles, est sur le point de rendre l'âme. L'autre...Verbal bien vivant, va nous expliquer les événements qui ont précédé cette fusillade. Et pour cela il revient bien en arrière au fameux braquage de camion qui a rassemblé une fine équipe. Cinq suspects habituels dans ce genre d'affaire...

Le premier truc qu'on remarque, c'est évidemment le casting d'enfer. Benicio Del Toro en jeune premier sûr de lui qui peine à sortir un anglais compréhensible (qui d'ailleurs m'a rappelé Brad Pitt dans Snatch), Stephen Baldwin (l'un des frangin de la famille la plus hollywoodienne qui soit) et surtout l'excellent Kevin Spacey. Même les acteurs inconnus pour mon bataillon comme Gabriel Byrne sont très bons dans leur rôle. Bryan Singer ou qui que soit le casteur, ne s'est pas trompé dans ses choix. Les dialogues sont du coup fluides, plutôt vulgaires et drôles ou assez mémorables pour la plupart. Cependant ce n'est pas pour ça que j'ai mis la galette dans mon lecteur. Si j'ai démarré le film c'est pour son légendaire «vous ne devinerez jamais la fin». Il n'y a qu'une chose à ajouter. Si un jour vous faites un film, ou que vous vous retrouvez à promouvoir un mindfucker, ne tentez jamais le diable parce que le spectateur va trouver la fin avant qu'elle n'arrive.

Keyser Söze, parce qu'il le vaut bien...qu'on est compris trop vite la fin.

Car oui à mi-parcours j'avais déjà une idée de ce que devait être la fin, mais la réalisation m'empêchait d'être formel sur mon intuition. Et c'est là que vient ma plus grosse plainte envers le film. Bryan Singer se fout de ma gueule depuis le début. Il ne me manipule pas, il triche. Le film tient son suspens sur l'identité du fameux Keyser Söze. Quand on connaît un peu la carrière de Spacey, on a l'habitude de le voir dans ce genre de rôle extrêmement intelligent et manipulateur. Par conséquent j'étais déjà sûr que «the man with the plan» était à l'origine de cette histoire sanglante avant qu'il ne le dise clairement. Mais le problème majeur, c'est que Singer l'a choisi pour raconter l'histoire et que par conséquent, le mec peut inventer ce qu'il veut on doit le croire sur parole. La fin perd donc toute impact. Il aurait pu nous dire qu'il avait découvert à cinq un virus japonais qui transforme les iguanes en Godzilla, on aurait du le croire. Je veux donc en venir au fait que le film est simplement trompeur et pas si minfuck que ça.

Je vais me référer à l'exemple suprême qu'est The Sixth Sense. Encore une fois, ceux qui n'auraient pas vu le film et qui n'ont pas été déjà spoilé devrait éviter ce paragraphe. La fin du film de Shymalan nous apprend que depuis le début, le personnage de Bruce Willis n'est en fait qu'un fantôme de plus que le jeune homme voit. Le retournement de situation est incroyable au premier visionnage. Seulement, si vous regardez de nouveau le film, vous constaterez qu'à aucun moment le réalisateur ne nous a floué. Chaque plan où apparaît Bruce Willis avec quelqu'un d'autre que le jeune Haley Joel Osment, il n'y a que des suggestions d'interactions mais jamais de vraies interactions. Par conséquent, au premier abord on n'y voit que du feu. Le deuxième visionnage nous permet de nous rendre compte qu'en réalité il n'y a pas d'interaction, pas d'échange et à ce moment précis, on sent que le réalisteur a simplement été très malin, en nous mettant sous les yeux le twist pendant tout le film sans qu'on puisse le déceler.

Le secret n'est pas si bien caché...c'est ce qui fait qu'on ne le cherche pas. Brillant.

Dans le cas de The Usual Suspects, la réalisation nous montre à plusieurs moments que clairement Verbal ne peut-être Keyser Söze. En fait je pense particulièrement à une séquence précise ou pour moi Singer a triché. Lorsque l'objectif de la fusillade est assassiné, on nous montre dans le même temps Verbal sur un ponton en train d'attendre. Au delà même de ce plan, je serais tenté de parler du moment où on a un constant zoom sur une zone pleine de cordes pendant que Dean Keaton (Gabriel Byrne) se fait abattre froidement. Alors certes le réalisateur à la malice de nous montrer un tas de cordes parmi lesquelles on ne voit rien, étant donné que Verbal/Keyser Söze est déjà sur le pont du bateau il ne peut pas être derrière en même temps; en revanche on nous montre clairement ce même Verbal en train de courir se planquer derrière les cordes qui apparaissent dans le plan suivant. Par conséquent même en ayant déjà l'intuition qu'il est le tueur, Singer nous met joyeusement un doigt dans le rectum en nous prouvant qu'il ne peut pas l'être pour finalement retourner sa veste dans les dernières minutes...

