TEST de PES 2018 : L'instinct du football

Par Gianni Molinaro - publié le

Depuis 2008, on a coutume de dire que Pro Evolution Soccer a comme un problème psychologique qui l'empêcherait de revenir à son meilleur niveau. Malgré d'évidents sursauts d'orgueil, la série de Konami continue à regarder son rival se la donner grave et faire parler son inventivité sur le terrain virtuel. Mais loin de vouloir rendre les armes, PES aborde la nouvelle saison au terme d'une préparation qui pourrait bien se révéler payante. Les férus de ballon rond peuvent-ils sérieusement se préparer à un mercato ?

Au moment de réaliser ce test, le patch mettant à jour les effectifs n'était pas disponible. Et les serveurs n'étaient pas ouverts. De fait, nous ne pouvons pas encore vous donner un avis concernant le MyClub, les divisions et coopérations en ligne. Étant donné le caractère déterminant du jeu online, nous y reviendrons évidemment dès que nous serons en mesure de nous connecter. Et ajusterons la note en conséquence si besoin est.

QU'APPORTE LA PS4 PRO ?


 

J'ai un écran 4K :

  • Résolution : 3840p X 2160p
  • Framerate : 60 images/seconde
  • Support HDR : -
  • Autres : -

J'ai un écran 1080p :

  • Résolution : 1080p
  • Framerate : 60 images/seconde
  • Autres : -

Notre avis : PES 2018 est déjà des plus ravissants sur PS4 standard. Il devient carrément impressionnant sur PS4 Pro, d'autant plus sur un écran 4K, permettant de se délecter des modélisations impeccables et du soin du détail apporté à l'ensemble grâce à une résolution supérieure. Cette version joint la fluidité à la beauté puisque, peu importe la situation, on reste en 60 images par seconde. Le confort est donc réel.

 

Ah, on vous en causé de ce PES 2018 ! On vous en a fait miroiter des belles choses le concernant, après avoir passé des heures sur des versions en développement. Puis vous avez pu vous aussi le tâter via la bêta online de juillet et la démo parue tout récemment. On suppose que vous l'avez senti, vous aussi, ce petit goût sympa. Celui de la revanche bien préparée. Celui de la remontada venue des enfers. Celui d'un jeu de football qui a tout pour plaire dès lors qu'on dispose d'un ou plusieurs partenaires à portée de canapé. 

Poids Evolution Soccer

La première chose que n'importe qui a pu remarquer en tenant compagnie aux deux versions d'essai se confirme dans la mouture finale : quelqu'un a appuyé sur le frein depuis l'année dernière. Une pression légère mais tout même perceptible. Et sacrément cool. PES 2018 se révèle clairement plus lent que son prédécesseur, plus réaliste. Les raisons sont multiples. La première, c'est bien la pesanteur des 22 acteurs, qui semblent plus que jamais en contact avec la pelouse. L'inertie retravaillée pour s'affirmer un brin plus réaliste - quand bien même les lois de la gravité s'appliquent un peu moins à des extra-terrestres bien connus comme Neymar, Messi ou encore Cristiano Ronaldo, pour ne citer que les plus célèbres, on se retrouve avec des accélérations qui, bien qu'elles gardent une certaine percussion, se montrent moins mortelles. Tout comme les changements de direction avec ou sans ballon, qui font un peu flipper dans les premiers instants où l'on imagine qu'un dribble va passer comme une lettre à la poste face à un vis-à-vis qu'on aurait pas imaginé si précis dans son tacle...

Bien entendu, ceci s'accompagne de contacts bien mieux gérés qu'auparavant. Des joutes à l'épaule aux collisions plus importantes en passant par la protection de balle - automatisée et clairement réussie, mais il faudra bien vous positionner - et les duels aériens, bien disputés et rigoureux, il y a un progrès énorme qui fait dire que le bon équilibre a été trouvé. Le cuir n'est bien sûr pas en reste, ses trajectoires et ses rebonds ne prêtant jamais à moquerie. Sa physique, qui demeure néanmoins "aménagée" pour que certaines frappes partent à une vitesse spectaculaire, paraît impeccable, naturelle. Plus libre, il occasionne moins de séquence de ping-pong durant certaines batailles un peu fouillies. Et son rapport aux joueurs change également, du coup.

