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GrabbZ, coach de G2 sur LoL : "Les mondiaux seront difficiles, mais l'Europe aura plus de chances que jamais de gagner"

GrabbZ, coach de G2 sur LoL : "Les mondiaux seront difficiles, mais l'Europe aura plus de chances que jamais de gagner"

Par Eva Martinello - publié le
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G2 Esports a remporté son second titre européen sur League of Legends ce 8 septembre, après une victoire remportée 3-2 contre Fnatic. GrabbZ nous a parlé de ce match tendu, de sa façon de manager et des mondiaux. Ce dernier est coach de l'équipe depuis fin 2017.

À l'occasion de la finale du Summer Split de la ligue européenne de League of Legends, qui s'est tenue en Grèce, nous avons pu nous entretenir avec le coach de l'équipe qui porte les espoirs de l'Europe aux mondiaux : G2 Esports. Fabian "GrabbZ" Lohmann, c'est la main invisible qui influe sur la stratégie, le mental et l'entraînement des joueurs.

Ce dernier a commencé à coacher l'équipe avant qu'elle ne connaisse ses plus grands moments de gloire, en décembre 2017, après presque deux ans passés chez Roccat. Désormais, l'équipe dispute une saison sans faute : elle a remporté les deux titres européens et les deux titres internationaux (Mid-Season Invitational et Rift Rivals). Pour faire une saison parfaite, il ne leur reste plus qu'une victoire, et pas des moindres : celle du World Championship, qui se lancera dans quelques semaines.

Gameblog : Merci de répondre à nos questions ! Vous coachez G2 Esports depuis un certain moment maintenant, et avant même que l'équipe n'ait autant de succès. Que signifie cette victoire qui fait de vous des double-champions d'Europe ?

Fabian "GrabbZ" Lohmann : Je pense que ce match nous a beaucoup appris, car sur ce Split, il a été difficile pour nous de trouver un adversaire qui était vraiment un défi. Ça paraît un peu prétentieux, mais c'est comme ça que ça se passe, même en scrim [matchs amicaux]. Les parties se finissent très rapidement, donc les joueurs n'ont pas eu l'opportunité de disputer une partie qui dure plus de 40 minutes. C'était une sorte de première fois sur ce Split. Je pense qu'il est possible de montrer qu'on aime rallonger un peu les parties, mais on a été arrogants sur ce match et on aurait pas dû. Quand tu gagnes autant de parties facilement, tu as tendance à gagner cette confiance. 

Fnatic est une équipe formidable qui a très bien géré son style de jeu, mais de mon point de vue de coach, je peux voir que c'est un peu désordonné. Mais ça nous a fait du bien de voir une équipe qui a pu nous défier, notamment sur les early games. 

On a l'impression que les joueurs gardent le niveau de pression assez bas même en mauvaise position dans un match. Comment faites-vous pour les empêcher de paniquer, par exemple, quand ils sont à une game de la défaite ?

En réalité, je n'ai pas besoin de faire quoi que ce soit ! C'est juste leur personnalité, ils sont très trolls et sortent des memes après chaque match, comme Perkz, par exemple... on ne se prend pas trop au sérieux, donc à l'inverse, j'essaie de faire en sorte qu'ils ne deviennent pas trop sérieux. Par exemple, avant un match, il y a une tension qui monte, ils essaient d'être super professionnels. C'est à ce moment-là que je leur rappelle que l'important est de trouver du plaisir dans les parties, que je fais des blagues et ils finissent par suivre. En match, ils font souvent des commentaires stupides ou des blagues et c'est juste comme ça qu'on fonctionne.

G2 est formée de fortes personnalités. En général, on se dit que c'est un défi pour le coach de réunir ce type de joueurs. Est-ce que ça a été un défi pour vous ?

Je pense que le plus important, c'est de laisser un espace à chacun pour s'exprimer. On ne s'interdit pas de donner notre avis et les joueurs se respectent beaucoup, mais ça signifie aussi qu'ils doivent accepter les critiques. Si quelque chose est fait de la mauvaise façon ou gêne quelqu'un, la personne devrait pouvoir le dire sans problèmes. Car au final, ils doivent se rendre compte que ce genre de discussions doit avoir lieu pour gagner et aller plus loin, que ça n'a rien de personnel. Au final, même s'ils font beaucoup de blagues et rigolent ensemble, ils savent qu'ils peuvent aussi parler de choses sérieuses et doivent m'écouter. Comme on a une ambiance détendue, ça n'arrive pas souvent de devoir aborder ces discussions, mais quand c'est le cas, on le prend au sérieux.

Donc ça n'a pas été difficile de vous imposer en tant que coach ?

Je ne trouve pas ! Car je pense que chez Roccat, j'ai bien appris à gérer les joueurs et leur ego. Tout le monde est différent, et je pense avoir bien compris comment parler à chacun d'eux. Ils communiquent aussi bien entre eux, donc les choses se sont développées assez facilement.

Après plusieurs Worlds difficiles, vous êtes allés jusqu'en demi-finale en 2018. Cette fois, les attentes seront grandes pour vous. Est-ce que cette fois, la pression pourrait être difficile à gérer ?

En réalité, tous les joueurs vont aux mondiaux pour gagner. Donc rien ne changera sur notre mental au moment d'entrer dans la compétition, on gardera la pression qui est là à chaque compétition. Je pense qu'encore une fois, ce match de finale nous a apportés une bonne expérience et nous aidera à arriver aux mondiaux. Je pense qu'on sera une équipe solide, que personne ne pourra nous battre facilement. D'un autre côté, SKT T1, RNG et FunPlus Phoenix seront de grands adversaires. Et je ne parle même pas d'Invictus Gaming ! On a un mauvais winrate contre eux. Donc je pense que les mondiaux seront difficiles, mais l'Europe aura plus de chances que jamais de gagner. Et on va donner tout ce qu'on a.

Vous pouvez suivre l'actualité de G2 Esports sur Twitter. Le tirage de son groupe au prestigieux tournoi n'a pas encore été dévoilé, mais tous les espoirs pour une victoire à l'AccorHotel Arena de Paris, en grande finale des mondiaux, repose sur l'équipe.

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