Ce plan sur les cordes m'a rendu fou!

On pourra me rétorquer à la rigueur que la séquence où Verbal se cache est raconté par le flic et non par Verbal en personne, mais cela n'enlève pas la séquence de meurtre de la cible (à travers un hublot) qui montre clairement qu'il ne peut-être le tueur de cette cible, chose encore une fois infirmé par le dernier retournement.

Au final, Usual Suspects à le mérite de faire cogiter un peu. J'ai revu les séquences qui me posaient souci immédiatement après histoire d'être bien certain qu'on s'était payé ma poire et surtout de ne pas accuser le réalisateur de tromperies sans raison. Malheureusement, je trouve l'excuse pour un tel twist assez pauvre au final. Le narrateur a simplement menti...mouais. Il reste quand même au film une bande sonore de très grande qualité composée par John Ottman (Kiss Kiss Bang Bang, Gothika) et des acteurs vraiment convaincants et très bien choisis. Mais il n'entre pas pour moi au panthéon des mindfuck où se côtoient Fight Club, The Others, The Sixth Sense et autre Shutter Island.

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Troisième rendez-vous parisien du club 300, ce soir (le 16 Juillet) nous avons assisté en avant-première à une projection du dernier film de Christopher Nolan. Le réalisateur de Memento, Insomnia, Batman Begins, mais surtout pour moi The Dark Knight et The Prestige vient d'atomiser en l'espace de 2h28 l'ensemble de sa filmographie et de la concurrence par la même occasion, et je vais vous expliquer comment.

T-shirt et livret de presse, encore une fois le club nous gâte

D'abord un mot sur le lieu. Pathé vient d'ouvrir de 4 nouvelle salles de cinéma en IMAX dispersées en France. Une à Rouen, une à Lyon, une à Toulouse et la dernière à Paris, plus précisément au Pathé Quai d'Ivry. A nos places nous avons découvert un t-shirt Pathé IMAX et surtout un livret de presse pour le film, des petits cadeaux très plaisants. Alors quand j'ai reçu l'invitation, j'étais déjà bien trop joyeux pour faire attention au terme IMAX. Seulement je peux vous le dire maintenant, ça change pas mal de choses, ou au moins une très importante. Size matters. IMAX est un nom qui désigne la taille de l'écran où est projeté le film. Si certains ont des précision sur le terme qu'ils ne se gênent pas dans les commentaires. Tout ce que je peux vous dire c'est que niveau immersion c'est un gros plus. Avant le début du film, on a eu le droit à deux, trois bandes-annonces de films déjà sortis mais qui ont montré le potentiel du truc pour la IMAX 3D. En effet Inception n'étant pas en 3D, cela a juste servie de démo technique. Je retiens surtout la bande-annonce du Polar Express (de Robert Zemeckis) qui sincèrement donne une envie folle de revoir le film sur cet écran définitivement géant.

Après cette mise en bouche sympathique qui aurait pu même transformer la bande-annonce des Choristes en block buster, le film a démarré...tremblement de terre sur le cinéma.

Inception. Dur d'en faire un synopsis. Je n'ai même pas peur de vous spoiler tant l'intrigue est riche, forte longue et pourtant parfaitement lisible. Imaginez simplement que l'on arrive à pénétrer dans des rêves qui deviendraient un lieu commun. Tous reliés par une machine, on pourrait intervenir dans le subconscient d'autrui pour y extraire des informations...Leonardo DiCaprio aka Dom Cobb est un extracteur. Il est capable, par des stratégies particulièrement complexes d'avoir accès à ses informations qu'il donnera à ses employeurs. Il est accompagné d'un partenaire qui régit l'opération. Seulement voilà pour une raison que je vous laisse découvrir, il va être forcé de faire l'opération inverse de celle pour laquelle il est le meilleur. L'inception. Planter une idée au plus profond du subconscient d'une personne, la laisser grandir, prospérer et enfin éclore et donner un résultat dans la réalité, tout cela en passant par les rêves. L'inception est si complexe car elle implique que l'idée soit créée par autosuggestion, dans le cas contraire, impossible de la voir progresser...

