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PUBG Nations Cup 2019 : Simms nous parle des difficultés de commenter un battle royale

PUBG Nations Cup 2019 : Simms nous parle des difficultés de commenter un battle royale

Par Eva Martinello - publié le
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À l'occasion de la PUBG Nations Cup à Seoul, nous avons pu discuter avec le caster anglais Richard "Simms" Simms des défis de commenter sur un battle royale, ainsi que de son parcours. Voici l'intégralité de notre entrevue...


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Le week-end du 8 août 2019, la PUBG Nations Cup a réuni 16 équipes par nationalité, qui se sont affrontées pour 500 000$ de cashprize. Malgré cette récompense conséquente, l'accent était mis sur la célébration de la communauté dans le berceau du jeu, en Corée du Sud. À cette occasion, nous avons pu discuter avec le caster Richard Simms. Ce dernier est entré dans le cast il y a plusieurs années sur le FPS Halo ; et depuis 2017, il est aussi présent sur le battle royale PUBG

Sur PUBG, je dois raconter plusieurs choses à la fois, je deviens le storyteller de la partie.

Depuis combien de temps êtes-vous dans le cast ?

Je pense que ça remonte à... 2014. J'ai commencé à faire beaucoup de choses différentes dont le cast sur Halo. Je n'arrivais pas à m'investir totalement dans le jeu : il y a des joueurs qui étaient dessus 6 à 7 heures par jour, mais avec ma vie à côté et mon travail, je ne pouvais pas les imiter. J'ai participé à des tournois mais sans faire de très bons résultats, alors j'ai réfléchi à comment m'investir autrement sur la scène. J'ai commencé à contacter beaucoup de monde, envoyer des mails, pour savoir ce qui était recherché. Mais c'était encore une niche et c'est resté comme ça, Call of Duty l'ayant ensuite dépassé, j'ai quand même commencé à commenter en 2014. Et en 2015, j'ai décidé d'y consacrer tout mon temps.

Le battle royale est un type de jeu difficile à cast, quels défis ça vous impose ?

L'une des premières choses que l'on m'a dites quand j'ai commencé à cast du PUBG était : ne fais pas de play-by-play, surtout pas. Et ça a été un changement pour moi car sur Halo, tout va très vite : tu es éliminé pour respawn, et c'est ça en boucle, donc il y a beaucoup de choses à dire, on parle de la game, de la map, et tout cela forme le play-by-play, ce que je faisais [où l'autre partie du duo fait de l'analyse]. Mais on ne peut pas commenter PUBG en play-by-play : ce serait juste dire, tel joueur a atterri, tel joueur prend tel équipement... c'est complètement ennuyant. Sur PUBG, je dois raconter plusieurs choses à la fois, je deviens le storyteller de la partie.

L'autre défi était de travailler avec des grands casters. Quand je suis arrivé, je me sentais vraiment petit à côté. Quand je regardais Pansy, je me disais : c'est une commentatrice Tier 1 de CS:GO... elle est vraiment à un autre niveau. C'était effrayant et ça m'a demandé beaucoup de travail pour essayer de rattraper ça en étant avec les meilleurs.

Dans un duo de cast classique, on a un play-by-play et un analyste. Ce n'est pas le cas du tout sur PUBG ?

Je dirais que c'est un duo hybride, on doit à chaque fois trouver un bon équilibre. De mon côté, j'essaie de faire plus d'analyse, ce qui est difficile puisque je ne joue pas à haut niveau. J'y joue beaucoup, mais à un tout autre niveau que les joueurs. Je regarde beaucoup de matchs et streams pour voir comment ils jouent, j'essaie de deviner comment les joueurs pensent, c'est ma prochaine grande étape. Le but, au final, est de prendre le mindset des joueurs pour le partager aux spectateurs : pourquoi choisissent-ils telle direction ? Que vont-ils faire ensuite, quels sont leurs choix ? Ce n'est pas seulement raconter ce qu'il se passe sur la map, mais aussi ce qu'il va se passer, quelles sont les chances des équipes.