Geste commercial

L'application d'une nouvelle donne physique n'aurait pas eu le même effet si les animations de PES 2017 s'étaient pointées. Konami a eu la bonne idée de refondre cette partie dans sa quasi-intégralité. D'une part, cela améliore grandement le rendu des rencontres, la plupart des gestes s'illustrant par une certaine classe. Ensuite, cela ouvre tout un tas de possibilités. Sur les contrôles, par exemple, il sera beaucoup moins rare de passer par la poitrine, la cuisse, le mollet, le tibia... Bref, par la partie du corps la plus adéquate suivant que l'on soit attaqué ou non, bien sur ses appuis, en pleine course... Avec quelques fois, une aile de pigeon, une extension, une remise en talonnade venue d'une autre planète. Cool, n'est-ce pas ? Attention toutefois. Ne croyez pas que la sphère retombera toujours où vous l'espérez ou que vous serez en mesure d'enchaîner tous les gris-gris de l'Existence avec adresse en incarnant n'importe quel millionnaire en short. Quand bien même les commandes répondent à une vitesse qui permettent au match de voir leur rythme s'envoler, il faut un minimum de talent pour l'avatar du moment, un poil de maîtrise pour bien faire et un environnement qui s'y prête bien. Sans oublier que, si vous décidez de continuer avec un tir ou une passe, il ne faudra pas vous louper, ni dans la direction imprimée, ni dans le dosage. L'exigence est réelle, l'erreur d'appréciation rarement rattrapable.

Bien en place

Et on en vient donc au dernier élément fondamental pour que la fête soit complète : l'Intelligence Artificielle. Que les choses soient claires, vous pourrez en avoir un bel aperçu en lançant une partie à la volée. Le Player ID et le style de la plupart des équipes permettent de voir des individualités et des collectifs s'exprimer sensiblement comme dans la vie réelle. Reste que, pour les plus aguerris, le passage par la case Plan de jeu (où les joueurs les plus connus affichent désormais leur bonne bouille sur le rectangle vert) est fondamental. Formation, placement, rôle, stratégie, marquage : vous pourrez absolument tout configurer et constater sur le terrain que cela s'applique la majeure partie du temps, au prix d'une navigation un peu compliquée, il est vrai, la faute à des menus un peu rêches. On n'est jamais à l'abri d'une mésentente ou d'un joueur offensif qui refuse de s'engouffrer. Reste que, globalement, on peut believe the belief, avoir confiance en ses attaquants pour trouver les espaces, placer un bout de pied ou de crâne, et en ses défenseurs pour récupérer tranquillou et virilement, et ne pas se faire blouser une passe en profondeur aérienne - tellement plus simples à gérer. Et en son gardien. Enfin, pas toujours. S'il est auteur de parades réflexes ahurissantes par moment et que les frappes enroulées lui font moins peur, le dernier rempart dans sa version contrôlée par ordinateur, oublie parfois ses mains et aime bien sortir dans les pieds d'un buteur esseulé... en se jetant complètement à côté. A surveiller dans les prochaines semaines s'il n'y a pas un truc déplaisant qui se trame.

Tempo Bonito

Bon, une fois qu'on sait tout ça, qu'est-ce que ça donne ? Avec un ami ayant à peu près le même niveau : un jeu terriblement agréable, instinctif, fluide, ni trop assisté (de base, et pas du tout en tout manuel, pour les fous-furieux), ni trop rapide ; qui répond au doigt et à l'oeil, surtout dans ses tricks, assez faciles à assimiler ; qui force à privilégier un minimum la construction ; qui récompense la vista et les prises de risques calculées plus que le bourrinage à toute vitesse ; qui nous laisse anticiper et presser comme il faut (notamment à deux, grâce à un curseur transparent sur le gusse contrôlé par le CPU qui pourrait vous revenir en cas de changement via la touche associée) ; dans lequel on s'épate face à certaines trajectoires et chutes rattrapées in extremis avant de livrer un caviar ; qui donne au but un caractère festif lorsque l'on commence à maîtriser ; qui n'est pas trop haché par l'arbitrage, qui est quand même capable de siffler des fautes inexistantes sur un excès d'engagement ou un retard sans conséquence ; dont les coups de pieds arrêtés ont décidé de se priver de HUD abominable des dernières années.

Et, enfin, qui se montre fort joli aussi bien sur le terrain - avec des modélisations toujours bluffantes et des visages dont les expressions donnent toujours plus d'humanité aux différents replays et aux célébrations, autrement plus dynamiques - qu'autour du rectangle vert, où le public et les stadiers semblent moins décédés.

Du travail de PS4 Pro

Sur PS4 Pro avec un écran 4K, le résultat est carrément divin, les détails et les effets de lumière se révélant ensorcelants. Dommage que les commentaires de Grégoire Margotton et de Darren Tulett s'avèrent parfois à côté de la plaque et égratignent un peu le côté retransmission, plus travaillé, le dernier cité s'affirmant une fois encore comme un boulet dont les répliques, dictées, procurent fréquemment le frisson de la honte.