Le reste je vous laisse le vivre vous même. A lire comme cela, on a l'impression que Christopher Nolan a pris à Vanilla Sky, à Matrix et a assaisonné le tout à sa sauce. Tout ce que je peux dire, c'est qu'il a violemment pris le pouvoir a tel point que Matrix m'apparaît comme un Inception du très pauvre. La réalisation de Inception est une pure perle. Les plans panoramiques en hélicoptère des villes, les explications autour d'une discution fixe et d'actions simultanées, les couleurs de la photographie, la complexité du scénario, sa densité et sa mise en place brillante en l'espace de 2h28, tout Nolan transpire au travers de cette réalisation. Ces éléments qui font que ses films ont sa personnalité forte et reconnaissable.



La direction d'acteur rappelle souvent The Dark Knight, d'ailleurs le casting laisse encore la place à quelques habitués du génie. Michael Caine et Cillian Murphy en tête font encore une fois partie de la fête même ici c'est Leonardo DiCaprio qui crève l'écran. Celui ci gère à merveille son personnage profondément construit avec une aisance qui prouve encore une fois (après Blood Diamond, ou récemment Shutter Island) qu'il est l'un des meilleurs acteurs de sa génération. Accompagné d'Ellen Page, de Tom Hardy, de Joseph Gordon Levitt et suivi constamment par une Marion Cotillard fantastique (son personnage...whouaw) on sent qu'il est au mieux et qu'il est très bien entouré.

Pour revenir au film en lui même, je vais vous dire pourquoi il écrase tout ce qui s'est fait pour l'instant dans le domaine du thriller, du film d'action et de science fiction. Depuis le 300 de Zack Snyder, le slow-motion est devenu l'instrument hype du film d'action esthétisé. The Watchmen, Kick Ass, Zombiland, tous ont leur plan décortiqué en image par image. J'aime beaucoup cet effet, cela dit, à outrance on a tendance à en régurgité une part et à se dire qu'il serait temps d'en faire usage avec parcimonie. Et la lumière fut. Christopher Nolan n'a pas juste repris l'effet, il l'a transformé en une part importante du déroulement du film. Vous le verrez vous même en salle, mais jamais cet effet n'a été utilisé avec une telle justification, une telle maîtrise et une telle nécessité.

Au delà même d'utiliser les derniers effets spéciaux, Inception a surtout réinventé toutes les scènes d'actions de ses dix dernières années. Jouant sur la gravité zéro, le changement d'apesanteur, les plans de caméra parfait pour les fusillades, et une utilisation des technologie que je n'avais jamais vu (Paris qui se retourne sur lui même, mais putain quoi!). Là où Roland Emerich ou Michael Bay se contente de détruire la Terre avec les plus grosses explosions, ou les plus gros robots, Nolan lui use de très peu de fonds bleus, ou alors de manière tellement maligne qu'on imagine même pas qu'ils sont là. Le résultat c'est une claque technique qui m'a provoqué des frissons pendant de longues minutes, frissons dont je ne parviens pas à me remémorer la dernière fois que je les ai sentie en regardant un film.



Je vais finir mon avis sur une note plus musicale. Je pense que Hanz Zimmer s'est tout simplement surpassé sur ce film. Le compositeur de Pirates des Caraïbes a reprit ici beaucoup d'éléments de sa composition pour le chevalier noir. Les cors puissants lâchent des notes très basses qui accompagnent à merveille l'action et contribuent à la tension général. Cette musique est d'ailleurs très présente, plus il m'a semblé que dans les précédentes réalisations de Nolan. D'ailleurs, Inception n'a pas juste passé un cap en terme de mise en scène, d'images, les fusillades sont d'une intensité...et c'est en grande partie grâce aux bruitages qui explosent sans jamais tuer les tympans. Une raison de plus pour ne pas attendre Inception en DVD ou Blu Ray et de se ruer dans une salle pour le voir.



Je sais que j'utilise beaucoup le mot chef-d'oeuvre, parce que pour moi simple cinéphile, beaucoup de films méritent ce qualificatif au même titre qu'une Joconde, ou qu'un Nut-Cracker de Tchaïkovski. Seulement là, je vous assure qu'on a dépassé le stade du simple émerveillement de fanboy. Je ne vous dis pas que Inception est un chef-d'oeuvre parce que Christopher Nolan est le mec qui a fait The Dark Knight et The Prestige, je vous dis que Inception est un chef d'oeuvre, parce qu'il pousse le bouchon tellement loin que je ne sais même pas quand je vais pouvoir revoir un autre thriller d'action sans me dire qu'il ne vaut pas Inception. Alors voilà, incroyablement beau, avec un casting juste au top, une réalisation qui dépasse l'entendement (j'insiste là dessus) et une histoire complexe, dense qui mérite au moins une infinité de relecture, je n'attends plus que deux choses; mon écran 112cm avec le Blu Ray de ce film époustouflant, et Batman 3 pour voir comment Nolan va faire pour faire encore mieux...

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