Est-ce que vous essayez d'échanger avec les joueurs pour améliorer ça ?

En fait, non. Je suis plus dans l'observation, regarder des matchs et des streams. Mais je pense que la PUBG Europe League aide beaucoup là-dessus, car on voit réellement comment se comportent les joueurs. Ce n'est pas seulement décrire quelle est la stratégie des joueurs, mais aussi comment ils sont en tant que "personne". Car certains sont plus agressifs, d'autres plus discrets. Au GLL Grand Slam, quand je ne commentais pas, j'ai pu regarder jouer Team Liquid dans leur salle, et j'ai juste appris énormément de choses. C'est génial de voir qui donne les shotcalls, voir l'ambiance dans l'équipe, comme quand les joueurs rigolent entre eux ou ont des expressions fermées... mais c'est compliqué de pouvoir le faire souvent.

De la réparation d'imprimantes au cast de compétitions esportives

Revenons sur votre parcours. Comment avez-vous atterri sur PUBG ?

C'est un ami qui m'en a parlé, mais je n'étais pas un fan de battle royales à la base. Mais j'ai commencé à tester avec d'autres amis qui s'y sont mis. Au début, je n'étais pas fan du tout ; je ne savais pas comment jouer, je n'avais jamais joué à H1Z1 ou ArmA par exemple, donc le gameplay me paraissait étrange. Mais petit à petit, j'ai commencé à beaucoup aimer ça, alors que j'étais plus sur des MMORPG ou sur Halo. Du coup, j'aimais beaucoup le côté collection du jeu, obtenir plus d'équipements etc. J'aimais beaucoup l'idée de commencer de rien et de finir une partie avec un stuff incroyable.

En tant que caster, vous n'avez pas commencé avec PUBG mais avec Halo. Et que faisiez-vous avant cela ?

Pendant 10 ans, j'ai été ingénieur, j'ai réparé des imprimantes, au Nord de l'Angleterre ! Je les ai vues évoluer au fil de la technologie, puis j'ai évolué dans un poste de manager. Je suis quelqu'un de manuel, je n'aime pas me poser et écrire. Donc c'était un peu difficile de quitter ce boulot, car j'ai quitté tout ce côté manuel. Quand j'ai décidé de partir, mon patron a tout de suite été d'accord, il m'a dit de poursuivre ce rêve et que je pourrais revenir plus tard si ça ne fonctionnait pas. C'était assez difficile, car j'étais en déplacement 5 jours par semaine pratiquement et je cherchais des missions. Et encore aujourd'hui, j'ai l'impression que ce n'est pas réel. Je ne ressens toujours pas ça comme un vrai métier ! Et dans un coin de ma tête, je suis toujours paranoïaque, car je me dis que tout peut m'être enlevé d'un coup et m'obliger à retrouver ma vie d'avant. Honnêtement, ça me paralyse, car je ne veux pas retrouver cela, surtout maintenant que j'ai une famille ! En tous cas, j'adore chaque partie de mon travail aujourd'hui, donc la transition était difficile mais maintenant, je suis bien.

Que pensez-vous du format de la Nations Cup, avec des équipes formées par nationalité ?

C'est génial, c'est une Coupe du Monde. C'est fun, différent, j'apprécie vraiment l'événement. Je souhaite qu'une équipe rattrape la Corée du Sud, car ils détruisent complètement tout le monde pour le moment ! Pour moi, c'est vraiment un événement qui donne l'occasion de célébrer la communauté, ce qui génère beaucoup de hype, donc ça nous demande de transférer beaucoup d'énergie aux spectateurs ! Et au vu de la foule ici en Corée, je rêve juste d'un très gros événement en Chine, car leur communauté est énorme.

Merci à TheSimms de nous avoir accordé cette interview ! Vous pouvez suivre son actualité sur son Twitter. Il commentera la Phase 3 de la PUBG Europe League qui débute le 30 août prochain !

 

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