Bref, le bilan, c'est qu'on tient un jeu de foot qui ne donne pas envie de décrocher, qui a sûrement bien des secrets et devrait nous laisser le temps de progresser. A deux ou plus, il y a matière à s'amuser de longues heures en renchérissant du fameux : "allez, cette fois, c'est la dernière" plusieurs dizaines de fois. D'autant qu'enfin il y a un peu de nouveautés côté modes pour s'ambiancer autrement qu'avec des matches classiques. Les solitaires purs et durs seront toujours condamnés aux mêmes ateliers d'entraînements fades et peu avenants, et pourront se plonger dans une Ligue de Masters et un Vers une Légende plus étoffés, avec davantage de paramètres et d'interactions, mais encore un peu secs... Mais, en local, la vérité est ailleurs.

Se queda

On vous en a déjà parlé. Mais c'est pas grave. Parce que le mode Coop' a tout pour devenir le roi de vos soirées entre amis. Ici, jusqu'à trois humains par équipe s'affrontent. Avec quelque chose qui donne tout de suite un peu de sel aux rencontres : vous êtes jugé sur votre performance individuelle. Votre positionnement, vos dribbles, votre pressing, vos buts, vos passes, vos cagades... Tout compte. Une jauge en bas de l'écran donne votre "forme". A la mi-temps et à la fin du match, on dresse votre portrait-robot avec des points. De quoi créer un peu de compétition interne, chambrer les brebis galeuses ou s'enflammer. Un régal. Il ne manque guère que des distinctions spécifiques ou des récompenses pour rendre le tout encore plus puissant, plus gratifiant, plus humiliant. Mais il y a déjà de quoi mettre le feu. Le mode Match Aléatoire, star de PES 6, revient quant à lui d'entre les morts. Celui-ci vous laisse choisir les couleurs d'un club ou d'une Nation puis piocher dans des effectifs, des ligues, des zones pour vous faire une compo mystère. Avec comme possibilité, si le coeur vous en dit, de s'adonner à un mind-game bizarre pour piocher un joueur adverse chez l'ennemi, avec le risque qu'il l'ait protégé et vous refourgue donc sa plus belle chèvre. Quant au Duel, c'est toujours bien d'avoir de vraies statistiques gravées dans le marbre face à quelqu'un pour les lui ressortir en cas de mauvaise foi.

Trop tôt, Schillacci

On ne peut pas finir sans revenir sur les points noirs habituels de la série. Bien qu'armé des habillages de la Ligue des Champions, de l'Europa League, de l'Asian Champions League, plein de clubs et pays du monde entier, avec un beau focus sur les sud-américains, partenaire de stars légendaires, ce PES 2018 irrite toujours un peu avec ses manques, obligeant à voir évoluer PM Black White au lieu de Juventus Turin, par exemple, et des kits dégueulasses. Heureusement que l'on pourra facilement changer tout cela. Enfin, on sait qu'il existe des impératifs et qu'il vaut mieux sortir le jeu assez tôt dans la saison pour avoir une petite chance d'exister. Mais quelle tristesse pour quelqu'un qui va lancer PES 2018 la première fois, peut-être sans possibilité de télécharger un patch, de remarquer que le mercato d'été n'est pas de base pris en compte et intégré. Bon, allez, encore une fois, on saura pardonner et se montrer patient. Mais c'est bien parce qu'on s'amuse fort.

Indispensable Gameblog
Très bon
8
Plus porté sur le changement que la précédente version et des plus ravissants, PES 2018 marque une belle progression pour la série foot de Konami. Le grand remplacement des animations combiné à la refonte des modèles physiques et à une réactivité jouissive dans les commandes permet d'aborder les premiers matchs avec un léger sourire. Celui-ci s'élargit à mesure que l'on apprend à maîtriser certains éléments face à des joueurs humains, que l'on commence à composer son rythme posé et liberté offerte dans les constructions et les dribbles. Et que les rencontres commencent à s'équilibrer, à se montrer tendues, tout en autorisant à un minimum de spectacle. Il y a de quoi occuper, et animer, les soirées foot entre amis sans crainte d'ennui, d'autant plus avec un mode Coopération qui rajoute une grosse couche de fun. Même si ce Pro Evolution Soccer pêche encore par certains aspects annexes, il se comporte comme un crack sur le terrain. Son feeling ultra instinctif, son mordant, sa pêche, font qu'on peut compter sur lui sans se poser la moindre question sur le plaisir qu'il procure.
par
+ On aime
  • Un feeling inimitable, un plaisir immédiat.
  • Et une courbe de progression qu'on sent importante.
  • Une impression de contrôle et de liberté dans la construction.
  • Le rythme global, la fluidité.
  • L'aspect tactique qui a un gros impact.
  • Très joli à regarder.
  • Le mode Coopération, future star du multi.
  • La Sélection Aléatoire.
- On n'aime pas
  • Les effectifs pas à jour sans un patch.
  • Les licences manquantes, qui en embêteront plus d'un.
  • Les mêmes ateliers d'entraînement depuis des lustres et des modes qui mériteraient d'être totalement revus.
  • Les commentaires français de manière générale, Darren Tulett surtout.
  • Arbitre clairement payé par l'adversaire.
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